Images de gens & Visages de marques.

Images de gens et visages de marques

Je m’étonne récemment de voir à quel point le rôle d’un DA ou designer graphique est crucial dans la construction d’un projet ou d’une entreprise.
Et c’est finalement un peu normal et évident. Car il détermine la gueule du truc, la façade.

La façade ? C’est le prénom qui te définis, c’est la gueule que tu tires.

Quand tu rencontres quelqu’un, j’imagine que c’est pour tout le monde pareil hein, tu vas regarder sa tête, ses pompes, tu vas écouter les mots qu’il utilise, et puis en déduire. En déduire quoi ? Un bout de sa philosophie de vie, dans les grandes lignes : son histoire, son milieu social. 
Et le mettre dans une petite case dans ta tête. 
C’est un processus naturel. Cela, afin de te rassurer et d’identifier rapidement si cette personne est proche ou pas de ta propre vision de la vie. Et dans notre petit monde qui va si vite ces derniers temps, je crois que l’humain des villes engage cette identification de plus en plus rapidement . Elle s’automatise de mieux en mieux (ou de pire en pire..?).

La case, elle rassemble tout plein de codes, c’est un esprit, c’est la tribu.

La gueule des gens comme la gueule des marques.

Et finalement quand tu rencontres une marque, c’est un peu la même chose. Prenons par exemple notre première rencontre avec une marque.

Si le processus vulgarisé, de la conception a dû ressembler à cela :

1.J’identifie un besoin 
2.Je conçois un produit ou un service 
3. Je crée une marque et lui donne un univers visuel pour que les gens à qui je veux parler y adhèrent 
4.Je distribue la communication.

À l’inverse, celui de la perception est :

1.Je suis touché par l‘image communicante
2.Je comprends l’univers du produit et de la marque
3 Je sais si j’y adhère
4 Je m’intéresse plus au produit

Et donc la première étape, celle de la gueule (1) est cruciale : car si le grand public passe les deux premières , la communication est réussie. 
Il met la marque dans une case.

Libre à lui d’y adhérer, mais si il réussit à imaginer la case, déjà, c’est réussi. La cible, elle, franchira les deux dernières étapes. À la 3ème étape, si elle rentre aussi dans la même case, elle est adhérente. Si elle passe la 4ème, elle devient consommatrice.

L’identité visuelle, l’image, conduit tout ce chemin. Elle amorce l’expérience. Et elle s’articule en deux axes qui sont je crois, le “quoi” et le “comment”.

Le fait ,ou le“quoi”

“Ah c’est bleu. une typo fine et serif, un coquillage.” Notre cerveau analyse rapidement: ça appartient aux codes des cosmétiques ou de la restauration ?”

Voici la première fonction d’une identité visuelle : 
Comprendre rapidement de quoi on parle. La case.

C’est la partie, pour certains, “chiante” de l’iceberg. L‘inconscient collectif a emmagasiné un tas de codes visuels et sémantiques auxquels il attribue des domaines d’activités, des gammes de produits, des origines géographiques, culturelles, un niveau de prix ou d’excellence ...etc et qu’on doit prendre en compte dans la création d’un univers visuel. Cela peut être attribué à des couleurs, des formes, des typographies, des symboles ou même l’utilisation de tel ou tel mot. Et donc cette première,partie là, c’est la partie induite, c’est la partie inconsciente du truc.

C’est : Marine, j’ai des cheveux en dessous des oreilles, j’ai une voix aigue, j’ai des seins : je suis une fille. Factuel.

Le truc le plus intéressant est de passer de cette étape à la suivante. C’est dans ce chemin là qu’on reconnait les belles marques, celles qui donnent le “la” et qui sont imitées, même si on ne sait pas toujours pourquoi. C’est l’alchimie.

Le rêve ou le“comment”

Cette deuxième dimension, c’est le rêve. C’est le coeur de l’histoire. C’est la poésie.

Hier quelqu’un (que je ne juge absolument pas) a commencé une phrase en parlant de son logo :

« Tu sais , je fais une app, et généralement les apps... ».

“Généralement” , c’est le mot qui m’emmerde grave, il est le curseur qui oscille entre le “quoi” et le “comment” ? Comment faire pour qu’on comprenne de quoi je parle en reprenant des codes, sans ressembler à tous les autres? Comment je raconte MON histoire ?

Il ne faut aussi pas oublier je crois que les tendances graphiques sont faites par des usages. Si souvent, les app mobile ont un signe détachable (signe ou mascotte etc) en guise de logo, c’est afin qu’elles soient lisibles dans un carré à bords arrondis. L’usage. 
Mais donc : ce n’est pas que la règle est de représenter ta marque par un animal-mascotte-random-plus-ou-moins-approprié-à-ton-secteur-d’activité, mais c’est que la contrainte est de faire rentrer un signe fort dans un carré. Pour Twitter ça s’est traduit par un oiseau et donc un animal, et pour facebook par un F. Mais non.
Ce n’est pas une règle.

D’ailleurs quelqu’un m’a déjà dit : « j’aimerais que le signe de mon logo soit un monogramme, comme facebook, car tu vois, le « f » de facebook, on s’en souvient. » Ce projet n’avait rien à voir avec une app d’ailleurs. Oui on se rappelle du f de facebook. Mais n’est-ce pas parce qu’ils ont été un des premiers à devenir célèbre en expérimentant ce format et ces nouveaux usages ? Ou même… parce que toute la planète l’utilise toute la journée ?

Mais Revenons à nos moutons.

Je voulais vous parler un peu du « IT » — comme Kerouac disait d’un sujet qui n’a rien a voir -mais j’adore cette expression. Le moment d’alchimie.

Là où les belles marques et la jolie communication existent vraiment.

C’est l’interprétation des symptômes de l’histoire plus impalpable, c’est le sentiment :
C’est Marine, elle parle un peu comme une poissonnière des fois, elle se teint les cheveux en roux, elle porte des vêtements de grand mère: elle doit venir de classe moyenne, être un peu rock et kiffer un peu trop les vide greniers, mais bon elle a l’air sympa
. (nb: description hyper naze de moi même mais c’est pour l’illu vous en conviendrez)

Le storytelling. L’adn.

Là où se situe le rêve, et pas la fonction. Exemple que je raconte souvent (desolée les startups): Si air bnb se contentait de vous signer « location d’appartement entre particuliers » , où serait le rêve dans tout cela ? Où serait le style ? Où serait le fun ? Il ne faut pas oublier. 
Non. Air bnb n’est pas « une plateforme de location d’appartement entre particuliers ». Non. Air bnb vous permet d’être chez vous n’importe où sur terre.

Quel joli message, non ? Les gens ne veulent pas du chiant ou du fonctionnel quand on leur parle, même à des fins commerciales. Les gens sont comme vous et moi, les gens veulent rêver, ils veulent de la poésie, ils veulent prôner de belles valeurs et trouver de l’excentricité. Les gens veulent du fun, ils veulent qu’on les chatouille doucement, ils veulent sourire, avoir peur où même être en colère quand ils regardent quelque chose. Mais ce que les gens ne veulent pas c’est .. Du CHIANT.

Et MERDE. LE CHIANT, qu’est ce qu’il y en a.. JC Decaux que faites vous ?

Où êtes vous, les rêveurs ? J’ai peur de ne voir que des techniciens asservis. Mais restons positifs: vous les gens qui faites les images ou ne les faites pas, prenez-en conscience, essayez de vous battre un peu contre l’uniformisation du monde.

ENSORCELEURS

Les gens voient, pour certains, en nos fonctions des ensorceleurs intéressés hautains et débiles asservis par le capitalisme et le marketing. Je crois qu’ils pourraient finir par dire vrai quand je traîne un peu trop avec mes potes d’agence. Mais je veux continuer à voir ce métier comme une occasion de rendre le monde moins gris, de donner des couleurs, de la poésie et de la matière aux choses.

Bien sûr je me demande parfois si on n’approche pas la manipulation : les fins sont commerciales. Mais je suis aussi convaincue que les nouvelles générations sont conscientes des coulisses de la communication et qu’elles sont presque devenues des victimes consentantes.

Je ne sais pas exactement où se situe la verité.

Est-ce l’inconscient collectif qui a créé les cases et le marketing les a remplies de marques ?

Est-ce le marketing qui a créé ces cases et les hommes se sont rués dedans ?

Je ne prétends rien savoir, mais je me sentais inspirée. :-)

Bisou. Marine

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