Kansas City, porte de l’Ouest

Kansas City, au confluent des rivières Kansas et Missouri, est la dernière métropole avant le Far West et ses étendues mythiques et désertes.

Elle est l’archétype de la métropole des grandes plaines. Ce n’est vraiment pas le genre de ville unique en son genre. Son rayonnement ne dépasse guère sa zone du Midwest. Posée au coeur des Etats-Unis, au milieu d’un secteur très agricole, elle fait le job de métropole régionale rayonnant sur les états du Missouri et du Kansas. Car oui, étonnant, mais Kansas City se situe dans l’état du Missouri. Ou plutôt devrais-je dire le coeur de Kansas City car il y a aussi un Kansas City dans l’état du Kansas. Et cette ville est située juste sur l’autre rive des rivières Missouri et Kansas, en face de sa jumelle à l’ouest.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal, c’est spécial. Allez voir une carte et vous comprendrez tout de suite.

Qui dit progression vers l’Ouest, dit création de la ville tardive. Les premiers Européens à avoir foulé son sol sont comme à Saint Louis des Français. Mais ce n’est que vers 1831, avec un groupe Mormons, 30 ans après l’acquisition de la Louisiane par les Américains, que le site a accueilli ses vrais premiers habitants. La ville fut incorporée en 1851 et tira son nom du territoire du Kansas, dont une partie deviendra ensuite l’état du Kansas, nommé selon le nom d’une tribu indienne de la région, les Kansa.

En 1853, la ville n’avait que 2500 habitants mais sa position stratégique, au confluent du Kansas et du Missouri, et sur les principales routes de la conquête de l’Ouest, en fit un point de passage important, notamment avec l’arrivée du train dans sa route vers l’Ouest.

Difficile ensuite de dire quel secteur économique a propulsé la ville comme métropole, mais elle a tout simplement profité de la période d’immigration européenne massive entre 1850 et 1950 en grossissant de manière constante. Sa position géographique jouant le rôle de centre administratif (administrations fédérales), universitaire et d’accueil des entreprises agricoles dont la large région autour a besoin, a probablement été déterminante dans son développement.

Je considère Kansas City comme une porte du Far West car ensuite à l’ouest, jusqu’aux rocheuses et Denver, il n’y a plus rien. Plus rien que des cultures puis des prairies à perte de vue. Plus de grande ville, peu de villages, et beaucoup de vent.

Kansas City n’a donc rien pour être exceptionnelle, ni une histoire riche, ni de marques ou de célébrités emblématiques, ni une géographie remarquable. La ville est pourtant bâtie sur des collines dominant le confluent, mais elles sont presque invisibles sous le quadrillage des rues et les gratte-ciels. Je m’attendais donc à une ville lambda sous tous les points de vue. Une métropole paumée, rance, symbolisant une Amérique urbaine profonde bien loin de tout.

Et pourtant, j’ai été surpris.

La ville a initié comme les autres son virage de “retour vers le Downtown”. Et elle n’est pas en retard. Un tramway parcourt le centre du nord au sud, du quartier River Market, nouvellement embourgeoisé et aux nombreux chantiers d’appartements chics, jusqu’à l’ancienne Union Station, transformée entre en cité de la Science. Elle dessert au passage des micro brasseries et autres endroits branchés pour sortir. A écouter les passants, les gens s’arrachent les nouveaux appartements huppés et hors de prix en construction en plein Downtown.

Kansas City n’est donc clairement pas rance. Elle n’est peut-être pas très attirante mais elle semble avoir enclenché la dynamique à l’oeuvre en ce début de 21ème dans la plupart des métropoles d’Occident. Nul doute que ses habitants y trouvent une certaine qualité malgré ses apparences de métropole tout droit sortie des années 70 au premier abord.


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