comprendre un poème, une peinture, c’est comme toucher une plante faite en plastique. laisser son esprit interpréter une peinture, un poème, laisser émerger une lecture qui éclaire une expérience, voilà ce qui est comme sentir la texture d’une vraie feuille, son arôme, saisir sa forme. car la compréhension est faite dans et par la conscience, ou du moins ce à quoi l’on donne de la valeur se passe dans la conscience, même si c’est sur une forme diffuse ou ‘intuitive’, peu importe le nom qui lui est donné. on a besoin d’avoir un quelque chose, puis on y colle un mot. par contre, si l’on se contente avec l’observation de la peinture, du poème, de l’œuvre, sans rien faire ou attendre d’autre, l’esprit a la voie libre pour le saisir, pour l’intégrer à son écosystème et pouvoir en profiter de toute sa richesse. puis, ce qui nous arrive à la conscience, même si cela ne peut pas ne pas arriver, n’a aucune importance. ce sont les déjections de ce processus d’assimilation. ce n’est pas qu’ils soient à négliger ou mépriser, mais certainement pas à valoriser non plus. ils sont simplement ce qui se manifeste d’un processus plus large, et ce qui compte dans ce processus a très peu à voir avec ce que l’on reçoit dans la conscience. on ne profite pas d’une œuvre d’art en la voyant ou en éprouvant du plaisir à la comprendre ou à l’apprécier, mais dans le fait que cela nourrit notre esprit pour qu’il puisse travailler à son aise et nous donner de modèles qui nous permettront d’agir sans aucune entrave, qui nous permettront de vivre. notre esprit est comme un petit insecte qui trouve tout ce dont il a besoin en parcourant une plante, au contact de ses feuilles, de ses fleurs. la plante en plastique pourra peut-être mimer à la perfection l’apparence, avec tous ses détails, d’une plante quelconque, un insecte n’y restera jamais.

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