Nosy Ve

L’îlot aux paille-en-queues
Comment font-ils pour s’envoler

J’ai emprunté le bac avec une voiture de location à partir de Tuléar afin de me rendre à Anakao. La traversée dure environ 30 minutes. Il n’existe qu’un seul bac et il vaut mieux connaître les horaires des marées hautes, à moins que vous ne préfériez attendre des plombes au beau milieu de la brousse. Être ponctuel et patient vous sauve la vie quelques fois. J’ai remarqué pendant mon séjour là-bas que le bac transporte toujours quatre 4×4 et un énorme camion, bien chargé voire trop ! Le camion transporte de nombreuses marchandises (boissons, légumes, poules…), bref il y a un peu de tout dans le véhicule. Et je me dis qu’il n’y a pas de magasin à Anakao ni dans les villages voisins, et que les passagers n’ont pas à payer puisque les voitures le font à leur place.

C’est l’endroit où on prend le bac. C’est un des camions dont je vous en ai parlé.

Après un quart d’heure de faible ballottement sur la mer, le bac mouille près des rives du village. On peut louer une vedette ou une pirogue pour s’aventurer à Nosy Ve. Les prix sont à débattre comme toujours dans toutes les régions de Madagascar. Et il faut le faire car cela permet de tisser des liens d’amitiés et d’avoir un sujet de conversation. Si vous n’aimez pas marchander, descendez un petit peu quand même le prix pour vous imprégner de la culture.

J’ai pris une pirogue avec huit autres personnes de notre équipe et nous avons payé 6000 Ariary chacun pour l’aller et le retour. Deux euros.

Les pêcheurs Vezo.

L’île se situe à 3 kilomètres à l’ouest du village et a une superficie de 60 hectares. Entre le 16 et 19ème siècle, des commerçants européens s’y sont installés passagèrement. De nos jours elle est inhabitée. Nosy Ve est devenue un lieu de rites sacrés, pour les populations riveraines, et que tous les visiteurs doivent honorer. Et c’est un lieu de fady (tabous). Le porc et l’ail y sont proscrits.

Vous pouvez voir tous les tabous dans ce panneau à l’entrée de l’île.

L’île est entourée de magnifiques récifs coralliens qui se dégradent petit à petit à cause de la pêche. Comme c’est une des activités génératrices de revenus pour les populations locales, ces coraux sont en danger. Avec l’aide et l’encadrement d’organismes non gouvernementaux, mais surtout avec la motivation et la volonté de chacun (villageois, volontaires, touristes, État), des comités locaux gèrent la protection et la réhabilitation des ressources marines, et organisent des campagnes de sensibilisation…

Cette île abrite également des oiseaux appelés Paille en queue. Ce sont des oiseaux de mer qui ne peuvent pas marcher puisqu’ils ont des petites palmes. Alors comment font-ils pour s’envoler ? Eh bien, ils se nichent sous des buissons aérés où ils peuvent entrevoir le ciel. Ils déploient tout de suite leurs ailes et s’élancent. Ils vont à la mer pour chercher de quoi mettre sous le bec et retournent dans leurs nids. Je trouve que ce sont des oiseaux impressionnants et je vous assure qu’il en existe encore d’autres qui le sont plus.

Je vous laisse interpréter les photos!

Après une balade d’environ une heure trente, je suis retourné à Anakao pour déguster des tas de fruits de mer. Eh voilà, c’était pour moi une magnifique journée en compagnie de bonnes personnes ! Je vous donne rendez-vous à mes prochaines aventures.

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