Les nouveaux modes de vie et de travail dans un monde en mutation

Le monde dans lequel nous vivons évolue rapidement. Nous sommes en concurrence sur un marché mondial pour : le travail, les voyages, la médecine… Les coûts de transports, comme l’avion, ne cessent de diminuer. C’est, aussi, de plus en plus facile de voyager et de s’expatrier : notamment grâce aux nombreux accords de visas et à internet. On peut communiquer avec ses proches depuis presque n’importe où sur la planète via le web.

Une nouvelle génération, dont je fais partie, embrasse cette philosophie : la génération Y. Elle est mondialisée et on la qualifie parfois de “born-global”, c’est-à-dire qu’elle pense Monde, Europe, Asie et pas que France. Par ailleurs, elle a aussi grandit avec internet dont elle est une grande utilisatrice. C’est une génération en quête de sens, de fun, de responsabilités et d’autonomie au travail comme dans la vie. Elle préfère voyager et s’amuser que d’acheter un appartement et une voiture alors qu’elle peut les louer quand elle en a besoin.

L’économie aussi évolue avec notamment l’arrivée de l’économie collaborative et des entreprises sociales. De nombreuses licornes et startups sont issues de ces bouleversements : uber, airbnb, Blablacar, Drivy, Couchsurfing, wework, Flightcar, Etsy, 99 design…

Cette nouvelle économie remet en question certains des fondements de l’ancienne économie, comme le salariat. Quel statut aura le travailleur au XXIème siècle ? Dans son livre, La France du Bon Coin, David Ménascé fait le constat que le salariat est grignoté par le haut et par le bas. En effet, on retrouve d’un côté des gens en situations précaires qui enchaînent les petits jobs… et d’un autre côté personnes ayant des professions intellectuelles et de bonnes situations qui ont de nouvelles aspirations et qui se heurtent aux modes de fonctionnement très hiérarchiques et politiques des grandes entreprises.

Ainsi, la crise des subprimes puis européenne aidant, le nombre d’auto-entrepreneurs, d’indépendants, de freelances et d’entrepreneurs a explosé. On voit aussi se développer les “slashers” qui vont jongler entre plusieurs boulots (généralement entre 2 et 3) : photographe et graphiste web, guitariste et professeur de yoga etc. Pour certains c’est par contrainte tandis que d’autres le revendiquent comme un mode de vie.

Ces nouveaux modes de vie se développent et cela va encore continuer comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous pour les freelances :

Données de Freelancer Union aux Etats-Unis en 2014.

En 2014, il y avait 53 millions d’américains faisant du travail en freelance selon l’étude de Freelancer Union. En France, ils étaient 700 000 cette même année selon les estimations de Hopwork et 8,3 millions en Europe en 2013 selon l’étude « Future Working: The Rise of europe’s independent professionals ». C’est d’ailleurs, selon cette même source, la catégorie de travailleurs qui croit le plus : +85% en France.

Dans le même état d’esprit, de plus en plus d’entreprises permettent le télé-travail, même si certaines reviennent ou sont revenues sur cette décision, comme Yahoo lorsque Marissa Mayer est devenue CEO… Ce qui montre, de part l’échec du redressement de l’entreprise, que supprimer le travail à distance ne résout pas tous les problèmes. Celui-ci peut être mal mis en place : sans concertation, stratégie, règles et surtout sans une véritable politique de RH derrière. Mais, de manière générale ces pratiques se développent.

De plus, il semble exister une limite (en % du nombre d’employés) au-delà de laquelle cela cause plus de problèmes que de bienfaits comme on peut le voir dans l’article “Remote Worker, Distributed Team” de Bob McWhirter.

Celui-ci nous parle, d’ailleurs, aussi des “distributed teams” : celles qui se situent en bas à droite de son graphique. Ce sont des entreprises où aucun des employés ne travaille au bureau puisqu’il n’y a pas de bureau ! On peut notamment citer : Buffer, Stripe, Basecamp, inVision, automattic (entreprise qui développe Wordpress), zapier ou encore la jeune startup française Email Hunter.

Du coup, dès lors que l’on en vient à travailler à distance… Pourquoi rester vivre à Paris, Lyon ou autres ? Ainsi, des télé-travailleurs partent vivre à la campagne et des espaces de co-working s’y développent comme on peut le voir avec Mutinerie Village ou Les Cordées qui s’y implantent. Mais, c’est surtout l’occasion de pouvoir voyager, aller vivre encore plus loin et se déplacer : c’est le digital nomadisme.

Les digital nomads peuvent être des entrepreneurs, des salariés ou des freelances. Ils travaillent depuis Bali, la Thaïlande, la Colombie où voyagent en Europe quand bon leur semble… Pour le moment, on retrouve principalement des nomades dans les métiers liés au web cependant il y a aussi des avocats ou des chefs d’entreprises dans le retail… ou encore des patrons de la presse.

C’est pourquoi, selon les estimations du fondateur de Nomad List, Pieter Levels, il pourrait y avoir jusqu’à 1 milliard de digital nomads en 2035 !

Et vous, vous seriez prêt à franchir le pas ?


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Merci à Laetitia Audouin pour son aide dans l’écriture et la relecture.