Politique : le fossé se réduit entre les femmes et les hommes

Le 25 avril 1945, premier vote des femmes en France.

C’était il y a tout juste 75 ans. Le 29 mars 1945, des milliers de femmes à travers la France ont pu brandir leurs cartes d’électeurs pour la première fois de leur histoire. Un date gravée dans les mémoires, marquant pour tous la fin d’un long combat, et un pas de plus vers l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais aujourd’hui, plusieurs décennies plus tard, où se situe réellement la femme dans le paysage politique ?

Difficile à imaginer qu’il y a encore moins de 100 ans, les femmes étaient encore totalement exclues de la vie politique. Et pourtant, c’est seulement après la seconde guerre mondiale, le 21 avril 1944, que la gente féminine obtînt le droit de vote, et par la même occasion, d’éligibilité. Une grande récompense pour toutes ces femmes engagées dans le mouvement de la Résistance.

Pourtant, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est toujours pas installée dans la politique, ou même dans la société en générale. Ainsi, seules 16% des villes en France sont dirigées par des femmes.

Des améliorations certaines

Après 1944, les femmes se sont de plus en plus investies en politique. Pourtant toujours freinées, voire stoppées par des attitudes souvent machistes, elles vont vite devoir se lancer vers une nouvelle bataille vers une parité. C’est finalement en 1999, lors de la révision de la constitution par le gouvernement chiraquien, que voit le jour la première loi visant à la parité homme femme en politique. Depuis, d’autres lois facilitant l’égal accès à différents mandats politiques ont vu le jour, notamment en 2008 et en 2013. Discrimination positive pour les uns, moyen d’intégration pour les autres, cette initiative semble porter ces fruits. Ainsi, alors qu’elles ne représentaient seulement 1,4% des élus en 1954, puis 5,4% en 1988, elles atteignent aujourd’hui un taux record de 27,5%, et occupent désormais 11 sièges des 40 disponibles de l’Assemblée nationale. Autre grande avancée majeur, le gouvernement de Manuel Valls est aujourd’hui majoritairement composé par de femmes avec 9 femmes ministres contre 8 hommes.

La loi pour la parité a également été bénéfique à l’échelle locale. Ainsi, pour prendre l’exemple de Montpellier, les femmes sont représentées égalitairement au Conseil municipal, mais également au département ou à la région Languedocienne. Carole Delga (PS), est d’ailleurs en lice pour prendre la tête de la nouvelle grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées face à Louis Alliot (FN) et Dominique Reyniers. Verdict en décembre prochain.

“Les choses évoluent”

Au fil du temps, les meurs ont évolué. Plus simplement cantonnées au rôle d’épouse ou de femme au foyer, les femmes trouvent peu à peu leurs places dans la société. « J’accorde énormément d’importance à la parité homme femme en politique, car il n’y a rien que l’on ne puisse pas faire. Nous avons une approche et une sensibilité différentes, nécessaires pour faire fonctionner le pays », explique Mme Bartas-Orsal, déléguée à la propreté à la ville de Montpellier. « Même dans un secteur plutôt majoritairement composé d’hommes, je n’ai jamais été victime de propos sexistes donc cela prouve que les choses avancent ». Un sentiment partagé par une grande partie de la population. « La parité homme-femme ? Cela ne devrait même plus être une question », lance William, retraité. « Les femmes n’ont pas les mêmes revendications et abords », complète Vilayphone. « Surtout que l’on est dans le pays des droits de l’Homme qui se dit égalitaire. Si nos politiques ne respectent pas la devise nationale, ce n’est pas très juste.» conclut Roxane.

Mais des progrès restent à faire

Seulement, même si des changements constants et durables sont à noter, l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes dans le cercle politique semble encore être qu’une vague utopie. Il n’est pas loin le temps, où, en 2012 Cécile Duflot, alors ministre du logement, est accueilli par les sifflets de l’Assemblée nationale, car portant une robe fleurie. Ou plus recemment, la désormais célèbre — mais non moins désolante — phrase de François Fillon « La France n’est pas un pays que l’on doit prendre comme une femme ».

« Il est vrai que parfois je dois faire face à des remarques sexistes mais je n’y accorde pas d’importance. » , confie l’élue à la mairie de Montpellier Mylène Chardes, chargée au Plan de Déplacements Urbains. « Il nous appartient, à nous, les femmes, de faire preuve de plus d’intelligence ».

Pourtant, il est encore bien difficile de s’imposer face aux hommes dans certaines institutions. Ainsi, les deux chambres parlementaires, le Sénat et l’Assemblée, ne comptent aujourd’hui que respectivement, 25 et 27% de représentantes. Une discrimination encore plus forte à l’échelle locale, puisque qu’aujourd’hui seules 16% des villes françaises sont dirigées par des femmes, et une seule région. Encore bien loin du modèle suédois, qui compte parmi ses élus 45% de femmes au Parlement.

Mais alors qui est responsable ? L’Etat, les partis politiques, les femmes, encore trop timides ? En cherchant bien, une prémisse de problème se dessine. Si lors des élections à scrutin à liste, la parité a pu être imposée sous peine d’une non validation de la candidature, le résultat du scrutin uninominal est plus discutable, notamment lors des élections législatives. Les partis politiques français ont également leurs parts de responsabilités, ne donnant pas toujours une place assez conséquente à la gente féminine.

La parité homme-femme représente donc encore un enjeu majeur pour la France à l’avenir, spécialement quand 52% de sa population en âge de voter est féminine. Difficile pourtant d’imaginer dans un monde qui ne compte aujourd’hui que 10 femmes à la tête d’un Etat, sur 152 nations.

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