FI3200/Feb 2611 min read
Une fonction urbaine (x) et un élément (y) ; une chimie pour recréer un quartier
Cette journée là il faisait très froid. Les mains sur la caméra, mes doigts gelaient rapidement. Je pouvais sentir le pas pressé des citadins sur la rue, anxieux de remplir leurs responsabilités et de retourner se réfugier au chaud, et moi de même. Nous avions tous, ou presque, le même sentiment déconvenue de l’hiver inévitable qui approchait. Et quel hiver il est devenu cet hiver ; on gèle sans cesse il me semble. Mais qu’à cela ne tienne, le printemps s’en vient et je pourrai bientôt profiter à nouveau des doux rayons du soleil dans le Carré Saint-Louis. J’aime aller m’y retrouver entre vingt deux projets et le travail… là, assis sur un banc ou dans l’herbe, je peux parler aux écureuils, admirer l’architecture coloniale latine, regarder les belles personnes du quartier et même parler à Crémazie. Reviens vite printemps.
Malgré le froid, la grisaille et les airs bêtes, ce jour là, le quartier latin était beau, comme toujours. Ce quartier, que j’apprivoise lentement mais sûrement. Il n’est pas facile à vivre certes, mais il est en plein coeur de la ville et il est rempli d’histoire et d’émotion. Il est habitable néanmoins, mais il devrait l’être davantage. Ses petites rues et avenues qui croisent les grandes Saint-Denis, Ontario, Saint-Laurent et Sainte-Catherine peuvent parfois donner l’impression d’être dans une toute petite ville latine de la côte d’Azur. Mais la quasi absence de commerces de proximité leur donne un air d’abandon et de vide. Il manque ce charme, même sur Prince-Arthur. Et puis on revient sur les grandes croisés où des gens de partout admirent les boutiques et les terrasses. Il y’a beaucoup à voir dans le quartier latin, mais dans la portion sud, près de la Place Émilie-Gamelin, l’offre est plutôt monochrome. Au sud de l’avenue Roy, l’offre de produits et services est conçue pour les touristes et les fêtards, comme si le centre-ville n’était pas habité de Montréalais…
L’hiver c’est plus tranquille ; on se retrouve un peu parmi nous, déambulants d’une adresse à l’autre pour le travail ou pour le plaisir. J’aimerais bien montrer aux citadins d’ailleurs à quel point mon quartier est beau, à quel point il peut l’être encore plus, et à quel point il est au centre de la ville ; mais pour l’avant-gardisme du dévloppement urbain on repassera. Le Quartier Latin a été dénaturé quelque peu beaucoup depuis les cinquante dernières années ; évolution oblige, il a perdu quelques arpents de vie au sud de Sherbrooke au profit d’infrastructures institutionnelles et immobilières de grande ville en croissance. Le dernier retranchement de sa gloire, de son romantisme d’antan et de sa qualité de vie se situe quelque part entre l’avenue Dorval et la rue Saint-Hubert au nord de Sherbrooke. Mais il y a un endroit, un endroit abandonné, sur lequel nous pourrions semer à nouveau les graines de l’habitabilité, de la communauté et de la vie de quartier ; nous pouvons là y recréer une vie fourmillante d’artistes, de scientifiques, d’étudiants, de touristes, d’odeurs et de commerçants telle qu’elle existait auparavant dans ce vieux quartier. D’accord, trêve de nostalgie, le Quartier Latin ne sera plus jamais aussi romantique qu’il l’a jadis été. Néanmoins il peut être mieux que maintenant et tout aussi grandiose qu’à la belle époque. Le béton arabe s’y trouve, suffit d’y semer les graines de la revitalisation et de la révocation civique, de créer et de nourrir le potager qui grandira. Voyez-vous comme moi une opportunité d‘améliorer le Quartier Latin ? Si oui, appuyez l’initiative de FI3200/ en disant tout haut que vous voulez voir ce quartier repris par ses citoyens.
Le projet du Marché Voyageur du Quartier Latin : beaucoup plus qu’un marché, un carrefour culturel et technologique au cœur de la ville. Un projet porteur et fédérateur, qui impliquera chacun des intervenants du quartier, qu’ils soient citoyens ou institutionnels. Nous voulons un Marché Voyageur dédié aux produits québécois, un marché intelligent branché sur le web et sur les applications mobiles pour une gestion des ressources et de l’information. Nous voulons un marché vert au développement durable muni d’un toit vert producteur et réducteur de chaleur et de gaz à effet de serre. Nous voulons un marché muni d’un laboratoire scientifique universitaire géré par le département de développement durable de l’UQÀM et dédié à l’atteinte des objectifs d’empreinte écologique zéro de la nouvelle opération. Nous voulons un marché inclusif qui offre un programme d’insertion sociale et économique pour les plus vulnérables du quartier. Nous voulons recréer l’îlot Voyageur afin que le quartier latin sud-centre-ville tout entier retrouve l’habitabilité et la prospérité d’un quartier central vivant. Cette stratégie de développement commercial et culturel durable à pour objectif d’améliorer la dynamique socio-économique du tissu urbain dans le secteur. La rue Saint-Hubert entre Sherbrooke et René Lévesque est pour nous une artère commerciale et culturelle majeure possédant une architecture remarquable et une situation géographique avantageuse. Les problèmes socio-économiques du secteur de la place Émilie-Gamelin seront mieux gérés si l’offre culturelle et l’offre de produits et services est renchérie, diversifiée et attirante. La situation actuelle empêche cette rue de devenir le Crescent de l’Est. L’expérience du Quartier des Spectacles est une analogie tout à fait appropriée à cet effet et les résultats positifs engendrés par près de 2 milliards de dollars d’investissements publiques et privés en 10 ans sont sans équivoques maintenant. L’art, la technologie et l’offre commerciale attirent investisseurs, touristes et commerçants. Depuis, plus de 15 milliards de dollars de retombés économiques ont transformé ce quartier qui était le Red Light. Le Red Light c’est maintenant la rue Saint-Hubert.
L’achalandage remarquable de l’îlot Voyageur abandonné est un signal fort de son potentiel économique. L’intérêt pour un projet immobilier à haute densité sans fonction civique de carrefour public ne fera que perpétuer la dynamique présente et laisser la rue Saint-Hubert dans son état actuel. Un projet au concept culturel et commercial fort comme celui du Marché Voyageur créera les conditions nécessaires à la relance de cette rue et du secteur de la Place Émilie-Gamelin. La ville de Montréal a favorisé la tenu d’événements culturels sur la Place Émilie-Gamelin depuis une décennie. Ces projets ponctuels en saison des festivals, et maintenant même en saison hivernale, ont contribué à une amélioration de la situation. Il faut maintenant renchérir sur cette stratégie et offrir ce concept urbain sur tout le secteur et à l’année. L’îlot Voyageur et son terminal d’autocars abandonné est l’occasion idéale pour bâtir sur cette lancé. Un projet d’immobilier haute densité aux fonctions statiques n’est pas la chose à faire sur l’îlot Voyageur et c’est actuellement l’intention de la ville. Loin de nous l’intention de vouloir prêter des intentions à la ville mais les rumeurs sont persistantes et le projet du gouvernement Marois en 2012 de faire bâtir une tour administrative de 15 étages confirme cette tendance. Le centre de la ville doit avoir une dynamique commerciale et publique, transitoire et giratoire ; elle doit avoir des activités et des offres commerciales aléchantes pour les résidents et les touristes. Montréal n’est-elle pas en droit d’avoir son Time’s Square ? La ville a dénaturé son cœur mais il n’est pas trop tard. L’opportunité se présente à nous de le recréer à un coût beaucoup plus abordable que le plus récent projet en liste. La communauté peut s’emparer du projet du Marché Voyageur du Quartier Latin et changer pour le mieux le centre de la ville et sa qualité de vie par le fait même. L’objectif est la première pelleté de terre pour le lancement des activités du 375e de Montréal.
Le projet de Marché Public Voyageur du Quartier Latin repose sur une notion d’urbanisme autant que sur une notion commerciale et culturelle. En effet, le marché lui-même n’est qu’un outil de réhabilitation pour le square de la place Émilie-Gamelin et la rue Saint-Hubert. La saga de l’îlot Voyageur fait jaser et les problèmes socio-économiques de la rue dans ce secteur de Montréal aussi. Si nous voulions identifier le centre physique de la ville de Montréal ce serait là. L’îlot Voyageur est le centre de la ville où nous retrouvons plusieurs des plus importantes institutions de la ville, les trois plus importantes lignes de métro en correspondance de même que les plus populeux et dynamiques quartiers de la ville tout autour.
Le centre de la ville est l’endroit où tous circulent venu et allant vers toutes les directions, tous les quartiers et toutes les institutions. L’îlot Voyageur est le centre de la ville. Il est ce carrefour giratoire naturel entouré de la cité toute entière. Il est critique de comprendre cette fonction urbaine et d’y créer un projet culturel et commercial au développement durable et inclusif pour assurer l’habitabilité et le rayonnement du centre-ville. — FI3200/
L’îlot Voyageur et sa gare d’autocars abandonnée ont une fonction civique malgré l’absence d’activité commerciale et culturel. En effet, l’édifice est toujours ouvert au public puisqu’il relie la nouvelle gare d’autocars sur la partie nord de l’îlot Voyageur et la station Berri-UQÀM du métro. Ainsi, il sert toujours de carrefour giratoire pour les nombreux piétons qui vaquent à leurs occupations et qui transitent d’une destination à une autre. En fait c’est assez remarquable que cet édifice abandonné voit circuler 10 000 personnes par jour durant la semaine dans ses corridors vides et désaffectés malgré la saleté et le flânage d’itinérants.
Il s’agit possiblement de l’édifice abandonné le plus achalandé d’Amérique du Nord — Eric
Les étudiants de l’Université du Québec à Montréal, les usagers de la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec, les voyageurs de la gare d’autocars de Montréal et les travailleurs du complexe Place Dupuis empruntent la vieille gare Voyageur chaque jour pour se transporter par le métro ou pour passer à la rue Ontario, Sainte-Catherine ou Saint-Denis. Chacune de ces importantes institutions de la ville se trouvent sur le même coin de rue et trois des quatres artères principales de Montréal s’y croisent. De plus, le Quartier des Spectacles et la rue Saint-Laurent se trouvent à distance de marche. En observant de façon objective la situation de l’îlot Voyageur il est facile de conclure qu’il s’agit effectievement du centre de Montréal. Facile alors de comprendre pourquoi autant de monde circulent toujours dans cette édifice abandonné. La fonction de carrefour giratoire de l’îlot Voyageur est si encrée et naturel qu’elle se perpétue dans l’abandon. De plus, le nouveau CHUM qui ouvrira ses portes à deux coins de rue de là cette année accentura l’achalandage d’environ 20 000 personnes par jour dans le quartier. Une grande partie de cet achalandage transitera par la station de métro Berri-UQÀM. Autant d’institutions qui gravitent autour et autant de citadins qui circulent autour et à travers un square abandonné crée une opportunité commerciale et culturelle exceptionnelle.
Imaginez le plus grand toit vert du Canada ; le premier marché public au dévéloppement durable du Canada ; le seul marché public avec accès direct au métro. Au coeur de Montréal, pour les producteurs locaux et tous les Montréalais, le Marché Voyageur du Quartier Latin. — Eric
En 2013, le Gouvernement Marois avait annoncé un projet de construction d’une tour administrative de 58 000 mètres carrés (une quinzaine d’étages) sur l’emplacement de la gare abandonnée propriété de la ville de Montréal. Un projet de 240 000 000$ qui faisait l’affaire de la ville car le développement immobilier à forte densité génère des revenus de taxation importants rapidement. Or, il s’agit d’une dépense publique importante ne générant que très peu de retombés économiques directes à moyen et long terme dans le quartier. Même si des espaces commerciaux avaient été projetés sur le rez de chaussé de la nouvelle tour, ceux-ci auraient présenté un model commercial identique à l’offre des marchands actuels de la Place Dupuis. Heureusement, austérité oblige, le gouvernement Couillard a ‘tabletté’ le projet. Pour nous il s’agit d’un concours de circonstances positif car nous croyons hors de tout doute que ce projet n’était pas du tout adapté à la fonction civique de l’îlot Voyageur et à la demande socio-économique dans le quartier. Pour nous il est clair que ce square doit être un square public où se produit une activité économique et culturelle importante. Comme le Quartier des Spectacles, l’îlot Voyageur possède un potentiel majeur de fréquentation. Ainsi, une quasi-absence d’offre culturelle et commerciale sur le centre de la ville n’aura comme seul effet de perpétuer la situation actuelle : les gens ne continuerons qu’à passer sans s’arrêter et la rue Saint-Hubert entre Ontario et René Lévesque continuera de servir aux motards et aux marchés illicites de la rue faute d’activité économique et d’achalandage public. La tour, qu’elle soit administrative ou d’habitation, ne servira qu’a projeter encore plus d’ombre sur la rue Saint-Hubert pour contribuer à masquer les activités de l’économie parallèle ; un élément statique offrant rien d’autre qu’un square inactif fréquenté pendant l’heure de pointe et pour des raisons de passage. Or, si nous créons là une offre culturelle et économique attrayante pour que ces milliers de personnes qui y voyagent chaque jour s’arrêtent afin de répondre à l’offre de produits et services et aux activités culturelles, nous pourrions créer le même dynamisme que ce qui se produit maintenant sur la Place des Festivals. Depuis le renforcement de la fonction civique de la Place des Arts, le quartier a connu un boom immobilier et commercial sans précédents. Imaginer la même chose pour le coeur du quartier latin est naturel. Il suffit d’avoir un concept fort qui attirera l’attention de tous, et une gestion intelligente. Nous avons prévu un toit vert d’une ampleur inégalée au Canada aménagé sur un édifice (la gare abandonnée) de un étage, et muni d’une tour emblématique collectrice d’eau de pluie visible de partout autour. Qui plus est, la cour intérieure de la vieille gare débouche en deux endroits sur la rue Saint-Hubert. C’est comme si l’aménagement urbain de l’époque avait été conçu pour un projet comme le nôtre. La saga de l’îlot Voyageur tir à sa fin. Le groupe immobilier Magill a acheté les droits d’exploitation de l’édifice inachevé des résidences projetées de l’UQÀM, ils entendent le transformer en condos urbains. Un projet qui cadre parfaitement dans l’ensemble de notre propre projet puisque les deux seront complémentaires. Quoi de mieux pour vendre des condos qu’une telle offre à deux pas et connecté par l’intérieur !
L’opportunité que présente l’îlot Voyageur et le projet du Marché Voyageur du Quartier Latin est unique. Cette occasion de révocation d’installations civiques existantes à un faible coût initiale présente un potentiel de retombés socio-économiques important. Nous appelons chacun des citoyens corporatifs et institutionnels du quartier, l’ensemble des citoyens qui habitent l’arrondissement Ville-Marie ainsi que les gouvernements provincials et municipals à appuyer et a participer à la réalisation de ce projet de réhabilitation de l’Est du centre-ville. Un projet d’avenir pour Montréal : le Marché Voyageur du Quartier Latin
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Texte, concept du projet, signature graphique et pages webs du projet : Eric Soucy-FI3200/2014–15
Équipe de gestion du Projet du Marché Public Voyageur de Quartier Latin : Eric Soucy — pdg, concepteur et responsable des communications médias. Massamba Lema — directeur de la planification logistique et des TI. Guillaume Lamb — responsable de la consultation de la communauté et du développement de partenariat.
