Mon NaNoWriMo de 2015

Comme pour le projet précédent, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de faire un petit compte-rendu du NaNoWriMo 2015.

Déjà, c’est quoi le NaNoWriMo ?

National Novel Writing Month.

C’est un défi ; écrire 50 000 mots en 30 jours entre le 1er et le 31 novembre. C’est simple : on s’inscrit en avance, on rédige pendant le temps imparti et puis on fait valider son texte sur le site. C’est privé, c’est personnel, même si vous pouvez partager votre compte de mots avec les autres, faire des soirées spéciales, écumer les forums ou simplement partager vos exploits sur les réseaux sociaux.

On peut écrire un gros roman, on peut écrire plus que 50 000 mots, on peut écrire des nouvelles, des poèmes… on fait ce qu’on veut. Et pour ceux qui se demandent ce que ça fait 50 000 : ça fait quelque chose comme 200 pages Word en police 12, un truc du genre (après ça dépend des dialogues, de la mise en page, tout ça…). En gros, un moyenne de 1 300 mots à écrire par jour, ce qui peut prendre entre 30 minutes et deux heures selon votre inspiration et votre vitesse.

Qu’est-ce qu’on gagne ?

La récompense du NaNoWriMo c’est avant tout d’avoir écrit. Ça peut paraître idiot et « pas assez », mais c’est un formidable cadeau.

Sinon le site offre aussi une série de réductions et de petits cadeaux pour acheter des logiciels super pratiques Scrivener, Aeon Timeline, Pronoun… pour continuer à écrire ou pour corriger, voire pour publier… Bref, c’est très pratique.

Y’a quand même des désavantages ?

Oui. Déjà, faut se fader 50 000 mots. C’est beaucoup, ça épuise, c’est difficile.

Surtout, certains diront que c’est la pire façon d’écrire. Ils préfèrent écrire peu, mais bien. D’autres ont tendance à faire des sprints de trois ou quatre jours. Même si je trouve toutes ces remarques plutôt justes, il ne faut pas oublier que chacun est libre d’écrire comme il le souhaite, puisqu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’écrire.

Le principe du NaNoWriMo est simple : plus d’un défi, c’est un outil de motivation pour se dépasser et être capable de terminer quelque chose (quoique… non, je vous laisse la surprise pour plus tard).

C’est ma troisième participation ; la première en 2011 s’était soldée par un roman pathétique, résultat d’une rupture compliquée. Celle de 2013 a été la plus productive et m’a permis de terminer le premier jet d’un roman de fantasy dont je vous ai déjà parlé. Celle de 2015 s’est plutôt bien passée…

Préparation

Pour le NaNoWriMo de 2015, après avoir passé plusieurs mois sur mon roman de fantasy, j’avais envie d’écrire quelque chose de plus moderne et de personnel. Du coup, tout au long de l’année, j’ai réfléchi aux projets que je voulais développer. Fin octobre, quelques jours avant le début du NaNoWriMo j’avais donc deux idées ; la première Drakkar, date de 2010 ; la seconde La Naissance de l’Italie par Bruno Dumont est plus récente. Pour chaque projet, j’avais des personnages, une structure et quelques idées bien précises de scène ainsi que des dialogues.

J’ai décidé que chaque roman ferait 30 000 mots. Je me suis préparé un petit planning avec au minimum 2 000 mots à écrire par jour de semaine et un rab le weekend avec 3 000 mots. Le fait d’en faire « un peu plus » chaque jour me permet aussi d’avoir des soirées libres ou simplement de me dire « pas ce soir, j’ai la migraine », une situation qui arrive bien souvent.

Dernier point : je me suis fendu d’un beau tableau pour suivre ma progression… Le genre de truc qui me permet de concentrer mon stress à l’approche du NaNoWriMo…

Premier roman

Drakkar est un projet de longue date, que je traîne depuis des années et que je n’ai jamais réussi à rédiger proprement. Je dois avoir des notes de cette idée dans tous mes carnets depuis cinq ans et j’ai retourné le bouzin dans tous les sens, sans jamais pouvoir trouver le bon angle.

Je me suis lancé cette année, en reprenant mon idée originale : Un groupe de trentenaires vole le corps de leur ami le jour de son enterrement pour lui offrir les funérailles qu’il mérite, loin de son épouse coincée et de sa famille réac. C’est un road-trip, à la première personne et je crois que j’ai attendu toute ma vie d’avoir le temps de m’y consacrer.

Résultat : il s’est écrit quasiment tout seul. Peut-être parce que j’approche de la trentaine, peut-être parce que j’ai vécu des choses différentes ces dernières années… Tout cela m’a permis de me débloquer et de rédiger 32 000 mots en 14 sessions et 16 heures.

Second roman

Le lundi 16 novembre, j’ai mis le point final à Drakkar et je me suis tourné vers le second.

Et là… rien. Au bout de trois heures à tourner autour des scènes que j’avais mises en place, je me suis rendu compte que j’étais battu. Il me manquait quelque chose. Alors au lieu d’abandonner (j’avais encore le temps) ou d’aller grossir artificiellement le premier roman, je me suis mis à écrire sans trop savoir où j’allais sur une autre idée.

L’année dernière, je vivais en résidence le temps de me trouver un appartement et un samedi matin, très tôt, après avoir fait mon jogging millénaire, j’ai croisé un couple de sexagénaires dans mon ascenseur, avec sur le visage une expression de joie intense, mais sourde. Ça m’a immédiatement fait penser au Quietus, la drogue utilisée pour l’euthanasie dans le roman et le film Children of Men (fun).

Du coup, je suis parti sur une idée assez compliquée à résumer… Pas parce qu’elle est fantastique et complexe, mais parce qu’elle a énormément évolué au fur et à mesure que j’avançais. Chaque chapitre apportait de nouveaux éléments et des deux projets, il sera sans doute le plus compliqué à réécrire.

J’ai rédigé 23 000 mots en 16 sessions et 14 heures. Le rendement de mots par heure est plus faible : 2 300 mots par heure pour Drakkar et seulement 1 400 pour La Fourmi.

Statistiques fantastiques

J’ai eu 30 séances de travail sur les 30 jours : c’est-à-dire que j’écrivais parfois le matin avant d’aller au travail ou bien je me faisais des sessions entre midi et deux. En moyenne, j’ai écrit 1 807 mots par heure, soit 30 mots par minute.

Sur ces 30 jours, j’ai écrit 25 jours, dont 9 au maximum à la suite. J’ai passé 31 heures au total sur les deux projets, soit un total de 1 872 minutes. J’ai bu 42 tasses de thé et mangé 60 petites gaufrettes hollandaises de chez Hema (ma drogue du moment).

Au total, j’ai écrit 55 999 mots, 325407 signes pour ce NaNoWriMo, ce qui est bien moins que pour l’édition de 2013, mais bon, ça m’apprendra à arriver les mains dans les poches.

La suite…

Écrire, c’est réécrire. Le plus simple a été fait : la première version existe, je peux l’imprimer, la relire, la modifier, la casser, la tordre, la relire encore une fois, la réécrire entièrement. Le vrai travail commence enfin pour moi : il s’agit de trouver dans la matière primaire qu’est ce jet et en faire quelque chose qui fonctionne et qui est marquant, tout en restant vrai. Bref, y’a encore du boulot.

Maintenant, je prends tout mon mois de décembre pour dormir et me recharger.

Si vous avez la moindre question quant au NaNoWriMo, n’hésitez pas…

Si vous avez besoin de motivation pour l’année prochaine, n’oubliez pas que tout le monde peut le faire, il suffit d’un peu, d’un tout petit peu de rigueur. Je suis célibataire et sans enfant, donc même avec mon travail, j’ai le temps d’écrire à côté. Je vois énormément de gens sur les forums qui arrivent à écrire et qui finissent leur NaNoWriMo, notamment des femmes qui cumulent leur emploi et leur famille. C’est faisable.

Et je vous jure que le jeu en vaut la chandelle, ne serait-ce que pour coucher sur le papier une idée qui nous hante depuis des années…