MasterMINDER Ent.
May 29 · 7 min read

“Je n’aime pas l’ordinaire, j’aime ce qui est extraordinaire et je considère que mon itinéraire est extraordinaire.”

MM RADIO peut aussi être écoutée sur TUNEIN, ACAST et STITCHER.


Dernière émission de la Saison 4 de l’émission LECTURE sur MM Radio.
Angela Peauty conclut cette saison de conversations littéraires avec Jacques Héripret, auteur de “Les Osselets”, le premier livre autobiographique du photographe grand reporter qui raconte son enfance et de quelle manière ses choix de vie anti-fatalité l’ont conduit à des expériences relationnelles et professionnelles hors du commun. “Je n’aime pas l’ordinaire, j’aime ce qui est extraordinaire et je considère que mon itinéraire est extraordinaire, dans le sens, pas courant. Je n’ai pas dit que c’était une féerie, je ne dis pas que c’est une chose absolument fabuleuse, c’est un comportement qui m’a détaché de mes liens du départ dans lequel je n’étais pas bien pour aller ailleurs. Aller ailleurs, c’était quoi ? C’était faire autre chose et faire autre chose, j’ai fait autre chose.”

Le livre débute à une période dramatique de sa jeunesse, durant la seconde guerre mondiale et particulièrement encore, la rencontre et séparation avec son jeune voisin. “J’avais un camarade dans l’immeuble dans lequel on vivait, à Billancourt, qui ne sortait jamais et que je rencontrais le soir — enfin vers 16h/17h, il prenait l’air dans la cour de l’immeuble — et qui jouait aux osselets, tout seul. Lui me renseignait, on était devenu copains, on avait quasiment le même âge et ces osselets étaient le symbole de notre amitié, c’était le lien. […] Cet enfant m’a enseigné beaucoup de choses. Il m’a appris à compter, il m’a appris à voler. Quand je dis voler, à voler de la nourriture, pour me nourrir et nourrir ma mère, parce qu’évidemment, j’ai donné ces pommes de terre que je volais à maman qui les faisait cuire et on les bouffait tous les deux et puis, quand j’avais des pommes, je rapportais des pommes. Je les piquais chez un homme qui faisait du marché noir. Et donc, il m’a enseigné comment il fallait faire, comment ne pas se faire prendre — c’est-à-dire prendre ce qui était en haut et jamais en bas parce que tout dégringolait. Donc, il m’a enseigné la débrouillardise. Et puis moi, j’étais très fasciné par ce garçon parce que c’était un garçon extrêmement saint, très droit, le regard clair. Ce n’était pas un menteur et je pense que cette attitude envers moi, cette attitude qu’il avait en général d’ailleurs — mais je ne l’ai jamais vu parler à d’autres gens — il m’enseignait, sans le savoir, la morale. Et depuis, je raconte des blagues, évidemment, mais je ne suis pas un menteur. Et puis, j’ai cessé de voler évidemment.”

Jacques Héripret explique de quelle manière il a choisit les histoires qu’il raconte dans cette autobiographie. “Ce qui était difficile, c’est d’être cohérent. Ce qui était difficile, c’était de ne pas être chiant. Donc, j’ai voulu travailler et raconter cette histoire comme un journaliste. Les gens savent, d’une façon définitive, que je suis un photographe, donc j’ai passé ma vie à faire des photos qui se voulaient être parlantes, c’est-à-dire qu’on n’avait pas besoin de légendes, la photo parle d’elle-même. […] Je me suis dit, ‘je sais faire des photos parlantes mais un stylo, ça, c’est autre chose’. Comme vous le savez, j’ai mis 6 ans pour faire mon bouquin et donc, le choix était simple. Il fallait partir du départ, c’est-à-dire que les gens me connaissent parce que, voilà, avoir photographié Bardot, c’est une chose, j’ai fait des bouquins, mais la genèse — pas la jeunesse, la genèse de ma vie — il fallait que les gens comprennent que j’étais un petit garçon sans avenir, comme beaucoup, comme beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Je vais vous dire, la chance que j’ai eu dans ma vie, la plus grande chance, c’est qu’à l’époque, je n’étais pas juif.”

Après son enfance, racontée en première partie de roman, l’auteur dévoile ensuite, de façon distincte, son adolescence et le début de sa nouvelle vie, loin de l’usine. “Jamais je ne serai retourné à l’usine. Si j’avais tout raté, je ne serais pas rentré à l’usine, j’aurais été peut-être serveur dans un café, j’aurais peut-être été, je ne sais pas moi, plagiste, enfin porter les matelas sur étage mais je ne serais jamais retourné à l’usine. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais, parce que c’est abominable !”

Il profite de cette seconde partie pour faire un coup de gueule à propos de ces personnes qui acceptent un peu trop leur sort, comme ce fut le cas de ses jeunes collègues ouvriers de l’usine. “Ce à quoi j’assiste maintenant, c’est que tous ces gens qui sortent des usines et qui sont ceci et qui sont malheureux -tout est très cher et c’est vrai, tout est très cher, c’est vrai -ils n’ont pas la blouse grise, ils n’ont pas la blouse blanche. Qu’est-ce qu’ils ont ? Un gilet jaune. Et ça me fait chier de voir ça. Ça me fait pleurer parce qu’ils sont responsables. Sur le lot, il y en a quelques-uns qui sont responsables.”

Il révèle une possible suite au livre “Les Osselets”. “D’un côté, je me dis que si je me mets à écrire la suite, je suis sûr de vivre 6 ans parce que je veux le terminer. Et puis, d’un autre côté, je me dis ‘merde, il ne me reste pas beaucoup de temps, le péage de l’autoroute n’est pas très loin. Et si je me baladais au lieu de faire le con, d’écrire des trucs qui n’intéressent personne’.”

Avide lecteur depuis son enfance après avoir découvert la bibliothèque municipale, Jacques Héripret parle aussi de ses lectures favorites. “Pour moi, le livre le plus important qui ait été écrit au 20ème siècle, c’est “Voyage au Bout de la Nuit”. […] C’est la baffe dans la gueule c’est… “Voyage au Bout…” putain, alors là ! “Le Voyage…” a été, quand même, un déclencheur extraordinaire. […] J’aime le polar, j’aime l’aventure, je relis. Je relis Jules Verne, je relis des choses comme ça. C’est en poche tout ça donc, on peut emporter.”

Découvrez un extrait audio imagé de la conversation Lecture avec Jacques Héripret.

Bonne écoute et bonne Lecture !


Vous pouvez écouter les émissions du bouquet MM RADIO sur votre ordinateur, votre smartphone, votre tablette, et votre Smart TV, via votre casque ou votre haut-parleur, au bureau, en voiture, dans les transports… bref, n’importe où !


LECTURE est une émission mensuelle de MM RADIO ! #Lecture
Egalement sur TUNEIN, ACAST et STITCHER.

Les Citations des invités sont partagées sur nos réseaux sociaux.

©MasterMINDER Entertainment


Suivez nos actualités et productions à venir.
MM RADIO | MM TV

Ainsi qu’à travers les réseaux sociaux !
Twitter
Instagram
Facebook
Tumblr
LinkedIn

MasterMINDEREntertainment

MasterMINDER Entertainment is the new identity that brings together the entities MM RADIO - the pack of Infotainment shows and programs, and MM TV - the home of lifestyle contents and original creations. Follow our upcoming news and productions.

MasterMINDER Ent.

Written by

We Tell Stories

MasterMINDEREntertainment

MasterMINDER Entertainment is the new identity that brings together the entities MM RADIO - the pack of Infotainment shows and programs, and MM TV - the home of lifestyle contents and original creations. Follow our upcoming news and productions.

Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade