Justin Timberlake au sein du Digital RH

🎼 I’m tired of using technology 🎤

Véritable « Triple Threat », Justin Timberlake figure parmi ces personnalités qui, sans que vous le sachiez forcément, ont façonné une partie de cette ère digitale dans laquelle nous sommes tous emmenés.

A travers cet article [le premier “Focus Décalé” de ce blog], vous allez (re)découvrir des faits et des anecdotes au sujet du “President Of Pop”.

Des petites histoires qui pourraient bien être riches d’enseignements pour les professionnels RH 😉.

JT se trouve en effet être intimement lié à l’histoire du web 2.0 …

🎼 I’ll have you naked by the end of this song 🎤

Il y a quelques semaines avait lieu la 51ème finale du Super Bowl, et comme chaque année, durant cette période, on se remémore tous l’epic ending du Halftime Show de 2004 : le mythique incident impliquant Janet Jackson et Justin Timberlake. #nipplegate

Cette “défaillance vestimentaire” (“wardrobe malfunction” pour reprendre l’expression devenue culte créée par Justin lui-même suite à cet épisode) est à l’origine de la création de l’une des plus grosses plateformes média.

De l’aveu de son fondateur, c’est cet événement au retentissement planétaire qui lui a donné l’idée d’inventer YouTube.

Frustré comme des centaines de millions de personnes à cette époque de ne pas pouvoir revisionner sur Internet cette scène (ou tout simplement la voir pour la première fois comme c’était son cas), Jawed KARIM s’est décidé à monter avec ses amis Steve CHEN et Chad HURLEY un site pour que cela ne se reproduise plus.

Un an plus tard, presque jour pour jour, leur société démarrait, et quelques mois plus tard, fort de son énorme succès (dû en grande partie au visionnage de la performance du Super Bowl…), Google rachetait YouTube pour la somme de 1,65 milliard de dollars.

Quand le bad buzz des uns fait décoller la start-up des autres !

Une maxime dévoyée d’autant plus forte qu’à peine 3 jours après cette finale controversée (le 4 février), un étudiant de l’université d’Harvard (un certain Mark Zuckerberg) décida de lancer son site “The Facebook”, offrant à ses camarades de campus une toute nouvelle interface pour échanger de ce scandale !#effetdaubaine

“Why did you make me look like a young version of Justin Timberlake ?” Mark Zuckerberg

Justin Timberlake est l’un des précurseurs du recrutement vidéo !

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Il y a aujourd’hui près de 8 ans, Justin investissait dans une start-up appelée robo.to.

Ce nom ne vous dit rien et pourtant c’est l’ancêtre des sites Vine, Instagram et Snapchat !

Son concept, c’était de disposer d’une “carte de visite virtuelle”, autrement dit vous aviez une page avec en son centre la dernière mini-vidéo de 4 secondes que vous aviez enregistrée et qui tournait en boucle, avec la possibilité d’écrire une phrase pour compléter votre statut, mais aussi de joindre à votre profil votre localisation via Google Maps ainsi que des liens vers vos sites (par exemple votre chaîne YouTube, votre compte Flickr…) et de notifier vos updates robo.to sur Facebook et Twitter.

De par ces fonctionnalités, robo.to faisait ainsi partie des premiers sites de personal branding (comme About.me, Flavors.me ou encore remote.com qui eux, sont toujours actifs aujourd’hui).

Hélas, malgré son aspect avant-gardiste, l’application ne deviendra pas virale, car elle souffrait de contraintes et de limitations techniques trop importantes et pour le moins étranges…

  • On pouvait mettre des effets mais les vidéos étaient muettes !
  • la publication sur Facebook ou Twitter ne permettaient pas la visualisation des vidéos ajoutées ; il n’y avait que les commentaires qui apparaissaient…
  • Par défaut, un seul statut vidéo était visible : c’était le dernier enregistré. Impossible d’en sélectionner un en particulier !
  • Pour consulter les plus anciennes vidéos, il fallait remonter une par une, en cliquant sur une flèche à droite.
  • Enfin, on ne pouvait pas restreindre l’accès de certaines de ses vidéos à quelques personnes choisies. Tout était publique…
Mieux marketée et davantage développée, robo.to aurait sans doute figurée parmi (voire à la place) d’apps tels que Snap, Insta ou encore Périscope.

A l’heure des CV Vidéos, des plateformes de recrutement asynchrones et des outils visio comme Skype, Justin Timberlake a également compté parmi les premiers chasseurs de talents à utiliser la vidéo !

Il était effectivement en lice avec Usher pour produire Justin Bieber qui venait justement de buzzer grâce une cover de Cry Me A River en 2008.

Une démarche inédite il y a dix ans, quasiment banalisée aujourd’hui.

Un an plus tôt, Justin (le vrai, de son nom Timberlake donc 😄) avait repéré et signé sur son label Esmée Denters, une jeune néerlandaise qui produisait aussi des covers sur YouTube.

Un contrat faisant alors d’elle, à ce moment-là, la première artiste a passé directement d‘une chaîne YouTube à une étape commerciale importante.

Si son nom vous est inconnu, il y a une décennie, elle était pourtant l’une des chanteuses les plus suivies sur le web.

Esmée Denters a été la première artiste musicale à excéder la fameuse barre des 100 millions de vues sur YouTube.

Un argument de taille qui avait tapé dans l’œil (et qui était surtout remonté à l’oreille) de Justin qui l’invita très rapidement à assurer plusieurs premières parties de sa tournée mondiale “FutureSex/LoveShow”.

Convaincue par ses prestations, il sortira l’année suivante un morceau en duo avec elle à l’occasion du concert de charité dont il assurait l’animation.

Presque retombée dans l’anonymat, Esmée Denters participa à The Voice UK en 2015 où elle intégra l’équipe de Will I Am qui, une fois son siège retournée, l’avait reconnue.

Puis en mai 2009, il produira son premier album qui rencontrera un succès commercial très très mitigé …

Esmée quittera le label en 2012, continuera sa carrière dans son pays natal en indépendante sans retrouver l’immense popularité ni la reconnaissance dont elle avait bénéficié du temps de ses reprises amateurs sur YouTube.

Alors certes, JT dans ce recrutement n’aura pas récolté le succès escompté, mais il a le grand mérite d’expérimenter, idem pour son investissement dans la start-up robo.to, ou pour sa tentative de faire renaître Myspace car cela lui aura permis de stimuler sa créativité et de progresser aussi pour ses futurs projets.

Ce raisonnement n’est-il pas applicable pour les professionnels RH ? Oser, expérimenter, benchmarker, identifier des solutions innovantes qui, même si elles n’aboutissent pas toutes, permettront de trouver de nouvelles idées plus efficientes encore?
A méditer, non?

Justin, ou l’exemple d’un réfractaire au digital devenu pro des médias sociaux

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Et c’est peut-être ici, la partie la plus intéressante pour les membres d’équipes RH !

On a tous en nous quelque chose de Tennessee, comprenez ici que nous partageons pour beaucoup les paradoxes du natif de Memphis en ce qui concerne notre rapport aux médias sociaux.

Sean Parker déguisé en Justin Timberlake époque Boys Band pour Halloween en 2010

Durant de très longues années, Justin était très résistant pour ne pas dire sérieusement rétif aux réseaux sociaux.

Il ne le cachait d’ailleurs pas lorsqu’il était en promo pour “The Social Network” le film de David Fincher narrant la genèse de Facebook. Il expliquait qu’il ne possédait pas de compte personnel et qu’il n’aimait plutôt pas ça, ‘limite ronchon comme le vieil oncle qu’on a tous qui critique “Internet & les réseaux sociaux” à juste titre mais sans les “bons” arguments, faute de s’y être davantage intéressé autrement que par les “on dit, il parait, j’ai entendu à la télé que”et d’avoir navigué par lui-même.

A ce moment précis, il n’était pas à un paradoxe près, puisque pour rappel, il incarnait dans ce superbe film, le rôle de Sean Parker, le fondateur de Napster, le site de peer-to-peer pionnier qui a déconstruit l’industrie de la chanson. Un comble pour une superstar qui écoulait des millions de disques physiques avant cette révolution de la dématérialisation et du streaming !

En fait, c’est son retour sur le devant de la scène musicale qui marquera aussi son tournant digital.

Après presque 7 ans d’absence, il annonçait être “READY” sur YouTube. Dans la foulée, il lancera son compte Instagram, deviendra très rapidement l’un des comptes les plus suivis (comme sur Twitter & Facebook) et sera notamment l’un des principaux acteurs à l’origine du raz-de-marée provoqué par le challenge #LASIcebucket en faveur de la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique puisque d’autres personnalités suivront son exemple.

Un challenge que je ne trouvais pas à titre perso spécialement intelligent mais qui a permis de récolter des centaines de millions d’euros, ce qui est bien l’essentiel !

Il ira même jusqu’à réaliser un clip pour sa chanson “Not A Bad Thing” dans lequel il lance un avis de recherche pour retrouver un couple dont l’homme aurait fait sa demande en mariage 2 mois plus tôt dans un train pour Long Island (État de New York), avec évidemment le titre romantique en ambiance sonore.

Et là où c’était original, c’est qu’un hashtag avait été lancé pour récolter les témoignages de ceux qui auraient assisté à la scène.

…dans les faits, le clip date de mars 2014, et aucun couple correspondant à l’histoire racontée n’a depuis été retrouvé. Du moins aucun documentaire, comme il était annoncé, n’est sorti pour relater cette demande.

Couple fictif ou divorcée?… #mystere

Tous ces exemples prouvent en tous cas que Justin Timberlake, initialement résistant aux médias sociaux, a réussi à intégrer que c’était une condition sine qua none pour communiquer et exister dans ce nouveau monde qui ne cesse de s’ultra-connecter.

Pour le meilleur et le meilleur du pire, on est d’accord…

Pour mieux promouvoir son art et en particulier sa musique, il y relaie une image très soigné au sens propre comme au figuré.

Personnel et impersonnel à la fois, il y entretient un savant équilibre en distillant avec pertinence (et souvent auto-dérision) des contenus tantôt à visée publicitaire pour ses sponsors et partenariats, tantôt à dimension affective avec des photos BTS, des instants privés (avec parcimonie et pudeur, sûrement vacciné de son idylle adolescente surexposée avec Britney Spears…) et de nombreux hommages à des personnalités qu’il admire, respecte et qui l’ont influencé en tant qu’homme et professionnel.

#paytribute #humbleness #quandtonidoleestfanellememe #hashtagtroplong

Sauf que comme tout pro, il n’est pas infaillible, et il a eu l’amère opportunité de l’observer il y a quelques mois, bien malgré lui.

Il a en effet déchaîné les passions du “Black Twitter” au cours d’un regrettable Imbroglio après avoir tweeté se sentir “inspiré” par l’éloquent discours du très engagé Jesse Williams (connu pour incarner le docteur Jackson Avery dans la série “Grey’s Anatomy”) lors des BET Awards 2016.

Certains voyant dans cette publication une provocation, une ironie déplacée, une sorte d’acte manqué… 😔 #whereisthelove

Le fameux tweet laconique de Justin à l’origine de la polémique, suite auquel il a eu le malheur et la maladresse de répondre à l’un des commentaires véhéments qu’il avait suscité.

Que en retenir en tant que professionnel RH? 😁

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Célèbre mème qui refait surface chaque année fin avril sur tous les médias sociaux, jouant sur la ressemblance sonore du titre “It’s gonna be me” des ‘N Sync, le boys band auquel Justin appartenait entre 1995 et 2002.

C’est peut-être capillotracté, (avec une coupe pareille en même temps hein…) mais en vérité, l’exemple de Justin Timberlake m’inspire de nombreux conseils à appliquer pour les RH.

J’en dénombre au moins cinq à vrai dire !

1s’intéresser aux start-up, en rencontrer, s’intéresser à leurs travaux, pour ensuite les “cherry-picker”, les incuber s’il le faut ou s’en inspirer pour développer en interne des solutions proches et favoriser par la même occasion l’intrapreneuriat.

2Se tenir informé des tendances, repérer les influenceurs qu’ils soient déjà bien reconnus ou en puissance. Identifier les personnes, les sites et les événements (virtuels et/ou physiques) qui nourrissent les débats et attirent d’autres personnes avec les mêmes centres d’intérêts.

C’est la logique de “ l’aimant à talents aimant d’autres talents ”… idéal pour un sourcing de qualité !

3C’est aussi pour les professionnels RH, dans leur démarche GPEC, être en capacité de mieux appréhender les “soft skills”, de mieux détecter et comprendre les signaux faibles que sont les “à côté” de ses collaborateurs, l‘apport de leurs passions extra-pro, les compétences qu’ils développent par plaisir en dehors dans leur job (et qui sont par concomitance, à ne pas en douter, des leviers de motivation et d’innovation).

4Expérimenter, tester, prendre le risque de gagner ou d’apprendre, “Just DO IT” comme vous le hurlerait Shia Lebeouf

Par là, j’entends qu’il ne faut pas nécessairement attendre 330 ans qu’une solution fasse ses preuves pour se lancer dedans et finalement se rendre compte qu’on a de nouveau 5 trains de retards. Je crois, au contraire, qu’il est très intéressant d’expérimenter, d’oser être Lead User et/ou Early Adopters pour obtenir la primeur des retombées positives d’une innovation car ce sont des gains en attractivité pour les employeurs les + vifs et agiles dont ne jouiront pas ou dans une moindre mesure, ceux qui suivront le mouvement en décalé.

Pour illustrer avec du “concret ludique qui reste sérieux”, il ne faut pas par exemple se lancer dans un harlem shake en 2017 quand la mode est au #mannequinchallenge*, ou pire dans un lipdub qui était déjà d’une tristesse absolue il y a 10 ans, à moins d’en assumer très bien le côté profondément pathétique, alors là je respecte et dans certains cas, je dirai même que je kiffe ! #malaiseTV

*Petite parenthèse sur le mannequin challenge : pour l’avoir pas mal observé ces dernières semaines, c’est effectivement un excellent moyen de montrer les locaux de son entreprise et de donner un aperçu des différents métiers qui la compose, par contre !… c’est mon côté puriste et minutieux : “SVP STOP aux pauses fakes, improbables et ridicules”, ça décrédibilise et ringardise furieusement l’ensemble de la démarche.

5Etre présent et actif sur les médias sociaux, avoir une vraie politique dans cette discipline (= ne pas se contenter d’une présence stérile ou désincarnée, mais avoir au contraire une activité mûrement réfléchie… j’aurais l’occasion d’y revenir plus en longueur dans un prochain article)

6but not least, je vous dirais, qu’il ne faut pas, mais vraiment pas, comme le font Justin Timberlake et Jimmy Fallon, trop abuser des #hashtags.

#pasdemeilleureconclusion
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