De chef de projet à psychothérapeute à Barcelone, portrait d’Olympe Barrier

ORSC : Bonjour Olympe, merci d’avoir accepté cette interview !

O.B : Bonjour Marina. Ça me fait plaisir.

ORSC : Olympe, tu es aujourd’hui psychothérapeute. En quoi consiste ton métier exactement ?

O.B : En voilà une bonne question ! Si je sais clairement ce que je fais, il m’est difficile d’y coller une étiquette. Je me suis formée en PNL (Programmation Neuro Linguistique) au Canada, ce qui me donne le titre de coach certifiée en PNL. Mais souvent les gens associent le terme coach à quelqu’un qui les aide à se motiver, à être plus productifs, mieux organisés… un peu comme un coach sportif de la vie quotidienne. Bien sûr, je peux faire ça et bien plus encore ! 
 La PNL fait partie de ce qu’on appelle les TCC : thérapies comportementales et cognitives (la psychothérapie de 2 et 3e génération, la première étant la psychanalyse). Pour avoir rencontré plusieurs psychologues, il est évident qu’on fait le même métier. Mais, pour des questions de diplômes, nous n’avons légalement pas le même titre. Un psychologue a un diplôme universitaire, un coach un diplôme d’une école privée. Ce qui au final crée beaucoup de confusion pour ceux qui cherchent un « psy ». Et il faut bien avouer qu’au niveau des formations privées, il y a le meilleur comme le pire. En résumé, je fais de la psychothérapie avec un diplôme de coach ;-)

ORSC : Tu exerces à Barcelone, pourquoi ?

O.B : Rien à voir avec mon métier. C’est ma vie personnelle qui m’a fait revenir en Europe après avoir vécu sept ans au Québec.

ORSC : Comment t’es venue l’idée d’exercer cette profession Olympe ?

O.B : Un peu par hasard à vrai dire. J’étais chef de projet dans une agence d’événementiel à Paris. Je voyais la PNL comme une nouvelle corde à mon arc. Je pensais m’en servir avec nos clients et la coordination des projets. Je suis donc partie au Québec en 2007, avec pour projet de faire le premier niveau en intensif et revenir travailler à Paris. Sauf que… ma boss m’a virée sans « crier gare » un peu avant mon départ et que je suis tombée complètement amoureuse de la PNL et de Montréal. La première fois où je me suis assise devant quelqu’un pour l’écouter, ce fut une révélation, la sensation de la vocation, moi qui croyais ne pas en avoir ! Et cela ne m’a pas quitté depuis.

ORSC : Si tu rembobines ton magnéto de vie, qu’est-ce que ça a changé pour toi ?

O.B : Presque 10 ans après mes premiers pas en psychologie, je suis toujours aussi passionnée par les gens, leurs visions, leurs réalités, leurs émotions et surtout les voir évoluer. Avant je travaillais pour gagner ma vie en tentant de faire en sorte que ce soit le plus intéressant possible, aujourd’hui accompagner les autres me nourrit et donne un sens à ma vie. Souvent, quand mes client me remercient de les avoir aidés, je leur réponds que ce sont eux qui se sont aidés en s’offrant des séances et, qu’ensuite, ils me permettent de faire ce que j’aime le plus au monde.

ORSC : Olympe, quels sont les obstacles que tu as pu rencontrer dans ton processus ?

O.B : Au niveau de la formation, franchement aucun. J’ai passé les examens avec succès et facilité. Tout me paraissait tellement évident. Et aujourd’hui cette fluidité me guide. J’ai commencé une formation en ostéopathie crâneosacrale (c’est bien pour travailler au niveau émotionnel) et c’est pareil : j’ai la sensation de révéler des compétences inconscientes. Pour moi, c’est le signe que je suis à la bonne place. En revanche, immigrer au Québec, puis à Barcelone, avoir des papiers, un statut de travailleur autonome, apprendre à me vendre, tout ça m’a donné plus de fil à retordre. Heureusement, ma passion me portait !

ORSC : Tu viens d’évoquer la notion de « bonne place ». Est-ce pour toi la clé de l’épanouissement ?

O.B : La clé de l’épanouissement je ne sais pas… c’est surtout le signe que je suis sur le bon chemin pour y parvenir. Je sais aujourd’hui que pour m’épanouir, j’ai besoin de vivre en accord avec mes valeurs.

ORSC : On parle de plus en plus de besoin d’épanouissement au travail, de la nécessité de redonner du sens à son activité. Cette problématique est-elle récurrente entre tes murs ?

O. B : Oui. Je rencontre régulièrement des trentenaires en quête de sens. Vu de mon fauteuil, j’ai l’impression que la difficulté à trouver, puis garder un travail, est plus grande qu’à l’époque de nos grands-parents. On a aussi vu nos parents se retrouver au chômage et se remettre en question. Plus c’est difficile, moins on se sent en sécurité et plus on se pose de questions. Ça nous amène à nous demander après quoi on court et surtout pourquoi on se lève quand le réveil sonne. Si l’on n’est plus bercé par un quotidien confortable, il nous paraît vite absurde et on ressent alors le besoin de lui donner du sens. Si nous n’arrivons plus à imaginer l’avenir en toute sécurité, on pense alors à notre bonheur présent et la notion d’épanouissement personnel devient alors prioritaire. Je suis passée par là et je suis heureuse de pouvoir être là, pour ceux qui cherchent à rebondir.

ORSC : On a pu lire dans la presse française que 64% des français se disent prêts à se reconvertir. A quoi attribues-tu ce « boom » actuel de la reconversion professionnelle ? Y vois-tu une vraie tendance de fond ou un simple épiphénomène ?

O. B : Je me méfie de ce genre de statistiques. Peut-être parce que j’ai été enquêtrice de rue à la fin de mes études. « Prêts à se reconvertir », je ne sais pas très bien ce que ça sous-tend ou ce que chacun s’est imaginé quand on lui a demandé : « seriez vous prêt à vous reconvertir ? »… parce qu’ils ne trouvent pas de travail ? Parce qu’on leur paye une formation, parce qu’ils n’aiment plus leur métier ?… Chacun a son histoire et sa réalité. Je crois que lorsque l’on a fini ses études et que l’on ne trouve pas de poste ou un CDD par-ci, par-là, on arrive à se demander si on ne devrait pas changer de branche.

ORSC : Une autre tendance observable est la reconversion de type entrepreneuriale. Comment l’expliques-tu en tant que psychothérapeute ?

O. B : Je crois tout bonnement, comme pour la reconversion, que si on ne trouve pas de boulot ou rien de stable dans un contexte où la compétition est dure entre les demandeurs d’emplois, l’envie de se « créer » son propre job et d’être son propre patron vient assez vite. Je rencontre régulièrement des personnes qui ont fait plusieurs années d’études et qui n’en peuvent plus de « travailler » leur CV, leurs entretiens, leur présentation, de se vendre, d’être super motivées pour occuper des postes pour lesquels elles sont surqualifiées pour qu’au final on leur demande d’exécuter sans réfléchir. C’est parfaitement démotivant à la longue ! Alors on rejette l’entreprise et/ou son métier. On part faire autre chose, tout seul.

ORSC : Finalement Olympe, qu’est-ce qui t’éclate dans ton boulot d’aujourd’hui ?

O.B: Mes clients, « l’autre » comme on dit ! Entrer dans leur réalité, leur monde, c’est comme voyager pour moi, découvrir une nouvelle culture. Et puis rencontrer chaque jour des personnes qui bossent pour se sentir plus heureux, plus en paix, plus épanouis, me donne une foi en l’humanité extraordinaire. Partager cet espace privilégié où les individus me parlent de ce qui les touchent, les motivent et les effraient.

ORSC : Un petit conseil pour nos lecteurs souhaitant changer de voie ?

O.B : Souvent les gens qui cherchent à changer de boulot, cherchent une idée de boulot ! Je crois que c’est commencer le chemin par la fin. 
 Essayez de surtout prêter attention à ce que vous aimez. Travailler seul ou en équipe, dans un bureau ou pas… Quels sont les sujets qui vous touchent : la justice, l’éducation, la nourriture, l’écologie… Quelles sont celles de vos compétences que vous aimez le plus : organiser, écouter, chercher, convaincre… Et le métier qui regroupe ces critères s’imposera ensuite de lui même. Parfois, c’est tellement évident qu’on ne le voit pas tout seul… C’est là qu’un bon ami ou un bon spécialiste vous permettra d’y voir plus clair.

ORSC : Merci Olympe ! Belle et longue vie à ton cabinet !

O.B : Bonne chance à toi et à tous ceux que tu accompagnes.

Pour en savoir plus sur Olympe : https://www.facebook.com/olympebpsychotherapeute/?__mref=message_bubble

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