La méthode du canard en plastique

Encore une victoire de canard !

Photo by Andrew Wulf on Unsplash

Après la technique de La Rache, voici la méthode du canard en plastique !

La méthode du canard en plastique, appelée également méthode du canard en caoutchouc, est une pratique de revue du code source utilisée en génie logiciel dans les phases de débogage.
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_du_canard_en_plastique

Même si vous ne le connaissez pas de nom, vous avez certainement déjà rencontré ce canard, si tant est que vous avez eu l’occasion d’affronter un problème un minimum coriace dans votre vie. À vrai dire, il existe même depuis le millénaire dernier ! Oui, bon, depuis 1999 d’après la légende.

Le principe est tout à fait simple, puisqu’après s’être aperçu que l’on trouvait souvent une réponse cherchée des heures après seulement quelques minutes d’explication à un autre être humain (situation assez proche de la loi de Murphy et autres “c’est quand on ne cherche pas qu’on trouve”), des développeurs en sont venus à simplifier le processus en proposant d’avoir toujours à portée de main un canard en plastique à qui raconter son problème, et ainsi déclencher une situation d’eurêka immédiat. Faut pas déconner quand même, parler avec d’autres êtres vivants ? Ça scale pas !

L’avantage du canard en plastique sur un interlocuteur humain est que sa capacité d’écoute et sa patience sont sans limite.

L’avantage double étant, pour vous, de prévenir un burnout après plusieurs jours passés sur un problème, mais aussi pour votre open-space d’éviter un exode massif après un excès de soupirs rageurs. Le revers de la médaille étant bien sûr de passer pour un fou associable (je pensais ajouter une petite boutade ici sur un cliché autour des geeks, mais rien trouvé de bien original, tant pis).

Notons que la technique fonctionne peu importe votre interlocuteur. Alors, oui, vous pouvez embêter votre dulcinée avec vos soucis de code tous les soirs, bien que cela pourrait se révéler dangereux pour la durée de vie de votre couple, mais plus précisément il s’agit de ne pas hésiter à parler avec des collègues moins expérimentés par exemple ; ce qui permettra par la même occasion de les décomplexer de ce fameux syndrome de l’imposteur : si les “seniors” n’hésitent pas à poser des questions (“à priori” bêtes puisqu’ils y trouvent la question dans la minute où ils l’expliquent), eux aussi n’auront plus de doute à faire de même. Gagnant-gagnant ?

Il me semble aussi que c’est un bon comportement prôné dans les rituels de type standup meeting des méthodes agiles : chaque jour, en 2min, décrire ce que j’ai fait, ce que je vais faire, mais surtout quelles sont les difficultés rencontrées. À mon avis les deux méthodes sont complémentaires car à ce moment-là on ne peut pas s’attarder sur le problème, mais c’est l’occasion de repérer un souci déjà vu chez un collègue, pour ensuite prendre le temps d’en parler après le standup.

En bref l’idée n’est pas de renier votre fibre anti-consumériste et de courir vous procurer un magnifique compagnon en plastique pour enfin devenir le super-développeur que vous avez toujours rêvé d’être, mais bien de prendre conscience qu’on a souvent tendance à s’acharner sur un problème alors qu’il suffirait d’en discuter quelques minutes, de prendre l’air, de remettre au lendemain… pour que la solution arrive d’elle-même (ou presque, il s’agit plutôt de laisser votre inconscient travailler en fin de compte). Attention, ceci n’est pas une ode à la procrastination ! Et bien sûr, ce principe ne se cantonne pas au développement.

Ni aux canards.