Notre histoire

Depuis le printemps 2016, Open Source Politics est une entreprise relevant du champ de l’économie sociale et solidaire qui développe des plateformes numériques libres et open source et anime des ateliers d’intelligence collective pour accompagner des acteurs publics, privés et associatifs engagés dans des démarches participatives.

Nous sommes quatre associés rassemblés par la conviction que les pratiques démocratiques doivent occuper une place plus importante dans notre société. Pas seulement dans le monde politique, mais aussi dans le fonctionnement de nos entreprises, la gouvernance de nos associations et la conduite de nos projets collectifs. Nous nous sommes rencontrés au printemps 2015 autour des solutions concrètes que le numérique peut apporter à ces défis.

Virgile avait vécu la création de la plateforme Democracy OS et du Partido de la Red à Buenos Aires en 2013 et venait de créer une association en France pour favoriser la participation des citoyens à la prise de décisions politiques. Olivier avait suivi l’expérience argentine et était impatient d’utiliser l’application dans le cadre de ses nombreux engagements associatifs et politiques. Alain proposait à l’association ses services de développeur aguerri pour accompagner les premières utilisations de la technologie en France. Quant à lui, Valentin avait travaillé au contact de plusieurs élus locaux et nationaux et cherchait à créer une plateforme permettant aux citoyens de suivre et voter les lois en temps réel.

Avec les autres membres de l’association Democracy OS France, nous avons profité de la venue à Paris de Pia Mancini, la co-fondatrice de Democracy OS, pour organiser une rencontre. C’est comme cela qu’est né le Meetup Open Source Politics le 15 mai 2015, dans le but de diffuser l’invitation aux développeurs et entrepreneurs présents sur ce réseau.

Premier Meetup Open Source Politics avec Pia Mancini le 21 mai 2015 chez Volumes.

En un an, nous avons rassemblé 1 300 personnes lors des 45 événements que nous avons directement organisés ou activement relayés. Alors que les projets français se comptaient sur les doigts d’une main à notre lancement, notre communauté a accompagné depuis quinze mois l’émergence dans le débat public et sur la scène entrepreneuriale du concept de civic tech. Aujourd’hui revendiqué par des dizaines d’initiatives, il est régulièrement repris par de nombreux médias et responsables politiques. Nous avons également ouvert notre réflexion collective sur les dynamiques internationales en accueillant à Paris des personnalités comme le fondateur de Democracy.Earth Santiago Siri ou en participant à des événements hors de nos frontières comme le Darefest à Anvers, la conférence d10e sur la blockchain à Amsterdam, l’édition 2016 de TicTEC organisée par MySociety à Barcelone, la conférence Future of Democracy à Reykjavik et MECATE, le programme international d’entreprenariat public de l’université TEC de Monterrey à Mexico.

Nous sommes heureux d’avoir pris notre part, aux côtés d’un nombre croissant de défricheurs inspirants, dans ce mouvement de renouvellement politique dont nous avons tant besoin. Cependant, au cours des derniers mois, nous avons dressé deux constats : d’une part, plusieurs initiatives se sont spécialisées dans le suivi de l’actualité de la civic tech française ; d’autre part, cet écosystème est désormais suffisamment diversifié pour que tombent les voiles de la neutralité technologique et de l’équivalence politique entre tous les projets. Non, tout ne se vaut pas et toutes les démarches ne servent pas les mêmes objectifs. Il nous paraissait important de revenir aux valeurs et aux pratiques qui ont motivé notre engagement : défendre et infuser les pratiques de l’open source dans le monde politique.

Reposant sur des principes de transparence et de collaboration, l’open source permet au public de disposer des meilleurs produits. C’est comme cela qu’ont été conçus Firefox et Wordpress. C’est comme cela que les équipes de la Maison Blanche et de Podemos ont créé leurs plateformes de mobilisation et de consultation. C’est aussi le choix ambitieux qu’a fait la mairie de Nanterre en faisant appel à Democracy OS.

Après nous avoir proposé d’organiser le premier hackathon civic tech #CoderLaVille en octobre 2015, nous avons débuté une collaboration de plusieurs mois pour développer l’Agora permanente participez.nanterre.fr. Six consultations ont été menées depuis le printemps ; la plus importante a permis de multiplier par quatre le nombre de citoyens impliqués dans le rendez-vous quadriennal des Assises de la Ville. Toutes les améliorations apportées sur Democracy OS grâce à l’investissement de la mairie de Nanterre ont ensuite été intégrées au code source de l’application et ré-utilisées, à notre grande surprise, par la présidence argentine elle-même !

Dans la foulée de la mise en ligne de l’Agora permanente de Nanterre, l’association Democracy OS a été de plus en plus fréquemment sollicitée par des institutions publiques, des mouvements politiques et des associations de toutes tailles pour créer des plateformes de consultation. Bien souvent, ces demandes allaient au-delà d’une simple installation de Democracy OS et impliquaient d’autres outils, du forum collaboratif au budget participatif. Un véritable accompagnement professionnel se révélait nécessaire pour mener à bien ces projets informatiques complexes et conseiller nos interlocuteurs, grâce à notre veille internationale soutenue, sur les outils et méthodes permettant d’accroître la participation de tous les publics.

Ces raisons ont justifié la création d’une entreprise. Nous avons voulu qu’elle soit à l’image de notre conception de la civic tech et nous avons adopté des statuts qui nous placent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Nous avons choisi de conserver la dénomination Open Source Politics car elle définit notre ambition et notre méthodologie.

Grâce à une curation des meilleurs logiciels libres, nous avons pu identifier, tester et manipuler des applications du monde entier qui permettent de répondre au mieux aux différentes démarches de participation en ligne, depuis le réseau social local jusqu’à la cartographie collaborative en passant par une large typologie de modules de débat et de vote. Nous sommes désormais en mesure de bâtir sur des briques existantes la solution la plus adaptée à chaque usage et de réaliser des développements complémentaires pour satisfaire aux besoins de nos clients. Dans un contexte où aucune solution civic tech n’a durablement fait ses preuves, nous partageons la stratégie développée par Audrey Tang à Taïwan : nous concentrer sur les outils qui répondent déjà à des enjeux concrets plutôt qu’inventer une nouvelle technologie dans l’illusion qu’elle résoudra tous les problèmes de notre démocratie. La transparence, la diversité et la modularité offertes par l’open source s’affirment dès lors comme les meilleurs gages pour établir une confiance et une collaboration véritablement pérennes.

Les technologies de la citoyenneté sont pleines de promesses. Nos attentes collectives sont très élevées. Pourtant, l’impact du numérique sur la politique est, encore à ce jour, trop limité à un cercle restreint d’initiés répondant aux mêmes traits socio-économiques. Cette réalité, à laquelle nous nous sommes confrontés dans chacun de nos projets, nous a incité à développer un second pan d’activité complémentaire autour de l’animation de campagnes de mobilisation et de participation. Au contact de nos partenaires CivicWise et SourcesLab, véritables laboratoires d’urbanisme collaboratif et de méthodes d’animation créatives, nous avons appris à tirer les meilleures propositions d’un groupe de citoyens qui n’ont que quelques heures pour découvrir la problématique et les autres participants. Nous avons à notre tour acquis de l’expérience en devenant facilitateurs lors de plusieurs événements publics. Nous avons trouvé dans ces nombreuses méthodes d’intelligence collective les recettes d’une bonne hybridation entre l’organisation d’événements hors ligne et la restitution des contributions en ligne pour enrichir le contenu de nos plateformes. Vaccinés par la pratique contre les discours béats sur le solutionnisme technologique, nous proposons à nos clients des approches et des compétences complémentaires alliant ingénierie et animation de la concertation, développement web et marketing sur les réseaux sociaux.

Mindmap de propositions sur l’émancipation lors d’un atelier du SourcesLab, le 4 juin 2016 chez Volumes.

Cette nouvelle page de l’aventure Open Source Politics ne change rien à notre engagement auprès de la communauté Democracy OS en France. Nous restons naturellement membres actifs de l’association, qui poursuit sa croissance et a élu au début de l’été une nouvelle présidente, Caroline Corbal, juriste en propriété intellectuelle chez Inno3 très impliquée dans la communauté du libre en France avec l’organisation du Paris Open Source Summit. Nous continuerons à produire des analyses sur le renouveau démocratique et à organiser des événements sur la civic tech. Le plus ambitieux de ces rendez-vous est le cycle de hackathons Open Democracy Now que nous co-organisons avec Etalab et les associations Democracy OS, Open Law et République citoyenne. Ensemble, nous continuons de répertorier, tester, améliorer et créer des projets civic tech open source et nous établissons les ponts entre les administrations, les entreprises et les mouvements citoyens, entre les innovateurs français et nos inspirateurs américains, argentins, brésiliens, espagnols, islandais ou taïwanais.

Comme la démocratie, nous avons conscience que l’entrepreneuriat n’est jamais acquis. Nous engageons toute notre énergie dans la réussite des deux.


Alain et Olivier Buchotte, Valentin Chaput et Virgile Deville, co-fondateurs.

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