Comprendre son enfant et lui donner les clés de la réussite.

Tony Infantino
Apr 12, 2018 · 10 min read

Nous avons tous en tête un enseignant qui nous a marqué dans notre scolarité, en bien comme en mal. Si l’enseignant a eu le malheur de nous faire détester une matière étant ado, cela peut conduire à un décrochage scolaire difficile à combler, à l’inverse un enseignant inspirant nous donnera la passion d’un sujet.

Bien souvent, la réussite scolaire de l’enfant peut basculer en seulement une année au contact d’un enseignant.

Mon expérience dans l’éducation a commencé en 2006,j’avais 16 ans. Je donnais des cours particuliers intensifs à de jeunes joueurs d’échecs que je formais aux championnats régionaux. Aux échecs comme pour les matières plus scolaires que j’ai enseignées comme l’économie ou les mathématiques, la progression de l’élève ne s’est jamais limitée à une transmission d’astuces et méthodes, il y avait toujours un aspect psychologique qui jouait aussi sur la réussite.

La création de la startup MyMentor pour faciliter les belles rencontres.

En 2013, nous avons créé MyMentor, une structure de soutien scolaire à domicile qui a permis aux élèves du primaire à la classe préparatoire de progresser sur toute leur scolarité.

Nos Mentors sont des étudiants en fin de licence, master ou doctorat de cursus d’excellence, avec une expérience pédagogique d’au moins 1 an. Le choix d’un étudiant plutôt qu’un enseignant en activité réside dans notre conviction qu’au delà du cours en lui même, la proximité d’âge entre le Mentor et l’élève va faciliter l’échange et permettre un effet de projection pour l’élève.

C’est pour cette raison que nous préférons parler de Mentor plutôt que d’enseignant. L’échange régulier entre l’élève et son Mentor d’une vingtaine d’années et ayant réussi sa scolarité va permettre à l’élève de s’imaginer avec ce même type de parcours et ainsi favoriser sa progression.

Après avoir accompagné plus d’un millier d’élèves, nous avons appris une chose difficile à accepter : quelle que soit l’excellence du contenu d’un cours, une mauvaise approche pédagogique empêche l’élève de progresser.

Chez MyMentor, les élèves ont majoritairement gagné de 1 à 2 points sur un trimestre, à noter seulement une dizaine d’exceptions dont la progression n’a pas été remarquable.

Qu’est-ce que la pédagogie ?

Nous avons alors voulu comprendre pourquoi sur 2 élèves en Terminale S l’un gagnait 3 points sur 1 an et l’autre stagnait avec le même Mentor. L’idée reçue du Mentor pédagogue universel en a pris un coup, nous nous sommes donc dit qu’il y avait des traits propres à chaque élève et chaque Mentor qui pourraient influencer la réussite.

La pédagogie ne se limite pas simplement à une transmission des bonnes méthodes, il y a d’autres critères que nous avons découvert par la suite.

Après avoir questionné des centaines de familles et de Mentors, nous avons pu observer que l’ensemble de nos élèves pouvaient progresser grâce à 3 compétences clés : la méthodologie, la confiance en soi et la motivation.

En nous basant sur ces 3 besoins, nous avons décidé de mettre en relation les Mentors et les élèves en fonction des affinités pédagogiques de chacun : si un élève a un fort besoin en méthodologie, et un besoin modéré de motivation, nous lui trouvons un Mentor ayant une approche pédagogique principalement axée sur la méthodologie et dans une moindre mesure sur la motivation.

Les types de profils mais l’humain avant tout

A partir de ces sélections obtenues par des questionnaires pédagogiques et des résultats de progression associés pendant 3 ans d‘expérimentation, nous avons pu établir que dans 90% des cas, les élèves peuvent être divisés en 4 types de profils que nous allons vous présenter dans cet article.

En amont de leur présentation, il est très important de comprendre que notre but n’est pas de cloisonner l’humain à une simple matrice de profils mais bien de cadrer notre approche afin de maximiser nos chances lors de la suggestion du bon enseignant.

Cette nuance apportée, vous trouverez ci-dessous les 4 types de profils d’élèves.

Le/la découragé(e) : profil qui a baissé les bras, besoin de retrouver goût à l’école

Le/la découragé(e) a perdu goût pour une matière voire l’école à la suite d’un enseignement qui ne l’a pas intéressé. Ce type de profil s’est persuadé que l’école n’était pas faite pour lui. L’élève a eu de grosses difficultés dans une matière et son désintérêt s’est généralisé par la suite. Si la situation peut paraître désespérée, sachez qu’il existe de nombreux moyens pour lui redonner goût au travail. Ces profils ont souvent une passion cachée et lorsqu’on arrive à créer un parallèle entre l’école et cette passion c’est la révélation et le découragé peut devenir un petit prodige !

Photo by Daniel Garcia on Unsplash

Pour qu’il progresse, il faudra attaquer la matière sur laquelle il est en difficulté et travailler sur les programmes des années précédentes.
Pendant les premières séances, il sera préférable de travailler sur les notions fondamentales non maîtrisées plutôt que d’avancer sur le programme en cours.

En parallèle, l’enjeu est de créer une relation de challenge et un contrat moral entre l’élève et le Mentor pour lui redonner goût au travail. L’élève va reprendre le travail pour plaire à son Mentor et ce n’est qu’une fois ce lien créé que l’élève retrouvera goût à l’école et pourra travailler pour sa propre réussite.

Le profil de Mentor idéal : un profil qui aurait eu un même parcours et qui aurait réussi sa scolarité par la suite. Ce type de profil permettra à l’enfant de plus facilement se projeter en réalisant que “tout est possible”. Il n’aura plus d’excuses en pensant qu’il est le seul sur terre à avoir des difficultés.

Comment sélectionner son mentor : poser pas mal de questions sur le parcours collège et lycée ainsi que son expérience d’orientation et privilégier un parcours atypique.

Niveau académique requis : l’élève a souvent des lacunes accumulées depuis de nombreuses années sur la matière révisée donc l’académique est loin d’être déterminant dans la progression de l’élève.

Niveau pédagogique requis : la clé sera la qualité de la relation entre l’élève et le Mentor, il faudra donc se focaliser sur le parcours de l’enseignant et sa capacité de rétrospection pour s’identifier au profil de l’élève. Si la situation de votre enfant lui parle c’est que vous avez trouvé votre Mentor !

Risque de la relation : Il faut réussir à cloisonner la relation au scolaire afin que le Mentor ne devienne pas la solution a tous les soucis d’adolescence. Ce n’est pas un psychologue et son but est de faire progresser votre enfant.

Le/la débrouillard(e) : élève faisant le minimum avec un fort besoin de motivation

Ce sont des élèves qui ont du mal à se mettre au travail et qui se donnent un coup de boost aux étapes clés de leur scolarité en travaillant à la dernière minute, juste comme il faut. Ces profils sont des petits malins, s’ils sont bien pris en main ils feront une scolarité réussie sans soucis.

Photo by Ethan Hoover on Unsplash

Pour eux l’enjeu est double : casser “l’effet cancre” (i.e l’identification aux profils cools et peu travailleurs) et inspirer grâce à un Mentor étudiant au parcours d’exception et très charismatique en prime. Les situations sont souvent similaires, l’enfant en pleine adolescence trouve l’enseignant en cours “vieux jeu”, ses parents “relou” et préfère ressembler aux profils populaires qui sont généralement aussi les moins assidus.

Ces élèves auront généralement des facilités mais il faudra être vigilant lors d’un changement vers par exemple un établissement plus exigeant mais aussi lors de l’arrivée au lycée. Ces “bouleversements” peuvent faire “basculer” ce profil vers celui de “découragés” lorsqu’il découvre que son seul talent scolaire ne suffit plus.

Le profil de Mentor idéal : Profil avec un parcours scolaire de qualité mais surtout de nombreuses activités extrascolaires que ce soit un sport, un instrument de musique ou des activités associatives.

Comment sélectionner son mentor : Dès l’appel, vous verrez vite si le profil est à l’aise et communiquant. Pour ne pas oublier l’aspect pédagogique malgré tout pensez à bien le questionner sur son approche de cours pour vous assurer que le Mentor est un fin pédagogue.

Niveau académique requis : le vrai enjeu est de trouver un profil de Mentor inspirant. Son parcours et sa personnalité devront inspirer l’élève afin que ce dernier associe dans son esprit réussite scolaire et vie épanouie. En résumé , l’exigence académique n’est pas primordiale.

Niveau pédagogique requis : Le Mentor ne devra pas devenir “l’ami” de son élève, il faut donc privilégier un Mentor avec une expérience pédagogique qui fera bien la part des choses entre sympathie et objectif scolaire.

Risque de la relation : Veiller à ne pas tomber dans une relation copain/copain.

Le/la travailleur(se) : profil rigoureux qui doute de son talent avec un fort besoin de confiance en soi

Photo by Wes Hicks on Unsplash

Le/la travailleur(se) est acharné(e), beaucoup de temps passé sur une matière pour des résultats pas toujours à la hauteur. Pas de panique, au moins l’élève est motivé(e). L’enseignement consiste malgré tout en une restitution de connaissances, une fois que l’élève aura chassé ses doutes liés à ses capacités, tout se déroulera très bien et sa rigueur dans le travail lui servira aussi dans le milieu professionnel.

La méthode pour les faire progresser passe par un travail sur la reprise de confiance et une meilleure méthode de travail.

Tout d’abord, l’élève doit apprendre à contrôler ses émotions pour ne pas paniquer lors des examens. En effet, fréquemment les “Travailleurs” connaissent leur cours mais perdent leurs moyens face à l’épreuve écrite alors qu’ils maîtrisent parfaitement leur cours. Pour l’aider à gérer ces situations, son Mentor peut notamment simuler des examens blancs lors des sessions avec un temps imparti. Le Mentor rassurera l’élève en fin d’épreuve et progressivement la confiance en soi reviendra.

Le second point indispensable, c’est la méthode. Quantité ne veut pas dire qualité et bien souvent ces élèves travaillent énormément et de façon totalement désorganisée et destructurée.

Le profil Mentor idéal : Un cursus type médecine ou sciences sociales fonctionne bien. Ce type de Mentors possède à la fois la méthode de travail mais également l’écoute nécessaire à redonner une meilleure confiance en soi à l’élève.

Comment sélectionner son mentor : parler peu, laisser le mentor poser des questions sur l’élève. Plus le Mentor sera curieux, plus cela présagera d’une empathie, ressource pédagogique clé pour le progrès de l’élève.

Niveau académique requis : l’élève a un manque d’organisation, il faut donc un Mentor rigoureux mais la majeure partie de la progression viendra du travail empathique du mentor pour redonner confiance à l’élève.

Niveau pédagogique requis : une nouvelle fois privilégier un Mentor avec de l’expérience car le travail sur la méthode et la confiance en soi est complexe. N’hésitez pas à demander au Mentor s’il a déjà eu à faire face à ce type de profils.

Risque de la relation : Vérifier que l’empathie ne débouche pas sur une gentillesse excessive et une dépendance de l’élève envers son Mentor. L’enjeu sera de redonner confiance à l’enfant tout en l’amenant à l’autonomie.

Le/la méthodique : élève exigeant avec un fort besoin de méthodologie

Il s’agit d’un(e) élève au parcours exemplaire fréquemment dans le peloton de tête de classe depuis le primaire et qui a besoin de méthodologie de travail pour optimiser son temps et prendre de l’avance pour préparer un parcours d’élite par exemple du type classe préparatoire ou concours type Sciences Po ou médecine.

Photo by Nikhita S on Unsplash

Ces élèves sont travailleurs et motivés, le besoin scolaire est précis : gagner du temps sur les révisions, développer des méthodes de travail plus efficaces et approfondir le programme pour anticiper les besoins des trimestres voire des années scolaires futures.

Le profil de Mentor idéal : Normalien(ne), très scolaire, exigeant et très organisé, il va permettre à l’élève d’intégrer un cursus d’élite en travaillant plus vite et plus efficacement. L’élève va progresser avec une meilleure organisation et appliquer les méthodes de son Mentor à la perfection.

Comment sélectionner son Mentor : Privilégier un profil avec un parcours d’excellence, major de concours ou agrégé, poser des questions sur les supports de cours. En général, ce type de profils dispose de nombreuses fiches / résumés de cours.

Niveau académique requis : Il est indispensable que le Mentor soit excellent pour assurer à l’élève de progresser. il faudra faire des parallèles avec des notions qui seront vues dans un avenir proche afin deprendre de l’avance sur le programme.

Niveau pédagogique requis : L’élève étant déjà travailleur, seule la méthode et l’organisation comptent, il n’est donc pas indispensable de prendre en compte d’autres critères dans votre choix.

Risque de la relation : Tant côté mentor que côté parent, attention à ne pas pousser l’élève au point de le faire saturer et qu’il décide de tout arrêter malgré son talent. Ne pas oublier qu’un parcours d’excellence est un marathon et non un sprint , le but est donc de ne pas exiger le maximum trop vite.

Tous les enfants et tous les Mentors sont différents :-)

Malgré cette distinction des 4 profils, nous n’avons toujours pas la prétention d’affirmer que tous les élèves rentrent forcément dans des cases, si vous voulez donner votre avis sur un profil d’élève qui serait en dehors de nos définitions, vous pouvez nous contacter sur :

https://www.mymentor.fr ou un petit mail à tony@mymentor.fr

Tony Infantino

Written by

CEO of www.mymentor.fr

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Réussite scolaire, éducation personnalisée et technologies de l’éducation

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