La vidéo dans le Football : L’impact sur le jeu

Premier épisode de cette saga sur la vidéo dans le Football : “L’impact sur le jeu”. La vidéo accompagne de plus en plus les nombreux acteurs du Football. Parfaitement intégrée, elle participe à la mutation de la discipline la plus regardée dans le monde.

Crédit photo : usine-digital.fr

Les nouvelles technologies font leur apparition dans le cœur même du jeu. Depuis quelques années, de nouveaux outils interviennent directement sur le terrain afin d’accompagner les décisions arbitrales. Encouragées ou décriées, ses solutions font tout de même office de débat.

Est-ce la mort du jeu tel que nous le connaissons ? Ou bien juste un moyen d’éviter de dramatiques erreurs qui changeraient le cours d’un match, voire d’une compétition ? Quoi qu’il en soit, l’arrivée dans le football des nouvelles technologies semble maintenant inévitable.


La Goal Line technology : L’efficacité et la rapidité de la décision

La Goal Line technology est un système permettant de savoir si oui ou non, le ballon est entièrement rentré dans le but. Ce dispositif est apparu après de nombreuses polémiques autour de « buts fantômes » ou bien de buts injustement invalidés. Un exemple flagrant d’un des scandales liés à ce sujet s’est passé lors de la Coupe du Monde 2010, dans un match opposant l’Angleterre et l’Allemagne : La frappe de l’anglais Lampard était rentré, et le but avait été refusé. L’Angleterre s’était vu ensuite sortie de la compétition.

La frappe de Lampard était bien rentrée, l’Angleterre est éliminée…

Le début des tests a démarré en 2012 lors de la Coupe du Monde des clubs, puis s’est étendu en 2013, lors de la Coupe des Confédérations. Le succès fut de mise, et s’est ainsi que la FIFA a adopté cette solution pour ses compétitions. Maintenant, les grands championnats l’utilisent tels, la Ligue 1 (France), la Premier League (Angleterre) ou la Liga (Espagne). Ce dispositif a également été actif durant la Coupe du Monde 2014 du Brésil, et le Championnat d’Europe en France en 2016.

À noter également que la technologie de la Goal Line est dorénavant présente dans le jeu vidéo FIFA 17, rendant l’expérience du gamer encore plus réaliste.

Crédit Photo : Sky Sports

Deux types de Goal Line existent. Plusieurs sociétés ont travaillé sur ce projet, en amenant chacune leurs alternatives.

Le groupe Goal Control a été choisi par la FIFA pour exercer sur ses compétitions. A l’aide de sept caméras sur chaque but, il permet de dire si oui ou non, le ballon a entièrement franchi la ligne. Il envoi directement un signal à une montre connectée, que l’arbitre détient. Le premier but validé de cette manière fut marqué par le joueur de l’Equipe de France Karim Benzema, lors d’une rencontre de la Coupe du Monde 2014.

Cette solution est également utilisée en France, dans le plus haut échelon national.

La société Cairos GLT system quant à elle utilise des capteurs à l’intérieur du ballon et aux extrémités de la surface. Ce dispositif résiste à de puissantes charges. La FIFA l’a également intégré à ses compétitions depuis 2013.

Ces deux types de techniques sont efficaces mais peuvent également rencontrer des problèmes.

La Goal Line Technology : Et si tout n’était pas parfait ?

Crédit Photo : OUEST FRANCE

La Goal Line Technology commet également des erreurs. Il n’en fallait pas plus pour relancer d’éternels débats sur l’utilisation des nouvelles technologies. Lors d’une rencontre du championnat de Ligue 1 (première Division française), ce système a connu un bug qui aurait pu changer le cours du match. Dans une rencontre opposant Bordeaux à Rennes, alors que le ballon n’avait pas franchi la ligne et se trouvait juste devant dans les bras du gardien, le signal de but a été envoyé à l’arbitre. Fort heureusement, l’arbitre se trouvait assez proche de la cage bordelaise pour constater que le but n’était pas valable. Les caméras de Goal Control ont été induites en erreur par la couleur du maillot du gardien girondin, du même jaune que le ballon.

La règle de la FIFA veut que la solution finale soit tout de même prise par l’arbitre, signal ou pas. Sans une personne réelle à l’arbitrage, le but aurait injustement été validé. Cela nous montre les limites des nouvelles technologies, qui se trompent parfois, comme l’œil humain.


L’arbitrage vidéo en approche

Depuis le début de l’année 2017, la FIFA est en période de test de l’arbitrage vidéo. Cette solution utilisée au Rugby depuis de nombreuses années a fait son apparition durant la Coupe du Monde des clubs en janvier dernier. Elle fût critiquée de par l’attente entre la vérification et la validation du but. Cette technologie se retrouva également pointée du doigt car accusée d’installer un faux rythme dans le jeu et de tuer l’émotion des joueurs. Après un but refusé et déjà célébré, l’annulation d’un but est très déstabilisante. Le problème vient des longues secondes voire minutes entre le déroulement de l’action et la prise de décision arbitrale.

Mis en place par la société Hawk-Eye, cette solution a également été utilisée lors de deux matchs amicaux de l’Equipe de France. Durant ces deux rencontres, ce système a fait beaucoup de bruit.

Lors de la première rencontre face à l’Espagne, l’arbitrage vidéo a été utilisé à deux reprises. Au retour de la pause, l’arbitre avait validé un but français de l’attaquant Antoine Griezmann, pour ensuite revenir sur sa décision une minute plus tard. Après visionnage de la vidéo, l’arbitre assistant ayant accès aux images, avait informé l’arbitre principal de la position de hors-jeu du buteur français. Après avoir célébré l’ouverture du score, et s’être replacé, les joueurs français ont donc eu l’amère surprise de voir leur but refuser.

But de l’Equipe de France, refusé après un recours à l’arbitrage vidéo

Ensuite, lors d’une action à montrer dans les écoles de part son jeu fluide et collectif ( de la sélection espagnole), l’arbitre assistant levait son drapeau pour signaler un hors-jeu. Cependant le but Espagnol était bien valable. Après usage de l’arbitrage vidéo, l’arbitre réparait son erreur en validant cet enchaînement de classe conclu par l’attaquant de l’AC Milan Gerard Deulofeu.

But de l’Espagne accordée après utilisation de l’arbitrage vidéo

Si lors de cette rencontre, cette solution a été saluée pour sa clarification des décisions, elle a également été très secouée par rapport au but français. Les joueurs de la sélection tricolore n’ont pas apprécié l’attente qualifiée d’interminable, qui a ensuite découlé de l’annulation de l’ouverture du score.

Dans le second match, l’Equipe de France retrouvait l’arbitrage vidéo dans un affrontement qui n’avait d’amical que le nom. En effet, le 13 Juin 2017, la sélection tricolore affrontait l’Angleterre, au Stade de France (Paris). Au retour de la mi-temps et alors que la France menait de deux buts à un, l’arbitre a décidé de faire appel à l’arbitrage vidéo sur une action dans la surface. Après avoir initialement indiqué le point de pénalty et sorti le carton jaune, il changea ensuite sa décision pour exclure le défenseur français, Raphaël Varane. La décision arbitrale décrite comme sévère fut très largement critiquée au lendemain de la rencontre. Ce n’est cependant pas la faute de ce système, car il permet juste de re-visionner les images, et ne donne pas non plus de décision. Il s’agit uniquement d’un support, qui accompagne l’arbitre.

Crédit Photo : RMC SPORT

L’utilisation de l’arbitrage vidéo est vu comme à double tranchant pour les experts du Football. Cela apporte une certaine aide aux arbitres qui ne peuvent tout voir, comme l’atteste le but espagnol validé très justement, après visionnage de l’action. Cependant, le débat continu de faire rage car malgré l’aide de la vidéo, l’arbitre peut encore se tromper. Mais dans une action, il y a toujours une part de subjectivité, nous ne partageons pas toujours tous le même point de vu. De plus, l’attente occasionnée par le re-visionnage de tous les angles de l’action n’est pas dans l’esprit du Football, car cela joue sur le rythme de la rencontre et sur les émotions des joueurs.

Pour convaincre la majeure partie des acteurs et amateurs de ce sport, la vidéo va devoir évoluer pour devenir plus rapide, et plus efficace. C’est également aux mentalités de changer et d’évoluer, car des sports comme le Tennis ou le Rugby ont parfaitement assimilé cette solution.


Les nouveaux supports techniques de l’arbitrage dans le Football commencent à percer et à convaincre. Tout de même, les erreurs de cette nouvelle technologie doivent être perfectionnés afin d’éviter de nombreux débats et enfin aider les arbitres qui ne peuvent pas toujours tout voir.

Et vous, quel est votre point de vue concernant ces deux technologies ?

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