“Socio Perceptifs” ? Ils sont clé pour votre transformation !

A ceux qui lui demandaient comment progresser en piano, Brahms répondait “Que Bach soit ton pain quotidien”. De manière similaire j’aime, en matière de management, revenir régulièrement sur quelques uns de mes grands classiques. Cet été j’ai, sur le thème de la transformation des entreprises, relu Alain de Vulpian, dont les écrits, les paroles et le regard qu’il porte sur le monde m’ont beaucoup apporté tout au long de ces dernières années. Alors aujourd’hui, plutôt que d’écrire un article par moi-même, j’ai souhaité revenir sur l’une des notions qu’il m’a inculquées : “il existe au sein de toute communauté une catégorie bien particulière de personnes, les “socio-perceptifs”, qui sont clés dans toute métamorphose”. Je partage ici cette notion, par un simple patchwork de textes déjà composés par Alain ou par ceux qui, tout comme moi, ont eu la chance de le rencontrer. Avec l’impression, comme au piano, de revenir à Bach, encore et toujours, et ce pour le bienfait de ma pratique.

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“Sociologue de vocation et expert dans l’art de l’anticipation, observateur chevronné des signaux faibles et des tendances en devenir, Alain de Vulpian décrypte, depuis plus de 60 ans, la société en marche et les révolution discrètes qui — du libéralisme sexuel à l’individualisme, en passant par le communautarisme… — permettent de comprendre cette chose “d’une ampleur considérable” qu’il appelle la modernité et qui, en marche depuis les années 30, révolutionne progressivement comportements et sensibilités jusqu’à aboutir à la société actuelle.”

Sociologue, donc, Alain de Vulpian est aussi entrepreneur, grand penseur, excellent écrivain.

“Comment faire en sorte que nos sociétés ne gâchent pas les opportunités qui s’offrent à elles et ne prennent pas de trop mauvaises bifurcations ? Telle est la question qui l’anime, tout au long d’un parcours qui l’aura mené de Sciences Po à la direction de la COFREMCA, en 1959, puis au Club Jean Moulin ou encore au Club des Vigilants ou bien SOL France. Inspirés par la socio-psychologie et l’anthropologie, Alain de Vulpian et ses collaborateurs inventeront une véritable ethnologie du changement, à la fois témoins et acteurs de l’irruption de la modernité dans les sociétés occidentales contemporaines.”

Ses écrits sont nombreux, qu’il s’agisse de livres, d’articles, ou de textes de discours qu’il a prononcés. En 2004 il publie “A l’écoute des gens ordinaires : comment ils transforment le monde”. En 2016 il formule une synthèse de toutes ses années d’étude et d’observation dans l’ouvrage “Eloge de la Métamorphose — prendre soin de notre humanité”, où il partage aussi ses vœux les plus chers pour la réalisation de notre futur.

Il a ainsi eu l’occasion de passer tant de messages qu’il serait difficile ici, dans une simple et modeste entrée de blog, d’en faire la synthèse. Une des idées clés que je retiens de lui est que ce sont les entreprises qui doivent mener le changement du monde.

“Les entreprises hâteront la sortie de crise et se porteront d’autant mieux qu’elles contribueront plus activement à l’émergence d’un nouveau capitalisme qui sera en synergie avec la société et la planète.”

Il voit une métamorphose humaniste se déployer lentement depuis le siècle passé, et fait trois hypothèses qui tranchent avec le pessimisme ambiant :

  1. L’humanité est entraînée dans un processus de métamorphose radicale qui pourrait déboucher sur une phase plus adulte et plus harmonieuse de son développement ;
  2. L’Europe est à la pointe de cette évolution et pourrait, si elle se pilote de façon avisée, hâter son accouchement pour que la planète relève sans trop de casse les défis écologiques et géopolitiques auxquels elle est confrontée ;
  3. Cet optimisme est en partie lié au fait que nous sommes de plus en plus nombreux à tirer un meilleur parti des potentiels de notre cerveau.

C’est aussi lui qui m’a appris la notion de socio-perceptif, mot qu’il a choisi pour nommer cette catégories de personnes qui, dans les entreprises, sont capables de “voir” le monde dans lequel l’entreprise évolue, le système dans lequel elle interagit, et de “sentir” les mutations de pratiques, de codes, de rites, auxquels elle fait face. Alain de Vulpian m’a notamment aidée à comprendre combien il est important de prêter attention à cette catégorie de personnes, d’écouter la traduction qu’elles font des signaux faibles que l’on a parfois du mal à ressentir. Cela est bien sûr fondamental pour anticiper les transformations que l’entreprise doit engager, et pour ensuite les mener au mieux du sens du vent.

“Des millions d’Occidentaux ont, dans leur vie quotidienne, au cours du dernier demi siècle, réveillé leur empathie et cultivé leur intuition interpersonnelle et sociale. Ils sont devenus des socio-perceptifs intuitifs assez habiles.
Des pères de famille, des gens ordinaires, des leaders, des innovateurs, des agents de changement dans les entreprises ont appris sur le tas à sentir les dynamiques qui sous-tendent le cours des choses et à intervenir pour les influencer.
Les entreprises, les administrations, les gouvernements et les Etats peuvent s’organiser pour tirer partie de cette opportunité.”
“La clé du développement, c’est l’autonomie, la liberté de la personne. Celle-ci a développé la perception de ses sensations et de ses émotions. En 1950, elle avait du mal à exprimer ses émotions ; depuis elle a su entrer au contact de ses émotions. Elle perçoit son cheminement mental et ainsi se libère. Simultanément, elle devient plus intuitive, plus socio-perceptive, plus empathique. Les hommes du XVIIIe siècle avaient moins d’empathie que nous. Aujourd’hui nous sentons que le vivant est système et nous avons l’intuition des systèmes dans lesquels nous sommes entraînés. Nous devenons une personne au fur et à mesure que nous interagissons. Vous et moi nous grandissons ensemble.”

Un jour, peut-être, j’écrirai par moi-même un article sur Alain de Vulpian, sur les circonstances de notre rencontre, sur la qualité de chacune des interactions que j’ai eu la chance d’avoir avec lui, et sur la flamme qui brille dans ses yeux.

En attendant, je me contente de souvent relire ses écrits, et de citer ceux qui l’ont connu, ainsi que je l’ai fait aujourd’hui en retranscrivant, simplement, dans ce patchwork tout subjectif, les sources suivantes :



Il n’est de vie sans métamorphose. Tout est transformation. Les entreprises en ont conscience et même si le mot « transformation » est à la mode nous savons tous que ce qui ne change pas est voué à disparaître. Chaque entreprise y va de sa stratégie de transformation mais beaucoup de ces stratégies pêchent, par défaut d’exécution. Avec Merakin, vous avez la solution pour réussir ; nous vous guidons vers l’Excellence de vos Projets de Transformation.


J’ai écrit cet article en écoutant When The Levee Breaks. N’hésitez pas à réagir, j’adore refaire le monde avec des gens passionnés !