Mon Oeil !
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Bienvenue sur Terre — Crée ton année neutre en carbone

Cet article présente une infographie qui permet de visualiser et de comparer l’empreinte carbone de différentes actions. Le reste de l’article donne des détails pour chacune de ces actions et propose quelques réflexions autour de ces chiffres.

Avant propos — Ce n’est pas (seulement) un jeu !

Une menace sur la pérennité de l’humanité ne devrait pas être un détail pour l’humain !

Evidemment il est très peu probable que l’humanité entière disparaisse mais il est certain qu’en continuant sur la voie actuelle, le réchauffement climatique, la pollution, la chute de la biodiversité, l’épuisement des ressources minières et énergétiques nous entraînent dans les décennies à venir vers une détérioration considérable des conditions de vie humaines.
Famines, maladies, migrations climatiques, sécheresses, guerres, événements météorologiques extrêmes, violences, oppressions, détériorations des systèmes de santé …

Doit-on s’y résigner au nom d’un mode de vie que la grande majorité de la population rejette ?
La surconsommation, le gaspillage, l’avidité, l’individualisme sont des comportements qui découlent naturellement de notre héritage génétique et culturel. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous les rejetons mais nous les entretenons par une tragique inertie sociale, cognitive, politique, intellectuelle.

Nous sommes les victimes et les protecteurs de ce système au nom d’un funeste statu quo. Pouvons-nous aussi en devenir les bourreaux et s’offrir un mode de vie plus juste et plus simple en prenant conscience et en dépassant nos prédispositions naturelles qui soutiennent le système actuel ? Je l’espère.

Je crois aussi qu’il est vain d’attendre un changement extérieur. Les structures qui fondent et entretiennent le système actuel reposent sur nos consentements et nos comportements.
En changeant individuellement, notre entourage sera enclin à changer puis l’entourage de notre entourage… jusqu’à un changement d’une part substantielle de la société qui pourrait induire un changement du système dans ses fondements et sa gouvernance.

Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons pas d’abord corrigé en nous — Etty Hillesum

Finalement, changer et faire changer passe par des outils concrets qui permettent de transmettre simplement, efficacement, bienveillamment une information qui n’est pas facile d’accès. La pédagogie est un instrument essentiel pour s’émanciper de nos conditionnements. C’est de là que naît l’infographie présentée dans cet article. Ce n’est évidemment qu’un outil qui a ses défauts (je les présente plus loin) mais il a, je crois, l’avantage d’être simple et de correctement refléter les ordres de grandeurs que nous devrions avoir en tête.

Les détails présentés ci-après n’ont pas vocation à être lus linéairement. C’est plutôt un recueil d’informations et de sources pour répondre à vos questions sur l’infographie. N’hésitez pas à utiliser l’outil recherche de votre navigateur pour trouver l’information sur la partie qui vous intéresse.

N’hésitez pas à ré-utiliser cette infographie, si possible accompagnée de cet article explicatif, et soyez le maillon d’une chaîne vertueuse !

Méthodologie

Le sujet étant complexe et largement multifactoriel, une simple infographie résumant la situation est nécessairement incomplète et certains choix sont arbitraires. Cette méthode et ces choix sont détaillés ici.

Quel est le budget pour l’année ?
Idéalement, il faudrait que chacun ait un mode de vie qui émet deux tonnes équivalent CO2 (plus loin noté C02e) par an. Ce sont les objectifs des accords de Paris et c’est le chiffre le plus souvent utilisé dans les analyses¹.
Pour comparaison, à l’heure actuelle un français émet en moyenne environ onze tonnes de CO2e par an. Il faut donc diviser par six nos émissions.
Il peut paraître surprenant de parler de neutralité carbone en émettant 2 Tonnes de CO2e. Ce chiffre vient du fait qu’une partie du carbone émis est réabsorbé (végétation, sol, océan, …). En favorisant au mieux cette réabsorption, elle s’élèvera à 2 Tonnes de CO2e par personne. C’est donc ce que l’on peut émettre en garantissant la neutralité carbone.

Prise en compte du changement systémique
Cependant, se contenter de ce calcul, comme on le fait parfois, serait un petit peu fallacieux car il considère que tout l’effort de réduction carbone est à la charge de l’individu. Ce n’est pas le cas : cet objectif de deux tonnes n’est pas entièrement du ressort des individus et une part considérable vient du changement du système notamment dans la transformation de l’industrie, du transport et de la production d’énergie….

Pour prendre en compte la part du système, on s’appuie sur le rapport de Carbone 4 “Faire sa part” qui propose un scénario pour atteindre l’objectif de 2 Tonnes en distinguant les contributions individuelles et les contributions du système pour différentes catégories.

Scénario de répartition des efforts (individuel et système) proposé par le rapport “Faire sa part” de Carbone 4

Pour prendre en compte la partie du système, on considère que le tarif de chaque action est réduit de la part que devrait combler le système.
La part prise en charge par le changement du système pour chaque catégorie est précisée ci-dessous :
- Alimentation : 5%
- Transport : 31%
- Biens et services : 48%
- Logement : 45%
- Service public : 70%
Le calcul est le suivant : Réduction_système / Empreinte_initiale
(par ex. pour le transport : 0,9/2,9)

Exemple
Imaginons une action transport qui représente une émission de 200kg de CO2e. Le rapport note que la contribution du système correspond à 31%. Après modification du système cette action ne représentera donc plus qu’une émission de 138kg (200*69%). C’est ce chiffre que l’on considère. Comparé au budget de 2 Tonnes, cela représente donc 6,9 points.

Les limites de cette méthodologie sont discutées dans la partie Limites.
Précisons tout de même, que la part du système n’est pas gagnée d’avance et qu’elle dépend des choix politiques et de la prise de conscience de l’urgence par nos dirigeants. In fine, cette part est directement influencée par nos actions citoyennes (vote, action publique, plaidoyer, …)

Détails

Cette partie détaille les points importants pour chaque action présentée dans l’infographie. Le calcul, la ou les sources, les autres valeurs disponibles et éventuellement des précisions supplémentaires comme les autres impacts environnementaux de cette action (au delà du simple impact carbone).
Les actions sont listées par catégorie comme dans l’infographie et pour chacune d’entre elles la quantité de CO2e et le nombre de points (après ajustement) sont précisés entre parenthèse.

Transport

Avion
Après avoir testé plusieurs calculateurs (future eco, ademe, climat mundi, myclimate) celui de myclimate donnait les résultats les plus proches de la médiane. C’est donc les résultats ce calculateur qui ont été choisis. Les résultats des autres calculateurs sont précisés à chaque fois. On considère ici des vols aller-retours.

  • Vol national (341kg |11,8pts)
    Il s’agit du vol Paris-Nice (675km) qui est la liaison aérienne la plus fréquentée de France.
    Future eco donne 375kg, Ademe donne 310kg et Climat Mundi donne 330kg.
  • Vol européen (543kg | 18,7pts)
    Il s’agit du vol Paris-Lisbonne (1438km), le Portugal étant une des destination européenne les plus demandées.
    Future eco donne 719kg, Ademe donne 517kg et Climat Mundi donne 710kg.
  • Vo international (1900kg | 65,5pts)
    Il s’agit du vol Paris-New York (5834km).
    Future eco donne 2200kg, Ademe donne 1750kg et Climat Mundi donne 2470kg.

Prendre l’avion est une des actions les plus néfastes et l’arrêter semble être le premier pas de prise de conscience climatique (et non un comportement extrême comme on pourrait le croire). Et si vous trouvez que ces chiffres sont déjà énormes, vous pouvez les multiplier par 2 et par 3 respectivement pour la classe affaire et la première classe.
Les problèmes liés à l’avion ne s’arrêtent pas à son empreinte carbone et sont plus largement détaillés dans les deux articles ci-dessous.

Train
Les valeurs retenues viennent directement de la SNCF. Ce qui pose des questions de neutralité et d’objectivité. Cependant les valeurs avancées correspondent bien à ce qui peut-être trouvé par ailleurs.

  • 1000km en TGV (2kg | 0,07pt)
    Ceci correspond à peu près à un aller-retour en France (la distance moyenne d’un usager en TGV étant de 442km). Le chiffre peut paraître très bas, mais il correspond bien à 2g de Co2e par kilomètre et par usager. Environ 150 fois moins qu’en avion.
  • 100km en TER (2,4kg | 0,08pt)
    Un TER a un impact 10 fois plus grand au kilomètre qu’un TGV (avec 24g de CO2e). Mais les trajets en TER sont souvent bien plus courts (50km en moyenne) et correspondent à un aller-retour régional.
  • 1h par jour RER (55kg | 1,9pt)
    On compte ici une 1h de transport par jour travaillé (donc environ 220 par an). Avec une vitesse moyenne de 50km/h, c’est donc 50km par jour et donc 11000km par an. Avec une empreinte carbone assez faible au kilomètre (5g CO2e), on obtient donc 55kg de CO2e à la fin de l’année.
    Les valeurs sont sensiblement les mêmes pour les Intercités ou le Transilien.

Pensez à faire le calcul avec vos propres trajets. Si vous prenez 45 minutes de RER par jour et 5000km de TGV par an vous obtenez :
(45/60 *1,9) + (5 * 0,07) = 1,77 points.
Attention ces valeurs très intéressantes pour le train ne sont pas forcément valides à l’étranger. En France, l’électricité qui fait avancer les trains vient principalement (pour les trois quart environ) de l’énergie nucléaire.
En Allemagne par exemple, l’électricité des trains vient principalement du charbon ce qui donne un bilan bien plus négatif..

Voiture
Les chiffres disponibles varient sensiblement pour (au moins) deux raisons : 1: le poids du véhicule. La consommation étant proportionnelle au poids, l’impact carbone d’une Twingo (800kg) et celle d’un SUV (jusqu’à 2000kg) peut varier du simple au double pour un même carburant.
2 : Comme pour le train, la source de l’énergie électrique joue un rôle très important. En France, la part du nucléaire permet de baisser l’empreinte carbone, mais ce n’est pas le cas partout.
Les valeurs retenues sont celles proposées par l’Ademe.
J’ai choisi 20km/jour comme référence. Ce qui correspond à 7300km annuel. Pensez à multiplier ou a diviser les points suivant votre propre cas.

  • 20km/jour en voiture thermique (1387kg | 47,8pts)
    Le site de l’Ademe ne fait pas la distinction entre essence et diesel (190gCO2e par kilomètre), ce qui se confirme sur d’autres sources où la différence est mineure et pas toujours dans le même sens..
    En choisissant 7,31L/100km et 6,07L/100km respectivement pour l’essence et le diesel (moyenne française en 2017), MyClimate donne 2100kg pour l’essence et pour le diesel, Climat Mundi donne respectivement 1740kg et 1580kg et Future Eco donne 1500kg et 1800kg.
    Notons que si l’empreinte carbone est sensiblement la même, le diesel pollue plus que l’essence en émettant des particules fines. Bien que cette différence semblerait diminuer (voire s’inverser) avec les véhicules neufs.
  • 20km/jour en voiture hybride (1175kg | 40,5pts)
    Je m’appuie là sur les chiffres de l’Ademe qui donnent 161gCO2e au kilomètre et qui sont les seuls chiffres exploitables trouvés.
  • 20km/jour en voiture électrique (146kg | 5pts)
    Les chiffres de l’Ademe donnent 20gCO2e au kilomètre. On retrouve ici une valeur inférieure à 20g et la comparaison avec d’autres pays ayant un mix énergétique différent.
    Cependant ces chiffres prometteurs pour la voiture électrique sont à prendre avec précaution. Notamment parce que sa fabrication et son recyclage sont également très gourmands en carbone.
    Dans de nombreux cas, il vaut mieux garder une vieille voiture thermique et adapter son usage (réduction, covoiturage) que de changer pour une voiture électrique certes moins polluante mais dont la production aura un coût carbone énorme (voir la partie Achats).
    Enfin le besoin d’extraire des ressources minières (notamment du lithium) pose des problèmes sociaux et environnementaux.

N’oubliez pas également de diviser les points par le nombre de passagers. Le calcul n’est pas tout à fait exact mais il donne un bon ordre de grandeur. Par exemple 20km/jour à 3 dans une voiture thermique ne représente plus que 15,9 points.

Transport en commun
Ils sont souvent préconisés comme solution écologique, et si c’est bien le cas, il existe une différence importante entre le bus d’un côté et le métro/tram de l’autre. À nouveau, on compte ici une heure de transport par jour travaillé (donc environ 220 par an).

  • 20km/jour en bus (506kg | 17,4pts)
    L’impact au kilomètre varie suivant les sources : 70g (Deljin); 95,4g (RATP); 96,6g (transilien); 101g (carbonfootprint); 130g (consoglobe) et 166g (Ademe). On choisi donc une valeur médiane de 115g de CO2e par kilomètre. Pour 20km par jour pendant 220 jours, on obtient 506kg de CO2e par an.
    Remarquons que si l’on considère un bus électrique ou un bus à hydrogène de plus en plus commun dans les villes, cette valeur n’est plus valable et il faudrait probablement la réduire considérablement. En reprenant l’écart entre voiture thermique et voiture électrique qui reste certainement valable, pour un bus électrique il faut réduire l’empreinte de presque 90%.
  • 20km/jour en tram ou métro (17,6kg | 0,2pt)
    L’impact au kilomètre des différentes sources : 6,63g sans distinction entre tram et métro (Ademe); 3,1g pour le tram et 3,8g métro (RATP); 3g pour le tram et 3,4g pour le métro (transilien); 2,66g pour le tram et 3,26 pour le métro (consoglobe); 2,99 pour le tram et 2,75 pour le métro métro (carbonfootprint).
    Le chiffre de 4g au kilomètre semble être un compromis raisonnable pour les deux transports.
    Si vous connaissez mieux le temps que la distance de votre parcours, notez qu’un tram a une vitesse moyenne de 20km/h et qu’un métro a une vitesse moyenne de 40km/h.

Alimentation

La volonté d’avoir une infographie simple implique de présenter les impacts carbone par régime plutôt que directement par aliment.
Ce que l’on perd en précision, on le gagne en simplicité. Il semble cependant que c’est un bon compromis qui permet d’avoir des ordres de grandeur corrects en tête. C’est le choix fait également par le calculateur de l’Ademe qui est la principale source ici.
Précisons que la distance parcourue par nos aliments et la quantité d’emballages plastique influence en réalité assez peu l’impact carbone. Le livre “How Bad Are Bananas ?” qui est une des sources de cet article, tire justement son titre du fait que les bananes ne sont pas si mauvaises que ça pour la planète. Bien au contraire, même venant de l’autre bout du monde elles ont une empreinte carbone très faible. La vidéo “Manger local est-il si bon pour la planète ?” de Léo Grasset revient aussi sur ce point assez contre-intuitif.
Cependant favoriser les aliments locaux présente d’autres intérêts comme le développement de la résilience à petite échelle.
Nous traitons ici le problème suivant un seul paramètre (l’impact carbone) mais n’oublions pas que c’est un sujet largement multifactoriel. En complément, vous pouvez jeter un coup d’œil à mon article “Faut-il (vraiment vraiment) arrêter la viande ?” qui revient sur les nombreux aspects de la consommation de viande (impact carbone, santé, emploi, condition animale, spécisme,…) et comment les comparer.

Repas
Pensez à compter deux repas par jour et à prendre des fractions pour compter des repas moins fréquents.
Par exemple si chaque semaine vous mangez 5 repas végétaliens, 5 repas végétariens et 4 repas avec de la viande peu carbonée, vous faites le calcul suivant :
(6,7 * 5/7) + (8,8 * 5/7) + (23,3 * 4/7) = 24,4
Un exemple de menu est donné dans les liens de l’Ademe pour chaque régime.

  • 1 repas/jour végétalien (142kg | 6,7pts)
    Un régime végétalien exclut tout produit d’origine animale (viande, fromage, œuf, produit laitier, …). L’Ademe donne une valeur de 390g par repas végétalien en considérant que les produits consommés sont de saison.
  • 1 repas/jour végétarien (185,6kg | 8,8pts)
    Un régime végétarien exclut les chaires animales (viande et poisson). L’Ademe compte 510g par repas végétarien en considérant également une consommation réduite de fromage.
  • 1 repas/jour viande peu carbonée (491,4 | 23,3 pts)
    Il y a une différence très grande entre les viandes blanches (poulet, porc) et les viandes rouges (bœuf, veau, mouton) notamment à cause de la fermentation entérique (rejet de méthane via les rots des ruminants). Par kilogramme de viande, l’émission de CO2e peut varier de 5kg (poulet) à 35kg (bœuf).
    Pour un repas avec du poulet ou du porc, l’Ademe donne donc 1,35kg de CO2e émis.
  • 1 repas/jour viande fortement carbonée (2289,6kg | 108,8pts)
    Pour un repas avec du bœuf, du veau, du mouton ou de l’agneau, l’Ademe donne donc 6,29kg de CO2e émis.
    Avec 108,8 points, c’est une des actions les plus émettrices de l’infographie et une des seules qui est mathématiquement impossible à faire rentrer dans le budget.
  • 1 Petit déjeuner/jour (127,75kg | 6,1pts)
    L’Ademe propose deux types de petit-déjeuner différents : le premier à la française avec tartine, viennoiserie et jus de fruits émet 370g de CO2e. Le second, lait/céréales émet 330g de CO2e.
    Compte tenu de ces valeurs proches, on considère un unique choix en prenant la valeur moyenne (350g CO2e).

Une étude britannique propose des chiffres un peu différent (les chiffres de l’étude sont ramenés au nombre de Kcal des menus de l’Ademe pour être comparés) :
1121g par repas végétalien, 1478g par repas végétarien et 2690g par repas avec de la viande (sans distinction)
Pour la viande, les ordres de grandeurs sont cohérents. Pour les régimes végétarien et végétalien il y a presque un rapport de trois entre les deux sources. Cette différence peut venir de deux points : 1) l’étude anglaise est… anglaise et les modes de consommation peuvent différer de la France, 2) l’étude anglaise est observationnelle, c’est à dire qu’elle regarde la réalité des régimes dans la population et calcule leur empreinte carbone. Au contraire, les chiffres de l’Ademe sont plutôt prescriptifs, ils proposent un régime végétalien et végétarien particulier (fruits et légumes locaux et de saison, peu de produits animaux pour le second) et en calcule l’empreinte carbone, sans étudier la représentativité de ce type d’alimentation dans la population.

On conserve tout de même les chiffres proposés par l’Ademe mais il est à noter que la variabilité est assez grande au sein d’un même régime. Une personne qui mange peu de viande et de fromage peut avoir un impact carbone plus faible qu’un végétarien qui consomme des fruits et légumes hors saison et beaucoup de produits laitiers ou d’œuf.

À noter, qu’un livre “Ca chauffe dans nos assiettes” propose des recettes bas carbone qui permet de trouver des solutions culinaires face à ses contraintes pas forcément intuitives.

Boisson
Contrairement à ce qu’on disait plus haut pour la nourriture, le transport et l’emballage a un impact beaucoup plus important pour les boissons. En effet, une boisson est lourde, voyage beaucoup, et son emballage (notamment en verre) a une empreinte significative. Il est donc possible de réduire son impact en jouant sur ces deux aspects.

  • Une canette de soda/jour (56,6kg | 2,7pts)
    Une étude menée par Coca-cola donne une valeur de 170g de CO2e par canette de 33cl. Cet autre article donne une valeur de 139g de CO2e. On retient une valeur moyenne de 155g.
    Le deuxième article compare de plus l’impact d’une bouteille plastique et celle d’une canette. Si la bouteille en plastique à un impact carbone à peine plus faible (117g pour 33cl contre 139g selon l’article), elle est aussi un peu moins bien recyclée. L’un dans l’autre, c’est assez équivalent.
    La bouteille de verre est en revanche à éviter. Elle a un impact plus de deux fois plus grand qu’une canette (360g contre 170g selon l’étude de Coca-Cola).
    Enfin, des solutions pour se faire soi-même ses boissons sont encore plus intéressantes : le Kefir et le Kombucha proposé par l’Ademe qui doivent avoir un impact très faible ou des fontaines à eau gazeuse pour faire vos sodas (l’impact à la fabrication ne doit cependant pas être négligeable).
  • Un demi de bière/jour (91,2kg | 4,3 pts)
    Là encore, la différence de provenance et de contenant est assez importante. Le livre How bad are bananas ? donne les valeurs suivantes en fonction de ces deux paramètres :
    150g pour un demi (25cl) en pression provenant d’une brasserie locale
    250g pour un demi en bouteille d’une brasserie locale
    250g pour un demi en pression d’une brasserie étrangère
    450g pour un demi en bouteille d’une brasserie étrangère
    Préférez donc le local et la pression ! Notons que le livre ne parle pas de bière en canette, mais l’impact de celle-ci est certainement plus faible (dû au faible poids et au très bon recyclage de l’aluminium) que la bouteille. Cependant les bières en canette viennent souvent de l’étranger.
    On retient la valeur de 250g par demi.
    D’autres sources proposent les valeurs suivantes 165g selon Food Climate Research Network, 272g selon la base agribalyse, 200g selon la brasserie Adnams.
  • Un verre de vin/jour (91,2kg | 4,3 pts)
    Le livre Environmental Carbon Footprints consacre un chapitre au calcul de l’empreinte carbone de l’industrie du vin. En croisant les méthodologies, les produits et la littérature, ils montrent que l’empreinte carbone d’une bouteille (75cl) se situe entre 0,9kg et 2kg de CO2e avec une médiane à 1,5kg. Donc entre 150g et 333g par verre de 12cl avec une médiane à 250g.
    Le site ipoint obtient une valeur de 202g par verre de vin, Food Climate Research Network donne 275g par verre.
    On garde donc la valeur de 250g de CO2e. Comme pour un verre de bière.
  • Un café/jour (7,7kg | 0,4pts)
    Le livre How Bad Are Bananas ? consacre également une section au café, reprise ici. Encore une fois, l’empreinte carbone varie considérablement en fonction du type de café : 21g pour une tasse de café noir, 53g pour un café au lait, 235g pour un capuccino et jusqu’à 340g pour un grand latte. La quantité d’eau bouillie à également un impact important (71g pour un café noir, si l’on fait bouillir deux fois la quantité nécessaire).
    L’importante empreinte carbone du lait, n’a pas été présentée dans l’infographie mais la différence qu’il fait dans le café en est un exemple.
    D’autres valeurs pour des boissons chaudes sont données ici. L’empreinte carbone y est comptée en mug ce qui explique la différence. On retrouve 48g pour un thé, 77g pour un café noir, 129g pour un café au lait, 230g pour un cappuccino, 310g pour un latte et 380g pour un chocolat chaud.
    Ces chiffres étant cohérents avec les valeurs précédentes, on garde 21g pour une tasse de café noir.
  • Boire de l’eau à la bouteille (109,5kg | 5,2pts)
    L’Ademe annonce un chiffre de 393g de Co2e par litre de liquide. Ce chiffre considérablement élevé contraste avec les autres sources : 129g par Litre pour L’Express, 166g d’après Sciencing (un chiffre souvent pris comme référence) et 167g pour le site tappwater. Vraisemblablement, ces derniers chiffres ne prennent pas en compte le transport et le refroidissement des bouteilles ce qui pourrait expliquer le chiffre plus élevé annoncé par l’Ademe. Notons que ce chiffre varie également entre une consommation de 3 bouteilles de 50cl et une unique bouteille de 150cl par jour. On garde une valeur intermédiaire de 200g de Co2e par Litre de liquide.
    Notons enfin que l’aberration de l’eau en bouteille va au delà de son empreinte carbone comme résumé dans cette infographie.
  • Un jus d’orange/jour (65,3kg | 3,1pts)
    L’étude de PepsiCo, reprise dans de nombreux médias, semble faire autorité sur la question. Elle donne 1,7kg de CO2e pour une brique de 1,9L (un demi-gallon). Pour un verre de 20cl, on obtient donc 179g.

Déchets
L’estimation est subjective, mais difficile de trouver des valeurs quantitatives. On reprend ici, la méthodologie du calculateur carbone de l’Ademe qui divise en trois la démarche de réduction de déchet : nulle, partielle et complète.

  • Pas de réduction de déchet (193kg | 9,2pts)
    L’Ademe donne une valeur de base de 734kg, en citant un article qui lui donne 193kg… Une erreur de leur part ?
    Cette base de donnée de l’Union Européenne donne une émission de 17,4 million de Tonnes de CO2e pour la gestion des déchets en France en 2018. Soit 260kg de CO2e par habitant. Une partie de ces déchets étant due aux industries et donc non imputable au particulier, le chiffre de 193kg semble cohérent. C’est ce chiffre que l’on garde.
  • Réduction partielle de déchet (116kg | 5,5pts)
    Le chiffre précédent est réduit de 40% comme le propose l’Ademe.
  • Démarche de zéro déchet (57,9kg | 2,8pts)
    Selon l’Ademe, “il est très difficile de se débarrasser d’une base minimale de déchet qui nous est imposée et souvent invisible”. Une démarche zéro déchet conduit donc à une réduction de 70%.

Une réduction de déchet jusqu’à 70% peut-être atteint en favorisant les produits en vrac, en triant soigneusement, en installant un composteur, en cultivant un potager, en évitant le gaspillage alimentaire, en évitant les produits à usage unique ou limité…

Biens et services

Achats

  • 100€ de textile (50kg | 1,3pts)
    Le calcul utilisé consiste à compter 0,5kg de CO2e pour 1€ dépensé en textile. C’est le calcul utilisé par l’Ademe.
    On peut voir que le calcul se vérifie assez bien avec les chiffres de l’étude Ademe ACV et celle de ecotricity :
    T-shirt : 9kg de CO2e pour l’un et 8,8kg pour l’autre
    Jean : 25kg de CO2e pour l’un et 33kg pour l’autre
    Veste : 26kg de CO2e pour l’un et 18kg pour l’autre
    En multipliant par deux ces valeurs, on retombe bien sur le prix approximatif en € des vêtements.
  • Une paire de chaussures (17kg | 0,4pts)
    Les deux sources précédemment citées donnent respectivement 20kg et 14kg de CO2e pour une paire de chaussure de sport. On conserve le chiffre intermédiaire de 17kg.
  • 100€ d’électroménager (100kg | 2,6pts)
    Ici encore un calcul simple permet de calculer l’empreinte carbone : 1kg de CO2e pour 1€ dépensé.
    Le détail par produit permet de confirmer cette approximation :
    four électrique : 309kg, lave-vaisselle : 513kg, réfrigérateur : 343kg, micro-Onde : 118kg, aspirateur : 69kg ou encore yaourtière : 23kg.
  • Une nouvelle voiture (6000 kg | 157,1pts)
    Ce chiffre devrait réfréner ceux qui pensent que la faible empreinte carbone de la voiture électrique justifier l’achat d’un nouveau véhicule. D’autant plus que la construction d’une voiture électrique est encore plus carbonée que celle d’une voiture thermique : 6570kg pour l’électrique vs 3740kg selon l’Ademe repris dans cet article. Le livre How bad are bananas ? repris dans cet article donne quant à lui 6000kg pour un véhicule standard et jusqu’à 35000kg pour un véhicule haut de gamme. On garde le chiffre de 6000kg.
  • Un livre par mois (15,6kg | 0,4 pt)
    Sur la question, deux chiffres ressortent 2,71kg par livre selon une étude du Journal of Industrial Ecology commentée ici, et 1,3kg par livre selon Carbone 4 repris dans cet article. Ces études se basent respectivement sur l’industrie du livre en Amérique du Nord et en France. Pour cette raison on conserve le deuxième chiffre.
    Notons qu’une liseuse électronique a une empreinte carbone autour de 230kg pour une durée de vie d’environ 5 ans. La liseuse est donc préférable si vous lisez plus de 35 livres par an, soit plus d’un livre tous les 10 jours.
    En dehors de ces options, emprunter vos livres à la bibliothèque ou les acheter/vendre d’occasion est une meilleure solution.
  • 100€ de mobilier (50kg | 1,3pts)
    On se base sur ce document de l’Ademe qui donne les empreintes carbone suivantes : 20kg pour une chaise, 100kg pour une table, 200kg pour un canapé ou encore 210kg pour un salon de jardin.
    Une règle de 0,5kg pour 1€ dépensé semble assez pertinente.

Numérique
Le guide du numérique de l’Ademe recense les impacts écologiques de notre consommation numérique qui représente 4% des émissions de gaz à effet de serre. Autant que l’avion.
La moitié de l’empreinte carbone provient de nos équipements. Pas tant par l’impact de chaque équipement (comme on peut le voir ci-dessous) mais par la multiplication de nos équipements : smartphone, PC, tablette, TV, montre connectée, GPS, … et leur (trop) rapide remplacement.
Dans les chiffres données, on compte l’empreinte carbone de la fabrication et du recyclage des équipements mais pas de leur utilisation. En effet ce dernier est inclus pour une part dans la consommation électrique, d’autre part dans les usages proposés ci-dessous (streaming, email), le reste des usages est négligé (peut-être par erreur ?).

  • Nouveau téléphone (50kg | 1,4pts)
    La fabrication d’un nouveau téléphone n’a pas une empreinte carbone si grande. En revanche, comme la fabrication de tous les équipements numériques elle pose d’autres problèmes notamment liés à l’extraction de minerai (pollution, épuisement des ressources, conséquences humaines).
    Concernant l’empreinte carbone, l’étude suédoise “The Energy and Carbon Footprint of the Global ICT” donne 50kg, l’étude canadienne Assessing ICT global emissions footprint donne une fourchette entre 40 et 80kg, cet article de the restart project donne également 55kg en moyenne, alors que cet article de LoveFone donne un petit 16kg.
    On conserve donc la valeur moyenne de 50kg.
    De plus, comme détaillé plus loin dans le paragraphe sur le kilowattheure d’électricité, l’impact carbone d’une recharge n’est pas la même en fonction des heures de la journée. L’application CO2NSCIOUS de BackMarket permet de connaître le meilleur moment pour recharger son téléphone en fonction de l’intensité carbone de l’électricité en temps réel. Le bénéfice est probablement anecdotique mais c’est un outil pédagogique intéressant.
  • Nouveau PC (250kg | 6,9pts)
    L’étude suédoise citée au dessus donne 200kg pour un PC portable, alors que l’étude canadienne donne une fourchette entre 281kg et 468kg. L’Ademe donne tout juste 124kg dans ce rapport.
    Pour un ordinateur fixe l’empreinte est plus élevée : 380kg pour l’étude suédoise et entre 218kg et 628kg pour l’étude canadienne.
    En revanche, pour une tablette l’empreinte est plus faible : 80kg pour l’étude suédoise et entre 80kg et 116kg pour l’étude canadienne.
    On choisit la valeur de 250kg comme compromis entre ces différents chiffres.
    Au delà de l’empreinte carbone, on retrouve les mêmes problèmes que le téléphone.
  • Nouvelle TV (300kg | 8,3pts)
    L’étude suédoise donne une valeur de 300kg alors que l’empreinte carbone de la fabrication d’une télévision n’est pas prise en compte dans l’étude canadienne.
  • Envoyer 10 mails par jour (30kg | 0,8pts)
    Selon l’Ademe, un mail avec une pièce jointe de 1Mo coûte 19g de CO2e.
    Selon l’organisation Carbon Literacy Project, un mail standard représente 4g et un mail avec pièce jointe peut représenter jusqu’à 50g.
    Pour notre calcul, on compte 8 mails standards (4g de CO2e) et 2 mails avec pièce jointe (moyenné à 25g) par jour soit 30kg de CO2e en un an.
    Notons de plus que le stockage des e-mails émet également du carbone puisque les data center qui stockent ces informations consomment beaucoup d’énergie. Pensez à vider vos boite mails et à vous désabonner des vieilles newsletters. L’outil Cleanfox vous permet de faire ça.
    Enfin notons qu’un courrier papier est bien plus gourmand en énergie (près de 60 fois d’après cet article de ScienceFocus)
  • Une série complète par mois (120kg | 3,3pts)
    La question de l’empreinte carbone du streaming a été un peu maltraitée (vous pouvez sauter le drama qui suit et vous rendre en fin de paragraphe) :
    Les experts du think tank The Shift Project avaient annoncé un chiffre de 0,4kg de CO2e par heure de streaming dans leur rapport L’insoutenable usage de la vidéo en ligne. Mais une erreur dans une interview à l’AFP avait conclu à un chiffre de 3,2kg par heure. Un chiffre largement repris dans les médias et qui a contribué à une image faussée parmi le grand public. Ce chiffre a été remis en cause notamment par l’article de George Kamiya “Factcheck: What is the carbon footprint of streaming video on Netflix?”, qui annonce une empreinte carbone entre 56g et 114g de CO2e. Quatre à sept fois moins que le chiffre annoncé par the shift project (et entre 28 et 57 fois moins que le chiffre erroné de l’interview).
    Finalement, The Shift Project a répondu à l’article de G. Kamiya expliquant cet écart par des différences d’hypothèses sur les infrastructures réseaux.
    Les deux parties finirent par se quitter heureux de cet échange vertueux et nécessaire et avec des pistes de travail pour résoudre l’écart restant.
    Ceci étant dit, une autre étude de 2014 donne une valeur de 0,42kg par heure de visionnage ce qui nous fait pencher pour la valeur du Shift Project de 0,4kg. Finalement, cette valeur étant calculée pour une moyenne mondiale, la valeur française est bien inférieure (l’intensité carbone mondiale moyenne étant de 0,519kg/kWh contre 0,06kg/kWh pour la France, on en parle au paragraphe sur le kilowattheure d’électricité). On obtient donc une moyenne de 46g de CO2e par heure de streaming en France.
    On considère ensuite une série de 50h (ce qui est une bonne moyenne) par mois. Soit 600h par an et donc 25kg de Co2e.
    Notons enfin que l’empreinte carbone du streaming dépend de plusieurs facteurs, pour la minimiser préférez la Wifi au réseau 4G, un écran de petite dimension (idéalement votre smartphone), et une qualité réduite. L’article de G. Kamiya contient une animation qui permet de jouer avec ces différents facteurs.

Autre (logement et service public)

Logement
L’empreinte carbone du logement est le deuxième poste de dépense en carbone derrière les transports et devant l’alimentation. Cette empreinte carbone se décompose essentiellement en trois chiffres : l’impact de la construction, la consommation électrique et la consommation de gaz (ou fioul ou bois selon le mode de chauffage). Ces deux derniers chiffres se calculent en multipliant la consommation d’énergie par l’impact carbone de chaque source d’énergie que l’on appelle l’intensité carbone de la source d’énergie.
Pensez à diviser chaque chiffre par le nombre d’habitant dans la maison.
Par exemple, si vous habitez à 4 dans un logement de 100m² et que vous consommez 8000Kwh d’électricité par an, alors il faut considérer 25m² et 2000kWh dans votre calcul individuel.

  • 20m² de surface (350kg | 9,7pts)
    Le calculateur de l’Ademe compte l’empreinte carbone de la construction du logement à raison de 17,5kgCO2e par mètre carré. Le calcul n’est pas expliqué, mais il s’agit probablement de l’empreinte carbone de la construction (450kgCO2e par mètre carré pour une maison individuelle) répartie sur 25 ans qui serait l’âge moyen des bâtiments avant rénovation. Des informations complémentaires sur l’empreinte carbone de la construction d’un bâtiment sont données ici. En particulier, un bâtiment éco-construit (bois, paille, pierre, terre) permet de diviser par trois l’empreinte carbone d’une construction.
    La pertinence de ce chiffre et de son intégration au calcul général est discutable.
  • 1000kWh d’électricité (60kg | 1,7pt)
    L’intensité carbone de l’électricité en France est très faible grâce à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Les mêmes 1000kWh coûteraient 7 fois plus de points en Allemagne (10,9pts) et jusqu’à 10 fois plus en Pologne (17pts).
    Cependant l’intensité carbone est difficile à calculer car elle varie dans le temps en fonction de l’utilisation des énergies renouvelables (donc de présence de vent et de soleil) et en fonction de la demande. Allumer la TV à 15h une après-midi d’été venteuse coûtera donc beaucoup moins en CO2e qu’à 19h (pic de consommation) en hiver sans soleil ni vent.
    Vous pouvez suivre en direct l’intensité carbone de l’électricité dans le monde sur le site electricityMap (c’est assez amusant, promis). En cette après-midi grise d’Octobre, le solaire ne marche pas très bien mais le vent souffle. L’intensité est assez basse (41g de CO2e par kWh).
    En moyenne cette intensité carbone tourne autour de 60g. C’est le chiffre que prend l’Ademe et que nous utiliserons aussi. EDF donne un chiffre de 66g.
    Si vous ne connaissez pas votre consommation en kWh, multipliez le prix que vous payez annuellement en € par 6.
  • 1000kWh de gaz (215kg | 5,9pts)
    Si vous vous chauffez au gaz, l’intensité carbone tourne autour de 215g par kWh (205g pour Carbone 4, 227g pour l’Ademe respectivement en PCS et en PCI. Obscure subtilité ?). C’est donc cette valeur que l’on garde.
    Si vous ne connaissez pas votre consommation en kWh, multipliez le prix que vous payez annuellement en € par 13,5.
  • 1000kWh de fioul (320kg | 8,8pts)
    Pour le fioul, l’intensité carbone retenue est de 320g de CO2e par kWh donnée par l’Ademe.
  • 1000kWh de bûche de bois (29,5kg | 0,2pts)
    Pour faire ce calcul, on estime que chaque 1€ fournit 25kWh et que l’intensité carbone du bois en bûche est de 29,5g de CO2e par kWh. Ce faible coût carbone vient notamment du fait que les arbres qui serviront de bois de chauffage absorbent du CO2 et certaines estimations donnent des chiffres même plus petits.
    Notons qu’au delà de l’empreinte carbone, le chauffage au bois (en bûche) est responsable d’une émission de particules fines très importante. Ces émissions causent une pollution très importante notamment en ville. Rappelons que la pollution est responsable en France d’un grand nombre de morts prématurées chaque année (en réalité le calcul du nombre de morts dû à la pollution n’est pas évident et les chiffres annoncés sont souvent surestimés).
  • 1000kWh granulé de bois (30,4kg | 0,2pts)
    Pour faire ce calcul, on estime que chaque 1€ fournit 14kWh et que l’intensité carbone du bois en granulé est de 30,4g de CO2e par kWh.
    Le chauffage au granulé est plus intéressant en terme de CO2e pour un même prix. Mais en réalité, l’efficacité énergétique étant plus faible, vous risquez de payez plus cher en granulé qu’en bûche pour une même puissance de chauffage. Les deux se compensent et par hiver, vous risquez d’émettre la même quantité de CO2e.

Vous pouvez trouver quelques astuces pour réduire votre empreinte logement.

Service public (300kg | 15 pts)
Vous n’avez pas de marge de manœuvre sur cette dépense là. Elle regroupe tout l’impact carbone qu’emploie le service public par français : le fonctionnement des hôpitaux, la construction de route, de ponts, de bâtiments publics, la gestion des écoles, les institutions judiciaires, politiques, ….
Selon le rapport “Faire sa part” de Carbone 4, l’empreinte carbone du service public s’élève aujourd’hui à 1000kg par Français (1284kg selon l’Ademe) mais pourrait passer à 300kg après transformation du système. C’est ce chiffre que l’on retient.

Discussions

Ceci n’est pas un article écologiste

Nous ne sommes pas en train de parler du bien-être des ours polaires : nous sommes en train de parler de la vie de nos enfants — Carlo Rovelli, Ecrits vagabonds

Comme dit dans les précisions de l’infographie, les considérations qui mènent à ce travail reposent sur une mécanique en trois étapes :

  1. Les activités humaines rejettent dans l’atmosphère des gaz à effet de serre.
  2. L’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère provoque une augmentation des températures.
  3. L’augmentation des températures, si elle se poursuit, menace grandement les conditions actuelles de vie.

Ce sont des assertions scientifiques qui reposent sur un corpus très solide de données et de modèles qui les expliquent. Réfuter ces affirmations requiert des preuves au moins aussi solides².

Maintenant, si l’on se met d’accord sur le fait qu’il faut préserver des conditions propices à notre survie³, alors il faut enrayer quelque part cette mécanique.

Cela pourrait se faire à différents étages (garantir les conditions actuelles malgré l’augmentation des températures, empêcher que l’augmentation de gaz à effet de serre ne provoque une augmentation des températures, …), mais la seule possibilité crédible, à l’heure actuelle, à ma connaissance, est d’empêcher que les activités humaines rejettent des gaz à effet de serre. Une profonde modification de nos modes de vie semble être nécessaire pour atteindre cet objectif.

Ce n’est pas un discours moral porté par une idéologie écologiste.
C’est à l’heure actuelle ce que la science, la physique, la chimie, les mathématiques, l’anthropologie, … nous disent sur ce qui est le plus vraisemblable.

Les actions individuelles ne suffisent pas mais elles sont indispensables

Comme dit en introduction, le calcul a été fait en prenant en compte le fait que tout l’effort n’est pas à la charge de l’individu. C’est, je crois, une erreur commune (et que j’ai souvent commise) de désigner l’objectif de 2 Tonnes comme la cible à atteindre pour les individus. C’est, par exemple, comme ça que les calculateurs carbone en ligne présentent leur conclusion.

Cet objectif est à l’heure actuelle presque impossible à atteindre. D’une part parce que l’offre de consommation (alimentation, transport, logement, …) permet difficilement d’y arriver. D’autre part parce que l’environnement culturel, social et informationnel dans lequel nous baignons favorise les options carbonés, et baisser son empreinte carbone aujourd’hui relève souvent du sacrifice.

Ainsi, face aux enjeux actuels, le simple changement des comportements individuel a un effet limité. Il doit être accompagné par un changement du système, de la production d’énergie, de l’industrie, de la législation, des offres de consommations…
Le rapport Maîtriser l’empreinte carbone de la France du Haut Conseil pour le Climat écrit ainsi :

Les actions individuelles des ménages ne sauraient remplacer des actions structurelles sur l’ensemble de la société, et les réponses que peuvent apporter les ménages individuellement n’ont pas nécessairement un effet direct de réduction de l’empreinte carbone

Alors à quoi bon ? Pourquoi sacrifier son confort si les résultats ne seront probablement pas importants ?

Parce que le système changera seulement si une partie considérable des citoyens a conscience de la nécessité absolue de le changer et a une relative connaissance des ordres de grandeurs en jeu.
Et en l’occurrence, une partie considérable a déjà conscience de la nécessité absolue de changer le système : D’après le baromètre GreenFlex, en 2019,
57 % des Français sont d’accord ou plutôt d’accord sur le fait qu’il faut complètement revoir notre système économique et sortir du mythe de la croissance infinie.
Mais il semble qu’à l’heure actuelle la plupart ne savent pas comment s’y prendre. L’information disponible au sein de la population est largement lacunaire, rare, imparfaite noyée parmi d’autres indicateurs et ne permet donc pas de soutenir cette volonté de changement.

Ainsi, il semble au moins aussi important de transmettre l’information que de s’engager dans le changement. De cette prise de conscience et de connaissance globale découlera possiblement un nouveau monde dans lequel la consommation ne serait plus une menace pour l’humanité.

Concrètement, il est préférable de lutter pour une société qui encourage une alimentation bas carbone, propose des menus attractifs dans les cantines, informe sur les conséquences d’une alimentation fortement carbonée que de lutter pour convaincre les gens autour de soi de sacrifier leur viande rouge.

Ceci étant dit, s’engager personnellement dans le changement parait être une manière très efficace de transmettre l’information quant à se changement.
Le geste en lui-même ne vaut presque rien mais le signal qu’il envoie vaut très cher. Soyez le maillon d’une chaîne vertueuse.

Dans le rapport cité plus haut, voilà ce qui est dit sur la consommation engagée :

“La consommation engagée ne parvient pas totalement à modifier les structures de la consommation de masse, cependant, elle permet de faire évoluer considérablement les cadres normatifs qui gouvernent celle-ci. En effet, elle permet de rendre visibles et légitimes de nouveaux problèmes publics, d’accroitre la réflexivité des consommateurs sur le lien entre leurs pratiques de consommation et ces problèmes collectifs, de produire des effets d’émulation et d’imitation entre les offreurs pour mieux intégrer ces problèmes collectifs, et d’inventer de nouvelles façons de produire et de consommer. Elle peut, par conséquent, être un levier pour l’action publique.”

Notons finalement, qu’abaisser son empreinte carbone pour coller aux valeurs proposées n’est pas suffisant si aucun changement systémique ne se fait. Il faut donc également lutter activement pour ce changement. Le vote et les plaidoyers citoyens semblent être deux leviers efficaces.

C’est donc une action à plusieurs échelles qu’il faut mener, un activisme fractal pour reprendre les termes d’Aurélien Barrau.

Est-ce pour tout de suite ?

Non. Les scénarios qui découlent des accords de Paris et qui visent à limiter l’augmentation de température à 2°C prévoient d’atteindre cette neutralité carbone en 2050.
Mais il ne faut pas se rassurer avec ce chiffre qui paraît lointain. Il inclut des changements structurels très lents, la partie individuelle peut et devrait être mise en place pas à pas dès aujourd’hui.
De plus les trajectoires actuelles ne collent pas vraiment aux scénarios de réduction de carbone et plus on attend, plus l’effort à fournir sera important.

Nous avons chacun le choix de faire bien mieux que ces budgets carbone, qui ne font que limiter les dégâts climatiques, en s’approchant dès cette année 2020, d’un style de vie soutenable à moins de 2 tonnes de CO₂e par personne, à l’équilibre avec la capacité naturelle de notre pays à absorber nos émissions. Chaque dixième de degré compte. — Ademe, Le budget et l’empreinte carbone, c’est quoi ?

L’illustration ci-dessous donne une idée de cet effort croissant.

Limites

Prise en compte du changement systémique
La méthodologie utilisée pour compter la part du système est nécessairement fautive : d’une part parce qu’elle repose sur une unique source celle du rapport “Faire sa part” de Carbone 4, qui propose un découpage entre l’effort individuel et l’effort systémique par catégorie. D’autre part parce cette catégorisation est trop imprécise : pour le transport, par exemple, on considère que le changement systémique pourrait abaisser de 31% les empreintes carbones actuelles et on applique ce chiffre indistinctement à l’avion, à la voiture et au train…
Malgré cela, il semble que la méthodologie proposée donne des chiffres plus pertinents que sans prise en compte des changements du système. J’espère aussi qu’elle pourra être améliorée et réutilisée.

Un autre reproche qui pourrait être fait à cette méthodologie est le choix du découpage entre système et individu. Le rapport de Carbone 4 présente en réalité deux scénarios différents : le premier propose un effort modéré de l’individu et un effort très important du système (environ 1/4 individu, 3/4 système), le deuxième propose un effort important de l’individu et du système (environ 1/2 individu, 1/2 système). C’est le deuxième scénario qui a été choisi.
Deux arguments justifient ce choix :

  • Il semblerait que les choix politiques actuels ne prennent pas la trajectoire d’un changement de système très important. Au contraire, plus on avance, plus les efforts à fournir vont devoir être importants.
  • Comme dit plus haut, les changements de système se font sur une échelle plus longue et sont portés par les changements individuels. Il semble qu’un changement individuel fort favoriserait la mise en place plus rapide et plus importante d’un changement systémique là où un changement individuel faible entretiendrait l’inertie politique actuelle.

Ceci étant dit, il faut garder en tête que plus les changements systémiques seront importants (et donc les efforts pour les obtenir) plus les changements individuels seront faibles.

Dépense carbone ponctuelle
La méthodologie utilisée n’est pas vraiment adaptée à la prise en compte de dépense carbone ponctuelle. Cependant la méthode demeure valide en s’autorisant des ajustements :
En changeant de cuisine tous les 10 ans, il est probable que vous dépassiez les 100 points l’année du changement. Vous atteignez par exemple 190 points. Il convient alors de répercuter ce dépassement sur les années suivantes. Pour cela le budget des 9 années suivantes est amputé de 10 points (90 points d’excédent répartis sur 9 ans) de manière qu’au bout de 10 vous ayez bien dépensé 1000 points.
De même vous pouvez tenter de faire entrer un vol en avion une année en réduisant le budget les années suivantes.. peut-être plus compliqué.

Manque de précision
Clairement la méthodologie actuelle n’a pas pour objectif de donner une valeur précise de votre impact carbone. En revanche, elle permet de diffuser les ordres de grandeurs qui ne sont pas toujours facilement accessibles.
Si vous tombez sur 110, il est très probable que vous ayez une empreinte carbone très raisonnable et compatible avec les accords de Paris. Si vous tombez sur 300, il est très probable que ce ne soit pas le cas.
Pour plus de précision, le calculateur de l’Ademe est une ressource intéressante mais qui compte également ses approximations. Les sources de l’article permettent d’aller creuser encore plus loin chacun de ses points. Le but à terme est d’avoir une vrai intuition des dépenses carbones.

Un jour, nous saurons probablement tous “compter en carbone”, et ce que représente une tonne d’émission de CO2. D’ici là il y a un peu de chemin, et les calculateurs existants permettent d’appréhender ces notions. — Jean-Marc Jancovici

Tout n’est pas comptabilisé
Quid de prendre un bain ? Faire un trajet en trottinette électrique ? Ou boire un mètre de shooter de tequila ?
On ne peut pas avoir un nombre d’item infini dans une infographie finie et les actions proposées ont été choisies en se basant sur celles considérées dans les calculateurs en ligne. Evidemment, ce choix omet une part de vos émissions carbone, mais en principe les grands postes de dépense devraient être représentés.
Les actions omises le sont, a priori, parce qu’elles ont une empreinte carbone suffisamment faible ou parce qu’elles sont trop rares. Il est assez probable cependant qu’une bonne dizaine de points aie disparu avec ces omissions.

N’hésitez pas à contribuer à ce travail en proposant des actions qui vous paraitraient intéressantes d’y figurer. Il sera difficile de les rajouter à l’infographie, mais un paragraphe pourrait être ajouté dans cet article.

Questionnements

Arrivant à la fin de ce travail certaines questions demeurent. Par souci de transparence et de volonté d’amélioration j’en partage ici quelques une :

  • La méthodologie de prise en compte de la part du système est-elle judicieuse ?
  • Est-il pertinent de comptabiliser l’empreinte carbone du logement ?
  • Aurait-il était pertinent de comptabiliser l’empreinte carbone de l’épargne ? Les chiffres annoncés de 15 Tonnes par an semblent complètement disproportionné et hors du cadre de réflexion de cet article.
  • La part des actions omises n’est elle pas trop grande ?

En espérant que vous ayez apprécié ce travail et que vous en fassiez bon usage en le partageant et en le commentant avec bienveillance. C’est dans cet esprit qu’il a été écrit.
Ce travail a demandé autour de 70h de travail non rémunéré. Si vous appréciez mon travail vous pouvez le soutenir ici.

Merci aux sages yeux qui ont relu le mien parfois distrait : Justine, Maxime, Samantha et Stéphane.

Notes

¹ Récemment, le chiffre de 1,7 Tonnes est avancé pour compenser le retard que nous avons déjà pris. Nous gardons le chiffre 2T plus souvent utilisé.

² Personnellement, je me réjouirais d’entendre des arguments convaincants qui montreraient que je me trompe et que les conditions actuelles de vie ne sont pas menacées.

³ Un discours nihiliste qui ne reconnaîtrait pas cette nécessité de préserver notre survie est, je crois, recevable. Il amènerait à des considérations morales qui sortent du champ de la science et de cet article.

 by the author.

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Pensouilleur zététeux partage quelques idées qui lui passent un peu trop fort par la tête

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Nicolas Martin

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