MM RADIO : BOUTS DE LECTURE DE LOUISA AMARA & ETIENNE BILOA

“Un livre vient dans ma vie comme une rencontre et tu fais de la place pour lui,” Etienne Biloa.

MM RADIO peut aussi être écouté sur TUNEIN, ACAST et STITCHER.

Nouvelle et seconde saison estivale de BOUTS DE LECTURE, l’émission book club de MM RADIO qui va vous donner envie d’ouvrir un livre, découvrir de nouvelles lectures et leurs auteurs, également d’en savoir plus sur ceux qui les lisent.
Bouts de Lecture garde le rythme de sa première saison et propose, à chaque émission, 2 invités avec qui Angela Peauty discute, toujours dans un parc, des livres qu’ils sont en train de lire ou qu’ils viennent de terminer, de leurs habitudes de lecture et de ce qu’ils prévoient de lire prochainement ou cet été — puisque la lecture est favorisée durant l’été.
Autre nouveauté, Angela Peauty conversera, à chaque émission, d’un livre qu’elle a lu avec un invité, qui pourra lui poser, à son tour, des questions.
Bouts de Lecture rallonge son format cependant et passe de 60" à 90", l’émission ayant été un succès en 2017 — par le fait que les auditeurs choisissent leurs prochaines lectures aussi selon la personnalité de nos invités.

“C’est un parc où je fais mes dates. Si le mec ne vient pas — parce qu’on me pose des lapins malheureusement — je me dis, voilà, j’ai toujours un endroit sympa si je veux aller ensuite quelque part.”

L’émission débute, au Jardin des Tuileries, avec Louisa Amara, grande lectrice et qui aime partager ses trouvailles littéraires. “Je fais partie de la Slash Generation — des gens qui font plein, plein de choses en même temps. Donc, social media manager pour Business France — qui est une agence d’État qui promeut l’économie française. Par ailleurs, j’écris toujours des chroniques BD et ciné parfois, mais surtout BD pour Zoo Magazine — qui est un magazine gratuit. Et à côté, je suis free-lance. Donc, j’ai mon auto-entreprise dans le domaine du “community management” pour proposer mes services à toute entreprise qui le souhaite.”

Malgré un planning des plus chargés, elle ne trouve pas d’excuses pour éviter de lire. “Quand j’ai un peu de temps libre, surtout dans les transports, j’aime avoir des livres, justement, pour sortir de tout ça et rentrer dans d’autres univers. […] Je lis de toute façon toute l’année. Je pense que je suis sur 1 livre par semaine en moyenne, sauf s’il est vraiment très gros. […] L’été, je ne peux pas partir en vacances sans bouquins. Je pars avec 3, 4, 5 livres et des fois, ça ne me suffit pas. J’ai une liseuse aussi que je n’apporte pas forcément mais il me faut 3, 4 bouquins dans ma valise.”

“Je n’ai pas de chat, je ne suis pas une fille à chat et je pense que je ne le deviendrais jamais.”

Le livre qu’elle vient de terminer, “Comment Ne Pas Devenir Une Fille à Chat” de Nadia Daam. “Fille à chat, c’est une expression pour dire, un petit peu, célibataire, un peu vieille fille alors qu’il n’y a aucun problème avec les personnes qui ont des chats. En plus, on ne dirait pas ça d’un garçon. […] C’est un recadrage qu’elle fait et qui est très bien. Ce n’est pas parce qu’on est célibataire, que l’on est abstinent. On peut très bien avoir des relations soient ponctuelles, soient régulières, sans être dans une relation de couple pour différentes raisons qu’elle aborde notamment et avec beaucoup de franchise. Je trouve que c’est très honnête de sa part. Elle explique, par exemple, qu’en tant que femme, il lui est arrivé d’être sollicité par des hommes mariés. Et qu’est-ce qu’elle fait dans ces cas-là ? Est-ce qu’elle se dit ‘Ah non, j’ai des valeurs, ce n’est pas possible, je ne pourrai pas faire ça. Moi je n’aimerais pas qu’on me le fasse.’ Ça, c’est la théorie. Dans la réalité, quand t’as un beau mec qui t’aborde, tu te dis ‘Bah ouais, si c’est pour s’amuser et en même temps, c’est son couple, c’est son histoire, c’est lui qui gère.’ […] Et elle a aussi parlé de ceux qui ne préviennent pas, qui font croire qu’ils sont tout à fait disponibles mais ils sont tout à fait disponibles seulement à des horaires bien précises. Et là, on se dit ‘Il y a un petit problème là, non ?’ Donc là, elle explique un petit peu toute son histoire et puis aussi comment elle gère sa fille. […] Comment tu gère tes sorties amoureuses quand tu as une fille à la maison…”

Louisa Amara conseille “Comment Ne Pas Devenir Une Fille à Chat” à tous. “Je le conseillerais à toute femme qu’elle soit célibataire ou pas, parce que si elles ne sont plus célibataires, elles vont se rappeler de ce que c’était. Et puis, si elles sont devenues, peut-être même récemment, célibataires, elles vont se dire, finalement, j’ai tout un univers qui s’ouvre devant moi, comment bien le vivre. Et aussi aux garçons parce qu’elle en parle un peu. Il y a aussi des hommes célibataires qui le vivent bien ou qui ne le vivent pas bien et qui peuvent se reconnaître dans la situation.”

“Ce mot, grossophobie, est entré dans le dictionnaire récemment parce que ça existe, pour de vrai. Et c’est la société aussi qui fait ça.”

Le prochain livre qu’elle a sûrement débuté à ce jour, “Gros” N’est Pas Un Gros Mot” de Daria Marx et Eva Perez-Bello. “Je soutiens énormément ce collectif, Gras Politique, qui fait en sorte de mettre en avant comment vivent les gros en France et pas qu’en France. Mais en gros, dans l’espace public, comment ils sont traités. […] J’ai envie aussi de lire ce qu’elles ont traversé toutes les deux parce qu’il y a beaucoup de choses très persos. Et j’avais commencé à lire des extraits, notamment sur le fait que quand tu vas sur un banc public. Par exemple, il existe encore ici au Jardin des Tuileries, des bancs publics qui sont classiques, à l’ancienne, où tu peux t’asseoir quel que soit ton poids. Mais de plus en plus, il y a des dispositifs anti SDF — on ne reviendra pas sur ‘c’est bien, c’est pas bien’ — mais du coup où il y a des accoudoirs qui sont très serrés les uns des autres, ce qui fait que si tu fais une taille 40, 42, 46, tu n’arriveras pas à t’asseoir sur ce banc. Et puis pareil pour le domaine hospitalier.”

Egalement, le premier livre de François Hollande, “Les Leçons du Pouvoir”. “J’ai beaucoup tardé à l’acheter parce que je voulais absolument qu’il soit dédicacé. Et j’ai eu la chance d’assister à une séance de dédicaces, après une conférence organisée par la fondation Jean-Jaurès sur le bilan du quinquennat, à cœur ouvert, pas de langue de bois. Et c’était très intéressant de l’entendre parler et ensuite de le rencontrer pour de vrai.”

En plus de dévoiler, entre autres, son problème de “tsundoku” — dont beaucoup de grands lecteurs font l’expérience, de son intérêt dernier pour les livres centrés sur les relations amoureuses, Louisa Amara explique son engagement à ne pas acheter ses livres sur Amazon. “La Fnac, c’est vraiment quand je n’ai pas le choix, pour différentes raisons. Sinon, je vais sur le site Place des Libraires que je vous recommande parce que ça permet de soutenir les libraires de France et de ne surtout pas aller sur Amazon. Alors, pourquoi ? Amazon fait partie des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr) — on ne va pas rentrer sur le côté économique, mais en gros — ils font partie des entreprises qui évitent au maximum de payer des impôts. Ils vont défiscaliser au maximum. Donc moi, à mon niveau, si je peux soutenir les artisans français, les commerçants français, je le fais parce qu’il n’y a pas de raison, ça n’ira pas plus vite avec Amazon qu’en commandant sur Place des Libraires. Et puis moi, je vais avoir le plaisir d’aller chercher ensuite ma commande, d’aller rencontrer le libraire qui pourra peut-être me proposer aussi d’autres choses.”


“C’est probablement un de mes parcs préférés de Paris parce qu’il est un peu chaotique, en même temps il est grand déjà, il y a du relief, ça veut dire que ça monte, ça descend. Il y a de l’eau, il y a plein de coins cachés et puis il y a plein de petits endroits, comme des restos, des bars, des terrasses. Et en plus, c’est un quartier populaire. En fait, c’est vraiment un vrai mélange. Et il est assez discret et assez “roots”.”

Autre BOUTS DE LECTURE, cette fois-ci au Parc des Buttes-Chaumont, avec Etienne Biloa, fondateur d’Untold Stories. “J’ai été beaucoup dans la musique, comme tu le sais, aujourd’hui, j’ai créé une compagnie qui fait de la production événementielle mais liée à la restauration, à la gastronomie. […] Du catering — on a fait des restaurants éphémères au Grand Palais pour des “Art Fairs”, pour la biennale à Venise, sur des bateaux, sur des toits d’immeuble.
Egalement, éditeur et directeur d’Ici Cameroun. “C’est un magazine qui a été créé en 2003 par ma mère. Ma mère qui a été journaliste de profession, patron de presse mais surtout une des voix qui a, je pense, compté, en tout cas au Cameroun, sur le plan africain continental, une éditorialiste qui s’est fait entendre. Elle avait créé ça un peu en marche de ses activités plus sérieuses pour répondre à un besoin, au Cameroun, d’une presse dépolitisée et qui sache parler avec sa part d’enthousiasme et d’engouement de ce qui se passe, des gens là-bas, dans tous les domaines possibles, pas que la politique, donc économie, sport, culture, célébrer les gens qui constituent l’identité et la fierté camerounaise. Donc une sorte de Paris-Match, voilà. […] Et je me suis dit, ‘bah, voilà, j’ai du temps, je gagne ma vie’, j’investis donc mon temps et mon argent pour redonner vie à ce magazine qui était au point mort, reconstituer une équipe, monter un bureau au Cameroun.”

“Je ne suis pas du tout un grand lecteur et je le déplore. Je le déplore à chaque fois que je lis, justement et que je constate tout le plaisir et tout ce que ça m’apporte. C’est une frustration, je devrais dire.”

Le livre qu’il vient de terminer est le premier roman de l’auteur nigérien Chinua Achebe, sorti il y a 59 ans et qu’il a lu en anglais, dans sa version originale. “Things Fall Apart”, donc “Le Monde S’effondre”. Ça se passe dans une région du Nigeria chez les igbos — c’est une tribu qui est près du fleuve Niger, si je ne me trompe pas, donc plus ou moins centre-ouest — et ça se passe au moment où les colons arrivaient, à l’arrivée des Britanniques et des missionnaires chrétiens. Mais c’est quelque chose que l’on découvre assez tard dans l’histoire. C’est une histoire qui se déroule d’une manière très particulière mais qui présente cette tribu, ses croyances, comment ils fonctionnent. Et puis la rencontre, voilà, de l’homme blanc et de ses croyances et avec ce prosélytisme — qui était celui des missionnaires — et comment ces mondes se rencontrent. Ce qui est aussi particulier, c’est que le style est vraiment très simple. Ce sont des phrases simples et c’est écrit de manière qu’on puisse croire que c’est un membre du village qui nous raconte l’histoire, avec sa vision des choses, avec ses référents qui sont très simples, d’agriculteurs.”

Ce qui l’a marqué. “C’est une approche qui est dépassionnée, qui observe, qui décrit et qui se met dans la peau des gens qui vivent leurs croyances. Il y a plusieurs protagonistes donc plusieurs types de sensibilité. On parle d’une réalité sous différents angles, sur la prise de différentes sensibilités, de positionnement, de temporalité, de croyances. C’est un roman qui traite d’un moment faut historique de manière complètement dépassionnée. Moi, j’ai eu le sentiment, pas pour la première fois mais peut-être une des premières fois, de pouvoir, avec mes yeux, de justement voir à travers les yeux des gens, des personnages qui sont là, de comprendre, de toucher un peu du doigt ce qu’ils ont vécu, l’arrivée des missionnaires, ce qu’ils ont ressenti et les questions qu’ils ont pu se poser, l’indignation pour certains, le soulagement pour d’autres, tout ça. Et donc de pouvoir vivre ça d’une manière qui nourrit, qui te donne des informations.”

“Je ne sais pas si j’attends quoi que ce soit quand j’ouvre un livre. Non, non, quand j’ouvre un livre, je suis juste disposé à donner mon temps et à me jeter dans quelque chose.”

L’ouvrage qu’Etienne Biloa vient de commencer à lire, “Baroque Sarabande” de Christiane Taubira. “C’est un cadeau qu’on m’a fait parce que j’avais eu cette discussion avec un ami où justement j’exprimais cette “frustration” de pas lire assez et même face à cette lacune, à cette carence de lecture où je manque de temps et d’initiatives à lire. Les bouquins, il y en a tous les jours plein qui arrivent. Après, tu as tout ce que l’on considère comme classique — ça dépend pour qui. Il y a des œuvres monumentales qui sont là et on se dit ‘mais maintenant, vu que le temps est très compté, beaucoup plus que quand on est plus jeune, on n’a pas envie de se tromper’. Donc, ça met potentiellement une pression supplémentaire. On a envie d’avoir des bons conseils mais des conseils de qui ? Qui va te donner le bon conseil ? Parce qu’on a envie d’être sûr, d’où ce “Baroque Sarabande”. Et donc, on avait eu cette discussion avec mon ami. Mon ami avait, lui, vu Christiane Taubira dans La Grande Librairie, je crois, l’émission. Il l’avait trouvé, évidemment, très éloquente, il n’avait pas prévu de l’acheter. Il s’est retrouvé en librairie et puis, il a vu le bouquin, il s’est dit ‘je vais le prendre’ et il s’est rappelé cette discussion. Il en prit 2 et il en a pris un pour moi.”

Il raconte le sujet du livre écrit par l’ancienne ministre de la justice. “Elle parle de son plaisir de lire, du rapport qu’elle a avec la lecture, ce que les livres lui procurent dans sa vie, tous les univers que ça déclenche — sensoriels, intellectuels, l’imagination. Et après, effectivement, je pense je n’en suis pas encore là, mais elle mentionne, justement, les œuvres qui ont constitué son univers, qui l’ont faite.”

“Un livre ce n’est pas cher mais ça a énormément de valeur.”

Etienne Biloa partage le moyen qu’il a trouvé pour garder un rythme de lecture. “À la maison, on a essayé d’instaurer une petite habitude le matin. C’est de prendre le temps pour le petit déjeuner et de lire. On n’y arrive pas tout le temps mais c’est potentiellement un des moments auquel je lis. Mais à vrai dire, comme je ne suis pas un grand lecteur, à partir du moment où je rentre dans un bouquin, après ça vient naturellement, c’est-à-dire dans les transports ou en vacances.”

“J’aurais envie de croire que quelqu’un qui aime la littérature pour les bonnes raisons, qu’il l’aime vraiment le cœur ouvert, j’ai l’impression que cet amour de la littérature est peut-être une protection, on va dire, à une certaine bêtise humaine, potentiellement. Mais, ça n’est pas forcément vrai.”

Il raconte les livres qu’il l’intéresse. “J’aime les livres où il y a une certaine réflexion. Les livres type nouvelles, romans un peu légers, ce n’est pas du tout mon truc. J’aime les réflexions de fond. Il peut y avoir une dimension historique, avoir une dimension philosophique. J’aime les essais philosophiques, de société, psychologique, politique un petit peu.”

© Hermann

La conversation se termine autour de la thèse lue par Angela Peauty, “La Phénoménologie de L’Aveu” de Jérôme Porée, professeur de philosophie et auteur, qui tente de décortiquer le but de l’aveu et la manière dont il est employé, aujourd’hui, dans notre société.
Lecture de quelques extraits et partage de points de vue avec Etienne Biloa qui révèle ses expériences personnelles de confession.


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BOUTS DE LECTURE, c’est en 2018, 1 émission mensuelle pour deux invités, sur MM RADIO ! #BoutsdeLecture
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