Food & Globe, REX d’un tour du monde sur les innovations alimentaires

Nicolas, Martin et moi (Adrien) tous trois étudiants sommes partis fin décembre dernier pour un voyage de 8 mois à la rencontre des acteurs qui s’engagent pour l’alimentation de demain. Nous avons traversé une partie de l’Asie, de l’Amérique du Sud et de l’Afrique et rencontré des dizaines d’entrepreneurs, chercheurs, agriculteurs, chefs cuisiniers …

Voyager c’est l’assurance de rompre avec un mode de pensée classique, c’est s’ouvrir à des initiatives diversifiées qui peuvent alimenter l’innovation de rupture.

L’idée de ce voyage c’était bien évidemment de faire le tour du monde … mais certainement pas pour faire du tourisme pendant 8 mois. Nous cherchions à combiner voyage unique et apprentissage/rencontres. Food & Globe est né de cette passion commune pour l’alimentation et de cette envie de réfléchir à son futur (protéines alternatives / systèmes d’agriculture responsable / nouveaux modes de distribution).

On a arpenté les marchés, les stands de rue et les petits resto cachés pour dégoter des plats complètement atypiques comme ces œufs fécondés, des “fourmis au gros cul” (Hormigas Culonas) ou encore des jus de nids d’hirondelles. Niveau fruits, rien à dire c’est en Amérique du Sud que nous avons dégusté les produits les plus exotiques entre les granadilla, les pitaya ou encore les copoazu.

Granadilla / Pitaya / Copoazu

En termes de Futur of Food, nous avons testé un grand nombre d’INSECTES style criquets et ses dérivés en Chine bien sûr mais aussi au Cambodge, en Colombie ou en Ouganda. Une fois la barrière psychologique passée, plus de problème pour grignoter des insectes grillés mais je ne vous le cache pas, ce n’est pas délicieux. La dimension culturelle joue un rôle prédominant dans l’adoption d’un “nouveau” produit par une communauté et je ne pense pas qu’en France (voire en Europe) nous soyons prêts à voir des insectes arriver dans nos assiettes.

Le MORINGA a aussi fait partie de notre régime alimentaire. Il offre une source de protéine très intéressante pour les pays en voie de développement. Facile et économique à cultiver, il pourrait permettre de lutter contre la malnutrition dans bon nombre de pays en développement. Seul inconvénient, son goût très amer.

Mais ce qui a le plus ravi nos papilles d’un point de vue protéines alternatives, c’est sans aucun doute les nombreuses LEGUMINEUSES (quinoa, amaranthe, kanawa …) que comptent les altiplanos andins. Autant vous dire que la découverte du Quinotto (risotto à base de quinoa) a fait son effet.


En dehors des spécificités culinaires de chaque pays, nous avons rencontré un grand nombre d’acteurs qui réfléchissent au futur du système alimentaire. Plus que le projet, c’est souvent le profil ou l’histoire qui nous a vraiment inspiré.

Les 3 projets qui nous ont le plus marqué :

Saumil — Vasco — Avril & Emile

Energaïa : Cultive de la spiruline (micro-algue) sur les toîts de Bangkok. Sur ces espaces sous exploités de Bangkok, Saumil fondateur d’Energaïa a décidé d’installer un système ingénieux pour cultiver de la spiruline. Il utilise cette spiruline fraîche ou transformée pour produire des pâtes, biscuits … et démocratiser cette micro-algue ultra-protéinée en Asie. [voir plus]

Spirulina it’s maybe 5 to 10 years to become a major food — Saumil Shah

Ovosur : L’écosystème gagnant de Vasco Macias. Vasco Macias est un serial entrepreneur péruvien qui dirige la plus grosse production d’oeufs du pays (Ovosur, filiale de Grupo Alimenta). Il considère Grupo Alimenta comme un écosystème où chaque filiale est interconnectée. Chaque output ou déchet d’une entité est en principe réutilisé et valorisé par la suivante créant ainsi un cercle vertueux.

Dans une logique durable et économique, les entreprises doivent se réfléchir comme appartenant à un écosystème plutôt qu’agir individuellement.

Y waste : Donne une deuxième vie aux déchets organiques. Avril et son fils Emile ont crée Ywaste, une entreprise qui récupère les déchets organiques des professionnels du secteur alimentaire (restaurateurs, enseignes de distribution…) pour les transformer en compost, ensuite revendu aux agriculteurs de la région.

Point intéressant : l’entreprise utilise du Bokashi, une bactérie pour accélérer le processus de compostage.

Une gestion responsable des déchets limite bien évidemment leur présence dans la nature mais permet surtout d’enrichir les sols […].

Les tendances Food à l’international

  1. L’hémisphère Sud ne nous attend pas !! Souvent sous contrainte financière les habitants réfléchissent à des solutions innovantes pour le mass market plus que pour les marchés de niche.
  2. La tendance Healthy est très forte surtout en Asie
  3. D’un autre côté, le sucre et les FastFood font des ravages dans ces pays en développement, surtout en Amérique du Sud et en Afrique.
  4. En Asie et en Afrique, les habitants souffrent beaucoup de mal-nutrition du à un régime alimentaire pauvre en protéines et en vitamines. En Amérique du Sud, la mal-nutrition est moins flagrante même si l’alimentation du quotidien est simple au regard de la diversité des fruits et légumes de ces régions.
  5. Retour important aux cultures anciennes et cultures locales avec des organismes comme MIGA en Bolivie qui promeut les cultures andines.

En bref, ce voyage c’était :

  1. Des rencontres fascinantes d’acteurs passionnés par leur métier et qui font preuve d’une grande humilité.
  2. Un énorme bol d’optimisme de la part de tous ces porteurs de projets qui changent le monde à leur échelle. “Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions”.
  3. Des locaux toujours prêts à nous filer un coup de pouce et une culture de l’accueil formidable. Il n’était pas rare de passer une demi-journée avec des inconnus rencontrés le matin même.
  4. Un tour du monde culinaire à la découverte de saveurs inconnues (fondue Sichuannaise, crabe de Kampot, matooke …)
  5. Bien évidemment des paysages à couper le souffle (Coup de ❤ Koh Rong Samloen au Cambodge + Valle de Cocora en Colombie + Lençois de Marahenses au Brésil)
  6. Une ingéniosité hors norme des locaux pour se concocter des solutions pas chères mais très utiles. Parmi les meilleures, le parasol aérodynamique pour scooter, l’utilisation des graines de moringa pour filtrer l’eau ou encore l’utilisation d’un vieux vélo comme pompe à eau.