Changer de vie à 40 ans, portrait d’Ariane Grumbach

Après une première vie dans un grand groupe puis comme consultante dans une SSII, Ariane décide, après un bilan de compétences et en surfant sur un site d’orientation, de devenir diététicienne à 40 ans.
Oser Rêver Sa Carrière : Ariane, tu es une heureuse reconvertie. Parle nous du métier que tu exerces depuis tes 40 ans ?
Ariane : je suis devenue diététicienne-nutritionniste, un peu atypique par rapport à ce qu’on imagine de ce métier. Je défends le plaisir de manger et la diversité corporelle, je combats les régimes qui font tant de mal aux femmes. J’aide les personnes à faire la paix avec la nourriture et avec leur corps, à manger de tout sans privation, en écoutant leurs sensations alimentaires et leurs envies, à reprendre confiance en elles concernant la nourriture. J’ai choisi ce métier pour concilier la passion de l’accompagnement des personnes et ma gourmandise, mon goût de la bonne nourriture. Cela fait maintenant dix ans que je pratique cette activité et elle m’apporte encore bien plus de bonheur que ce que j’aurais pu imaginer : par la richesse et la complexité de la question alimentaire, les rencontres, les retours des patientes…
Oser Rêver Sa Carrière : Que faisais-tu avant ?
Ariane : Rien à voir, quoique… ! J’ai fait HEC car j’étais bonne élève mais je n’avais aucune vocation particulière. Je suis entrée chez Air France par hasard et j’y ai quand même passé 11 ans ! Dans la communication externe et interne puis les études marketing. Déjà l’humain… Puis, commençant à m’inquiéter d’y passer toute ma vie professionnelle, je suis partie dans un cabinet de conseil intégré à une SSII. J’y ai travaillé sur des projets de relation client et surtout des démarches d’accompagnement du changement dans le cadre de gros projets informatiques. Déjà l’accompagnement !
Oser Rêver Sa Carrière : Pourquoi avoir changé de métier Ariane ? Comment es-tu passée de l’idée-envie à la concrétisation de ton projet ?
Ariane : J’ai eu envie de changer car je ne m’épanouissais pas dans le conseil, je ne me voyais pas du tout y rester encore des années et je voulais trouver une activité qui me corresponde mieux. J’ai donc fait un bilan de compétences mais ce n’est pas vraiment lui qui m’a mené à ce métier. C’est, un peu sur les conseils d’une amie, en me baladant sur internet dans des fiches métiers qu’on propose aux lycéens, que je suis tombée sur ce métier de diététicienne auquel je n’avais jamais pensé. Une révélation !
Oser Rêver Sa Carrière : Diététicienne, une révélation ? As-tu tout de suite imaginé créer un blog ?
Ariane : Oui, vraiment une révélation, un déclic, la force de l’évidence. D’abord, il a fallu faire les études. Je savais que cela allait être difficile car très scientifique et un programme très lourd mais je ne me suis pas posé de question car l’objectif était clair, je voulais avoir mon diplôme pour exercer ce métier. J’ai procédé par étapes : pendant les études, je me suis concentrée sur l’obtention du diplôme. Une fois le diplôme obtenu, j’ai réfléchi à mon installation et j’ai continué à me former pour avoir une approche plus globale et intéressante que celle du BTS. A ce moment-là, je suis passée à mi-temps pour lancer mon activité tout en conservant un revenu. C’est en échangeant avec un ami coach que j’ai pensé à lancer un blog pour me faire connaître et mettre en avant mon approche. Je l’ai démarré en même temps que mon activité et il a pris de l’ampleur peu à peu.
Oser Rêver Sa Carrière : Tu t’es formée à ton futur métier tout en étant en poste, quel challenge, bravo ! Qu’est-ce qui a été le plus dur : le silence auprès de tes collègues ou le rythme que nous imaginons très dense ?
Ariane : En effet, c’était difficile de concilier les deux, travail et études, et je ne le recommande pas si on peut faire autrement ! D’ailleurs, je prévoyais de passer l’examen en plusieurs années pour étaler la charge, et finalement je l’ai eu du premier coup ! C’était difficile de se remettre au travail après une journée de boulot et d’y passer la totalité des week-ends. Mes collègues ne se posaient pas trop de questions. Mais quand j’ai dû poser 3 ou 4 mois de congé sans solde pour faire les stages, c’est devenu plus apparent, diverses hypothèses ont circulé, et même que je faisais de la politique (c’était au moment d’une élection) !
Oser Rêver Sa Carrière : As-tu pu t’appuyer sur ton entourage durant ces mois de transition ?
Ariane : mon compagnon était un peu sceptique sur mon choix mais il m’a soutenu et notamment en assurant une bonne part de la logistique cuisine, ce qu’il faisait déjà en partie. Ceci dit je ne pouvais pas tout lâcher de ce côté-là car il y a une épreuve de cuisine au BTS Diététique qui nécessite de s’entraîner à réaliser de multiples recettes qui ne faisaient pas vraiment partie de mon quotidien comme la blanquette de veau ou le riz au lait… Pour le reste, je n’avais vraiment pas un moment pour voir mes amis. Tout mon temps libre était consacré aux études.

Oser Rêver Sa Carrière : Quels sont les principaux obstacles que tu as rencontrés ?
Ariane : A posteriori, je ne peux pas vraiment dire qu’il y ait eu des obstacles puisque cela a réussi dans des délais plus courts que ce que j’avais imaginé. Mais j’ai vraiment ramé en biochimie et j’aurais sans doute dû prendre quelques cours particuliers.
Oser Rêver Sa Carrière : Ariane, tu es ton propre patron. Tu exerces ton activité en libéral. Quelles en sont les contraintes ?
Ariane : Cela peut paraître incroyable mais je n’en vois que les avantages ! Bien sûr, il y a des contraintes ou plutôt des passages obligés : il faut être polyvalente, faire aussi bien sa comm’ que sa compta’, ne pas compter ses heures, penser au boulot très souvent. Je n’ai pas de problème avec l’indépendance et la solitude. Cela m’a amenée en fait à me tourner vers les réseaux en ligne ou réels. Toutes ces rencontres virtuelles qui deviennent parfois concrètes me réjouissent et font que je ne me sens pas isolée, Je reste aussi en lien avec des collègues pour échanger sur nos pratiques et nos difficultés éventuelles, je participe à des colloques ou des formations…
Oser Rêver Sa Carrière : Les avantages ?
Ariane : C’est d’abord exercer un métier qui me passionne. Et aussi n’avoir de comptes à rendre à personne, décider en toute liberté de mes horaires, des projets dans lesquels j’ai envie de m’investir, des directions que je veux donner à mon travail… Après avoir été vingt ans salariée, cela aurait pu être difficile de devenir indépendante et finalement, j’en suis moi-même un peu étonnée, pas du tout !
Oser Rêver Sa Carrière : Te perçois-tu comme une entrepreneure ?
Ariane : Travailleuse indépendante, oui. Entreprise individuelle, oui, car je touche à toutes les activités comme on le disait. Entrepreneure, je ne sais pas car je n’aspire pas à développer une entreprise, à prospérer exagérément. Je ne souhaite absolument pas faire fortune ou me trouver à la tête d’un bataillon de diététiciennes ! J’aime beaucoup mon travail, je souhaite en vivre convenablement mais j’ai aussi envie de profiter de la vie.
Oser Rêver Sa Carrière : Diététicienne, conférencière…tu es aussi auteure ! Tu as publié un très chouette livre intitulé “La gourmandise ne fait pas grossir”. Tu nous en parles ?
Ariane : merci pour le « très chouette » ! Après avoir écrit beaucoup pour le blog, je me suis dit qu’un livre était envisageable. L’idée était de démonter toutes les croyances, les idées reçues, les injonctions autour de l’alimentation et de la minceur. C’est un abécédaire qui traite d’une multitude de sujets, du chocolat… aux ados, du gluten… à l’âge.

Oser Rêver Sa Carrière : Tu le sais, nous travaillons sur le burn-out chez Oser Rêver Sa Carrière, comment gères-tu ta poly-activité ? As-tu parfois senti que tu basculais dans le “trop” ?
Ariane : Je crois que j’ai toujours su m’arrêter, quelle que soit l’activité. Je me dis que je suis en quelque sorte protégée par ma paresse, ma propension à savoir « glander ». Donc, je ne faisais pas d’horaires à rallonge sauf événement exceptionnel dans mes précédents jobs, je savais dire non ou déléguer. Ce qui est un peu différent dans mon métier d’aujourd’hui, c’est à la fois la diversité des activités comme on l’a évoqué et le fait que cela me passionne vraiment. Donc il est clair que mon travail occupe beaucoup de place. Je n’ai pas vraiment de limites en termes d’horaires, je peux bien travailler sur mon blog ou mon podcast le dimanche. Mais cela ne m’empêche pas de garder du temps pour moi, et de pouvoir aller voir une expo en pleine semaine, ou de passer du temps avec mon compagnon, d’avoir d’autres centres d’intérêt, de vivre de façon plutôt calme et détendue, de dormir suffisamment aussi (une recommandation que je fais très souvent à mes patient(e)s)). Il est essentiel, c’est ce que j’apprends si besoin aux personnes qui me consultent, de savoir s’écouter et repérer les éventuels signaux du « trop », avant que cela ne dérape… Se connaître et savoir s’écouter, c’est une force pour éviter de tirer trop sur la corde !
Oser Rêver Sa Carrière : Si c’était à refaire ?
Ariane : Oh que oui, sans hésiter, je le referai !
Oser Rêver Sa Carrière : Merci Ariane !
Vous ❤ cette interview ? N’hésitez pas à la partager !
Si vous aussi, vous souhaitez trouver votre voie et l’activité ou métier qui vous fait vibrer, le programme Trouver Ma Voie vous attend.


