No, spider!

(First, my mom’s original in French. Then, my English translation.)

Une histoire d’araignée

Je balaie la cuisine, je fais bien sous les meubles et partout. Tout à coup au milieu des balayures, sans doute venue sous mon balai, il y a une grosse araignée genre en fer rouillé très épais, et loin de filer se cacher quelque part, elle reste là, coite.

- Ecoute araignée, lui dis-je à haute voix en ouvrant la porte de la cuisine, je ne te garde pas à la maison, si tu ne pars pas, je serai obligée de t’écraser.

(Bien sûr écraser est un cas d’extrême nécessité, quiconque a écrasé une araignée le sait bien.)

Comme elle ne bouge pas la moindre de ses huit pattes, d’un coup de balai ascensionnel, je la fais atterrir avec légèreté sur la terrasse par-delà le paillasson. Je vide le petit tas de poussière et de miettes dans la poubelle, (située comme on sait près de la porte), et à tout hasard je jette un coup d’œil dehors. Que vois-je ! L’araignée se dirige résolument vers la cuisine d’où je l’ai chassée.

- Non araignée ! Je suis sur le qui vive, prête à l’écraser si elle met son évident projet de retour à exécution. Elle s’arrête. Comme si elle m’écoutait.

-Allez ! va-t-en ! Mais elle ne s’en va pas. Alors je la prends délicatement avec un sopalin, et je la dépose dans l’herbe, tout au fond du jardin, vers la cabane.

Le soir, je raconte ça à Alain: il me dit qu’il fait froid et que les animaux qui veulent pondre ou faire leurs petits sont très soucieux d’avoir un endroit protégé et confortable où le faire.

Bon d’accord il fait froid… mais une araignée, et en plus des œufs ! Dans ma cuisine ! Je dis NON ! Il est vrai que ces petites bêtes volantes ou rampantes s’occupent rarement de mes interdictions !

-Elle n’a qu’à aller dans la cabane, ajoute Alain, en forme de conciliation, prenant en compte nos besoins contradictoires, à l’araignée et à moi…

Je n’ai pas revu l’araignée. Il me semble pourtant que je la reconnaîtrais si je la revoyais… Je pense qu’elle fut heureuse dans la cabane, et j’espère qu’elle n’eut pas trop d’enfants…


A spider story

I sweep the kitchen, making sure to go under the furniture and everywhere just so. Suddenly in the middle of the gathered dust, obviously coming from my broom, is a big spider of the kind that looks made of rusty wire. Far from scooting away to hide somewhere, she stays there quietly.

-Listen spider, I tell her aloud while opening the kitchen door, I won’t let you stay in my home. If you do not leave, I will be forced to squash you.

(Of course, squashing is a last resort solution, as anyone who has ever squashed a spider knows well.)

Because she does not move even one of her eight legs, I give her an upward sweep of the broom, and make her land lightly outside, on the other side of the welcome mat. I empty the little pile of swept dust and crumbs in the trashcan (located as you know by the door). Just in case, I cast a glance outside. What do I see! The spider is headed resolutely back toward the kitchen.

- No, spider! I am on the alert, ready to crush her if she puts into execution her obvious plans of return. She stops. As if she was listening to me.

-Go! Leave! But she is not leaving. So I pick her up gently with a paper towel and deposit her in the grass near the back shed.

That evening I tell all that to Alain. He tells me that it is cold outside and animals who want to lay their eggs or birth their young are anxious to find a safe and comfortable place to do so.

It is true that it is cold … but a spider, and spider eggs on top of it! In my kitchen! I say NO! That said, flying and creeping creatures rarely submit to my command!

-She can go into the shed, Alain adds as a compromise, taking into account our conflicting needs, the spider’s and mine …

I have not seen the spider again. It seems to me that I would recognize her if I saw her again … I think she was happy in the shed, and I hope she did not have too many children …

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