MM RADIO : LECTURE AVEC PIERRE DE BONNEVILLE — “HOUELLEBECQ, SON CHIEN, SES FEMMES”

“Lui, il aime les chiens. Pourquoi ? Parce qu’il est cynique, comme les chiens”.

Nouvelle et troisième saison de l’émission LECTURE qui inaugure la saison 5 des programmes de MM Radio ! Comme chaque introduction de saison, depuis la création de l’émission Lecture, nous débutons avec une discussion autour d’un nouvel ouvrage de Pierre de Bonneville.

Après “Céline et Les Femmes” en octobre 2015, puis “Thomas Bernhard, Une Vie Sans Femmes” en octobre 2016, Pierre de Bonneville continue — et possiblement termine — sa série sur les auteurs et leurs relations difficiles avec l’autre sexe. “Des personnalités, qui sont Céline, Thomas Bernhard, Houellebecq, aussi d’autres auteurs, écrivains ou écrivaines qui ont manifestement des problèmes dans leur enfance, qui les amènent à effectivement écrire et à décrire et analyser et à creuser ces questions élémentaires qui sont le manque d’amour et donc, le substitut et la médecine, c’est l’écriture, la création, la peinture, la chanson, la sculpture, la danse. Enfin bref, c’est exprimer ces manques, ces traumatismes,” explique le publiciste et auteur à Angela Peauty.

Le mot compassion est très important pour lui. Le mot “bonté” et le mot “compassion”, c’est son sujet principal, dit-il.

A travers cette nouvelle thèse, “Houellebecq, Son Chien, Ses Femmes”, Pierre de Bonneville décortique l’homme qui aime décortiquer les êtres humains, les chiens, les femmes, n’aimant pourtant pas être décortiqué à son tour. “Il a peur des autres. “Contre La Vie, Contre Le Monde, Contre La Vie” reste quand même son slogan fondamental. Les autres, il ne sait pas les aborder. C’est difficile. Il les comprend trop bien, les analyse, il les dissèque très bien. Il adore la science, il adore les animaux.” Il explique la raison du sujet Houellebecq pour ce thème concernant les relations. “Ce qui conduit un être humain comme Houellebecq, c’est la haine de soi. Il ne s’aime pas physiquement, il ne s’aime pas moralement. Il est rejeté par tous, par les filles évidemment. Il n’embrassera aucune fille avant l’âge de 18 ans et aucune fille ne l’embrassera. Ce qui est symptomatique, c’est quand il dit “aucune fille ne m’embrassera, ne m’a embrassé, avant 18 ans”. Il pourrait dire “je n’ai embrassé aucune fille avant l’âge de 18 ans”. Donc c’est, le monde doit venir à lui mais ce n’est pas lui qui va aller au monde.”

C’est un être de rationalisation, de rationalité et c’est un être poétique, intuitif.

Quand Angela Peauty lui demande lequel de ses 3 auteurs, qu’il a analysé, illustre mieux son état d’esprit, Pierre de Bonneville répond. “On fait tous partie de l’universalité du monde, donc on est tous des êtres humains avec les mêmes ressorts, les mêmes émotions, la même chimie, la même façon de fonctionner même si les différences sont énormes. Les ressemblances sont ce qui nous permettent de parler ensemble, ce qui nous permet de communiquer, ce qui nous permet de vivre ensemble. Donc oui, non, aucun des trois particulièrement mais chacun des trois. C’est ça qui est passionnant. C’est de retrouver à travers l’autre soi-même. Evidemment, on ne parle que de soi. C’est clair. On écrit que sur soi pour les autres.”

Houellebecq ne ment pas. Il a besoin de se raconter, il a besoin de s’en sortir en racontant des histoires, c’est pour ça que l’on est romancier.

Pierre de Bonneville révèle ce qu’il pense de Michel Houellebecq, l’homme, l’artiste. “Au départ, j’avais un a priori contre. C’est-à-dire, pour moi, c’était loin d’être un type aussi énorme que Céline, aussi passionnant que Thomas Bernhard, je n’avais pas beaucoup d’estime pour l’écrivain et pour l’homme. Bon, il est intelligent, malin dans ses interviews etc., plus malin qu’autre chose. Après, quand on travaille dessus, quand on creuse, le personnage, ce qu’il a écrit, là, ce n’est pas de l’estime que j’ai, c’est de la compréhension. C’est-à-dire que je comprends pourquoi il est ce qu’il est et comment il s’en sort en étant ce qu’il est. Mais, il est d’un égoïsme…”

Il y a des gens qui sont chien, il y a des gens qui sont chat. Et chez les écrivains, c’est pareil et c’est très symptomatique. Moi, je suis totalement chat. Complètement.

A ceux qui se laisseraient balloter par la vie et les sentiments, Pierre de Bonneville partage un remède. “C’est la création. On s’en sort dans la vie en créant, que ce soit un enfant, que ce soit une entreprise, que ce soit une relation, que ce soit un livre, que ce soit une peinture, que ce soit un programme, je ne sais pas. Si l’homme ou la femme crée, c’est pour exister et son existence se retrouve pleinement acquise à partir du moment où on fait quelque chose, où on produit quelque chose mais on crée quelque chose. Donc, si on écrit c’est parce qu’on est mal et on a été mal ou on est mal. Si on danse, c’est parce qu’on a quelque chose à exprimer. Si on fait un film ou si on fait une émission de radio ou si on fait… peu importe, la création, c’est la façon de passer dans un autre monde qui est l’expression de soi, qui est gratifiant, quelle que soit cette forme, ça peut être n’importe quoi, peu importe, c’est de faire, de créer, d’avoir le sentiment de créer, même une famille. Les femmes, et là où Houellebecq a raison, les femmes s’en sortiront toujours, à partir du moment où elles ont ce pouvoir que n’ont pas les hommes, qui est de créer la vie. C’est incroyable, non ! Mais on ne peut pas mieux faire.”

Bonne écoute, bonne Lecture !

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