Comment je me suis révélé être un entrepreneur

Il y a un an, j’ai fait le choix de renoncer à un CDI rémunéré 45k.

Cette décision a été motivée par la conviction que j’en sortirai bien plus gagnant. Après douze mois, j’assume avoir perdu 45k mais assure avoir gagné ma vie.

“man playing guitar on his back” by Alexandre St-Louis on Unsplash

S’engager dans la durée

Tout commence par une opportunité : celle de croiser mon expérience professionnelle en urbanisme et mes derniers acquis en informatique. Étudiant à 42, je participe régulièrement à des partenariats pédagogiques avec d’autres écoles (HEC, Icart…). Ils durent plusieurs semaines et ont pour objet de développer des projets étudiants et de découvrir de nouvelles méthodes. Fin 2017, Matrice propose un programme long d’entrepreneuriat dans le domaine de la Smart City avec comme partenaire la principauté de Monaco.

Comme Matrice est un programme assez long (10 mois), j’hésite à le rejoindre mais l’envie de retrouver mon autonomie perdue dans le salariat et l’ambition de re-créer une boite m’ont décidé. Malgré des sons de cloches différents entre alumni de ce programme, j’ai suivi l’avis d’un student de la promo précédente qui m’a recommandé le programme pour la qualité des intervenants et de l’immersion dans un domaine inconnu.

En novembre 2017, une trentaine d’étudiants issus des formations de 42, Strate, EDHEC, l’Université Sorbonne-Nouvelle et l’UPEM sont sélectionnés et partent durant 15 jours à Monaco pour rencontrer les acteurs locaux et comprendre leurs enjeux. Ce temps permet également de faire connaissance autour des petits fours et du champagne et de lancer les premières idées.

C’est en janvier 2018, lors d’un hackathon, que je forme une équipe avec Giovanna (EDHEC), François (EDHEC), Madison (42) et Cyril (UPEM) autour de l’enrichissement de l’entrepôt de données (alors à l’étude et aujourd’hui abandonné XD) de la principauté par des sources externes, notamment les réseaux sociaux. Mieux comprendre comment est perçu leur pays les intéresse beaucoup.

Ce qui intéressant avec la formation d’une équipe, c’est qu’on s’ouvre à l’inconnu voire qu’on surmonte ses a priori sur certaines personnes et, au final on se retrouve avec de nouveaux potes.


Commence alors un long premier semestre dit de Transformation puis de Production où les groupes doivent devenir équipe et les idées de solides projets. Si la majorité des étudiants 42 sont souvent investis à plein temps, ce n’est malheureusement pas le cas des étudiants des autres formations qui ne leurs aménagent pas leur temps d’étude. Il faut donc apprendre à s’organiser et surtout à découvrir des domaines qui ne relèvent pas nécessairement du développement informatique. Ainsi, j’ai pu découvrir le Lean Startup, remplir des Business Model Canvas, concevoir grâce au design thinking des services.

Selon moi, 42 vise, à travers sa pédagogie et ses partenariats comme Matrice, à former des commandos composés de personnes prêtes à intervenir sur des terrains inconnus avec des missions “impossibles”.

J’ai quand même été un peu frustré de ne pas passer plus de temps à développer, surtout quand mon envie est de bâtir un projet entrepreneurial tout en acquérant des compétences techniques. Avec le recul, je pense que j’aurais dû consacrer plus de temps à des projets personnels ou freelancing. Mais la question est de savoir si j’aurais tenu dans la durée. En effet, une matrice est une épreuve, il y a des moments de doute très durs et les événements vécus mènent à de profondes remises en questions voire au découragement. Comme durant la Piscine — épreuve de sélection d’un mois — j’ai enduré ma persévérance.


Partenaire particulier cherche projet d’innovation

Chaque Matrice est construite autour d’un partenaire ayant un projet de transformation digitale. Au lieu de faire appel à des cabinets de conseil qui feront des recommandations qui ne verront jamais le jour, la promesse est de construire un cadre dans lequel des étudiants peuvent entreprendre et faire émerger de nouveaux produits et services.

En théorie, le partenaire est le premier client potentiel. Dans les faits, il a été plutôt un cadre de réflexion. En effet, souvent dans le domaine de l’innovation, il est très difficile de savoir ce que l’on veut puisque tout le but du jeu est de faire un saut dans l’inconnu, de prendre un risque, de lâcher-prise. Toutes les organisations ne sont pas capables de le faire pour des raisons structurelles ou politiques. Ce constat a conforté mon impression d’avoir un esprit pionnier.

Bien souvent, les individus ne savent pas ce qu’ils veulent tant qu’on ne leur a pas montré ce dont ils ont besoin.


Matrice est un programme qui nous change tout autant que la Piscine peut nous changer.

Chaque semaine, il y a des sessions de parole collective — appelées Atelier de Tissage (AT) — où chaque participant apporte ses réflexions du moment cela peut reposer sur les difficultés rencontrées sur son code, les dynamiques au sein de son groupe ou des thèmes divers liés à l’entrepreneuriat ou pas.

Personnellement, j’apportais beaucoup de sujets “philosophiques” qui m’ont permis de confronter mes a priori sur certaines situations ou cas de figures. Par exemple, est-ce que vous vous interdisez de penser certaines choses ? Connaissez-vous l’étendue de votre zone de confort ? La transgression est-elle une composante indissociable de l’entrepreneuriat ?

Parfois échanges du café du commerce ou réelles discussions fondées sur des références bibliographiques apportées par le tisseur (souvent un coach en développement personnel) ou les participants, chaque séance a eu son intérêt et j’en suis ressorti grandi par le groupe. Ainsi, au fur et à mesure des mois, je me rends compte que la force du programme réside à la fois dans les étapes clés de son déroulé que dans l’exploration de sa propre personnalité.

Et maintenant, que fais-je ?

Ce programme Matrice m’a conforté dans mon envie d’entrepreneuriat. J’ai annoncé très tôt vouloir poursuivre au-delà du programme. Avec Cyril et François, nous travaillons sur motion : un plateforme web qui propose un SaaS sur laquelle des acteurs touristiques peuvent charger des données et les enrichir en quelques clics sans compétence en développement. Nous proposons des connecteurs (API) et des briques technologiques (algorithmes de data science) pour que l’utilisateur puisse manipuler ses données et en tirer des informations nouvelles.

Nous sommes en contact avec de grands comptes et cherchons à convertir ses prospects en clients. Si nous devions échouer et ne pas convertir cet essai, je ne le vivrais nullement comme un échec. En effet, j’ai aujourd’hui des objectifs personnels bien éloignés du salariat. Quelques idées de business s’accumulent dans ma besace et je passerais sans hésiter à la suivante.


Si vous pensez avoir la fibre entrepreneuriale, une matrice permet de vous tester et de confirmer ou d’infirmer votre envie.

Vous trouverez ci-dessous des informations sur les matrices à venir. Elles recrutent des profils variés.

  • Matrice Éducation avec l’UNESCO #Edtech commence le 15 octobre 2018
  • Matrice Code du Travail avec le ministère du dit travail #LegalTech commence le 6 novembre
  • Matrice Patrimoine avec le ministère de la Culture #StéphaneBern commence le 6 décembre.

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à poster vos commentaires ou à m’envoyer un message direct. ;)

MATRICE Journal

Porter l'innovation dans des mondes complexes

Clément Jacquemaire

Written by

Philoneist, freelance software craftsman Python, entrepreneur

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