Aux sources de votre Libido, le moteur de votre Transformation !

Avant l’été, j’avais échangé avec André de Châteauvieux sur le thème de la gestion des peurs dans un projet de transformation. Nous avions évoqué la peur d’un dirigeant face à l’inconnu du marché, celle des managers face à la complexité des projets qui leur est demandé de mener, et celle des équipes quand il s’agit de changer.

Très vite le détour qu’avait pris notre conversation nous avait menés sur une notion qui s’était avérée nouvelle pour moi : celle de la morbido. Nous avions le projet de nous revoir afin de poursuivre notre échange, cette fois en abordant le sujet de la libido comme moteur individuel et collectif d’une organisation qui se transforme.

Pour ce faire, nous nous sommes retrouvés à l’automne, dont les fruits nous ont offert ce qui suit.

Photo by Miguel Bruna on Unsplash

Je connais André depuis de nombreuses années, il fait partie de ces personnes qui ne changent pas malgré le temps qui passe. Son œil est vif, son esprit toujours en alerte. Profondément, André est un chercheur. Son professionnalisme est très grand et son humilité tout autant. Son analyse sur les gens et les organisations est toujours très fine, sa parole est délicate, élégante. Son fil instagram est de mes préférés ; en toute poésie, il y compose images, réflexions, pensées et sensations.

Afin d’évoquer ce sujet de la libido, André et moi nous sommes retrouvés un matin d’octobre, alors que son actualité était une série d’ateliers qu’il crée sur la question des erreurs intimes, personnelles ou professionnelles, au quotidien. Le lien avec l’amélioration continue dans les organisations est très fort, et du coup nous avons mêlé durant notre échange cette question de la libido comme moteur de transformation et celle de l’erreur comme source d’apprentissage.

Si la rencontre a pour moi été passionnante, elle fût aussi très surprenante, puisqu’après avoir longuement parlé d’erreur, donc, j’ai fait celle de rater l’enregistrement de notre conversation ! Il m’est de ce fait impossible de la retranscrire ici de la manière exacte dont elle s’est déroulée.

En conséquence, ce qui suit se veut une synthèse toute subjective de ce que j’ai retiré de cet échange. Je l’ai composée par touches impressionnistes des propos que nous avons tenus et qui m’ont le plus marquée, en regard du sujet qui m’intéresse : “l’excellence dans la transformation des entreprises”. Et parce que je crois en la puissance de la collaboration, j’ai demandé à André de relire et de retoucher cet écrit. C’est donc le résultat final de cette coopération que je partage ici.


Si Morbido est élan de mort, Libido est élan de vie.

La libido n’est pas qu’élan sexuel, elle est pulsion de reproduction. L’être humain a cela de différent des animaux, qu’il a transformé cet élan, à la base sexuel, en énergie créative, en pulsion à bâtir, à construire, à sublimer, c’est-à-dire transformer.

C’est cet élan qui nourri l’entrepreneur, le business man, mais aussi l’employé quand il cherche à “mieux faire”.

La libido s’exprime de manière inconsciente et dirige nos actes.

Et si l’inconscient n’a pas de but, très souvent, inlassablement, il mène l’individu à répéter certains schémas constitutifs de son histoire, même s’ils sont source d’erreurs et de pertes.

C’est pour cela que bien souvent nous nous retrouvons à travailler dans le même type d’environnement ; parfois nous nous lions toujours avec les mêmes types de personnes, même si elles peuvent nous sembler toxiques. (André parle ici des “ressorts cachés de nos désirs et de nos sabotages intimes”).

Si nos actes nous poussent à l’erreur, il est possible d’en comprendre l’élan qui en est la source

L’erreur est le symptôme d’un “bug”, c’est l’origine de ce bug qu’il est bon d’analyser, dans l’inconscient qui nous dirige. Si cela peut sembler proche du principe qui, pour les entreprises, et ce depuis des décennies, consiste à “étudier les causes racines d’un problème pour en éviter la reproduction”, peu d’entreprises savent tout autant chercher à déplier les faits tangibles d’un processus que décortiquer l’inconscient collectif qui, parfois, les pousse à l’erreur.

Il serait donc intéressant, dans les démarches de résolutions de problèmes, de chercher aussi de quel « élan inconscient » un problème est le symptôme.

La libido comme élan de vie s’exprime au niveau individuel mais aussi au niveau collectif.

Une entreprise, comme projet collectif, existe parce qu’à la base un entrepreneur, porté par cet “élan de création”, l’a mise sur les rails du marché sur lequel elle opère. Au fur et à mesure de sa croissance, c’est cette force qui continue de nourrir les équipes, combinant tout à la fois le “feu originel” et celui qu’amène chacun des nouveaux collaborateurs que l’entreprise accueille pour grandir.

Lorsqu’une équipe vise à clarifier les valeurs sur lesquelles elle repose, il serait intéressant de questionner également la caractéristique de ce “feu” inconscient qui la fait vivre et se développer. Il s’agit, en complément d’une analyse rationnelle de l’organisation, d’en mener aussi l’“analyse de la psyché”.

La libido n’est pas que élan de création, elle peut aussi prendre des formes destructives

Les pulsions de “vie” qui nous habitent ne sont pas que positives, elles peuvent parfois prendre des aspects qui nuisent aux autres. De ce fait, il faut oser dire que l’entreprise est aussi faite de valeurs “négatives”, une forme de pulsion destructive au fond.

L’exercice qui consiste à clarifier les valeurs d’une organisation ne doit pas se limiter à un angélisme de bonne famille.

C’est par une “libido composite” qu’une entreprise pourra accélérer son développement

Ce sont tant des forces endogènes que des forces exogènes qui poussent une entreprise à se transformer, à se développer. Partant de l’intérieur, l’élan vital sur lequel elle repose se tarira s’il ne provient que du seul inconscient du dirigeant. Si ce dernier ne fait que se cloner lorsqu’il agrandit son organisation, il n’apportera aucun renouveau à son organisation. Or, sans renouveau, par seul clonage, un organisme meurt.

Le dirigeant doit s’entourer de forces vives qui, par leur multiplicité, forment un “inconscient collectif” solide et complet, apte à s’approprier toute la complexité du monde, et à agir envers lui de manière large et différenciée.



Il n’est de vie sans métamorphose. Tout est transformation. Les entreprises en ont conscience et même si le mot « transformation » est à la mode nous savons tous que ce qui ne change pas est voué à disparaître. Chaque entreprise y va de sa stratégie de transformation mais beaucoup de ces stratégies pêchent, par défaut d’exécution. Avec Merakin, vous avez la solution pour réussir ; nous vous guidons vers l’Excellence de vos Projets de Transformation.


J’ai retranscrit cette conversation en écoutant Plastic Machinery. N’hésitez pas à réagir, j’adore refaire le monde avec des gens passionnés !