La source


Le livre de la jungle de Disney, “il en faut peu pour être heureux”.
Je crois qu’enfant, je vivais cette maxime corps et âme.
Je crois que tout enfant la vit, aussi simplement que çà.
Quand j’étais enfant, je me reconnaissais en trois figures typiques,
celles ci plus que toutes les autres … Peter pan, Moogli et Nagawika.
Je me sentais être ces enfants là, pas que je voulais leur ressembler,
ce n’était pas de l’ordre du mimétisme mais du simple ressenti.
Peter pan, c’était pour m’envoler, je savais que je n’avais pas besoin d’ailes, que je n’en aurais jamais besoin. Je savais que je n’avais qu’à fermer les yeux et invoquer ma fée clochette pour m’envoler jusqu’au pays imaginaire. Moogli, c’était face à ce sentiment qui depuis toujours m’habite, celui d’être étranger à ce monde, d’être dans une jungle dont je ne suis pas originaire. Malgré mes parents, malgré mes amis et ce n’est pas que je n’aime pas mes parents ou mes amis. J’ai toujours considéré mes parents comme mes parents, mais pas comme les seuls, je me suis toujours vu comme un enfant du monde, de l’univers, un enfant des étoiles.
Alors oui, mon père et ma mère représentent l’union et l’amour nécessaires à mon incarnation physique. Un amour et une union indiscutable,
si forte qu’elle en devient magique, qu’elle invoque des sortilèges capables de donner la vie. On peut tout à fait rebondir sur cette idée en répondant qu’une naissance suite à un viol n’est pas amour, qu’un mariage arrangé qui donne des enfants n’est pas union. Mais on ne peut enlever qu’un enfant, en naissant, est amour. Aussi, j’ai toujours considéré que mes parents d’ici étaient mes parents physique et mentaux, qu’ils m’aimaient et que je les aimais, mais que nous avions, eux comme moi, comme nous tous en ce bas monde, des parents spirituels là haut dans les étoiles. Bien sur, ce n’est qu’une métaphore, ce ne sont que mots, mais ça n’a pas d’importance.
C’est la métaphore qui est importante, non pas les mots qui servent à définir la métaphore. Ces mots là il y en a de trop, tellement qu’ils se contredisent les uns les autres et qu’ils poussent les hommes à se méprendre sur le sens premier de la métaphore, à se disputer et se haïr pour avoir raison, à s’entre-tuer pour affirmer sa propre vérité.
Enfin, Nagawika, simplement parceque j’ai toujours été un amérindien. Peut être pas de corps, peut être pas de naissance ou en tout cas pas de ma naissance actuelle. J’ai toujours vu, appréhendé et compris les choses avec la conscience de leurs singularités. Avec la conscience que tout “est”, que tout “vit”, que tout “meurt” et que tout mérite d’être, de vivre et de mourir. Je me suis toujours senti proche des êtres et des choses, j’ai toujours eu besoin de les respecter eux et ce qu’ils sont. Et je parle de leurs essences, de ce qu’ils sont d’authentique, de vrai, de leur “esprits”. Esprits que chaque choses et êtres possèdent. C’est ce qui les rends égaux, peut être pas d’intelligence, peut être pas de force, peut être pas face aux aléas de la vie, mais égaux d’esprits, égaux “d’âmes”. Égaux dans ce sens que toute chose et tout être, mérite d’affirmer ce qu’il est et d’être respecté pour cette authenticité. Je me suis aussi toujours considéré comme un guerrier, non pas le guerrier qui se bat avec l’autre pour le dominer, mais le guerrier qui se bat avec lui même pour le dompter. Ce fut d’ailleurs très difficile de me battre avec moi même, j’ai gagné des batailles sans jamais gagner la guerre, mais je crois qu’est justement là toute la question. Doit il y avoir un moi perdant et un moi gagnant ? Peut on être plein, épanoui et heureux,
en reniant une certaine part de soi-même ? Non, assurément non.
Pour ma part, j’ai trouvé un entre-deux qui me comble. Cet entre-deux, c’est de m’appartenir, de me dompter comme le fait le guerrier de mon âme. Ce n’est pas chose aisée, ce n’est pas tout les jours gagné et si ça l’était, il n’y aurait aucun intérêt à se dompter soi-même et à s’épanouir.
La chance, ce n’est pas pour l’âme, rien n’est acquit dans les royaumes de soi et c’est là toute la question. S’appartenir, se dompter et s’épanouir,
c’est un choix. C’est un comportement qu’on décide d’adopter, auquel on se tient avec rigueur et volonté. Bien sur certains jours je suis moins rigoureux que d’autres, mais depuis ce moment, celui ou j’ai décidé de faire le premier pas sur le chemin de l’épanouissement, depuis ce jour là j’ai découvert qu’avant, j’étais dompté par moi même, plutôt que dompteur de moi même. J’ai découvert qu’en faisant ce pas, j’étais devenu un guerrier,
le guerrier de mon âme, l’esprit guerrier de mon être, celui qui se bat pour affirmer ce qu’il est. J’ai découvert ce que voulait dire “être un guerrier”.
Il m’a fallut beaucoup de courage pour faire ce pas, le courage nécessaire au guerrier pour s’avancer sur le champ de bataille face à l’angoisse qui paralyse, face à la peur qui serre les tripes dans un étaux, qui fait couler du béton dans l’estomac et nous empêche d’avancer, trop alourdi par ces poids. Comme un guerrier j’ai hurlé, un cri du tréfonds de mon âme, un cri qui disait “Je veux. Je fais. Je suis”. Un cri décidé, un cri que rien ni personne ne pouvait faire taire. Ce cri, c’est ma force, directement tiré de
la source de moi. Cette source vraie et authentique que rien ni personne
ne pourra jamais tarir, nous l’avons tous là au plus profond de nous.
Cette source, nous la remplissons de choses qui font ce que nous sommes et nous pouvons y boire, nous y ressourcer quand bon nous semble à condition de vouloir la trouver, de vouloir la posséder, de vouloir se posséder, d’avoir la force et le courage de le faire avec volonté,
sans douter de soi, de l’authenticité de soi, du droit, du devoir que nous avons d’être et de s’épanouir en naissant en ce monde. Cette source,
c’est la source de mon bonheur et j’y bois, aussi simplement que le faisait l’enfant que j’étais il y’a des années.
“il en faut peu pour être heureux. Vraiment très peu pour être heureux”

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