Des cahiers d’écoliers à la toque de cuisinier : le parcours de Virginie

Oser Rêver Sa Carrière (ci-après ORSC) : Bonjour Virginie, et merci beaucoup d’avoir accepté cette interview entre deux recettes ! Quel âge as-tu Virginie ?

J’ai 36 ans, le meilleur âge selon moi pour analyser ses besoins et écouter ses folies !

ORSC : Et plusieurs vies professionnelles, tu nous racontes ?

Avec plaisir ;) Après des études de germanistique, j’ai commencé à travailler en 2003 dans l’enseignement, pendant 4 ans dans un lycée parisien, puis 6 ans dans un collège francilien. J’étais au service d’élèves qui avaient perdu confiance en l’école et que j’ai pris sous mon aile de pédagogue impliquée. J’avais choisi cette voie parce que l’éducation et l’instruction étaient pour moi un enjeu de société essentiel.

En 2013, je me suis même lancée dans un projet de direction, mais qui est tombé à l’eau. Je me suis alors retrouvée à un carrefour dans ma vie professionnelle, et j’ai décidé d’emprunter un nouveau chemin !

Depuis bientôt 4 ans, j’ai le bonheur d’organiser des prestations culinaires personnalisées pour différentes occasions (déjeuners de famille, dîners ou cocktails dinatoires à domicile, goûters d’anniversaire, ateliers culinaires, teambuilding, catering…) ; ce sont toujours des rencontres chaleureuses, axées sur le partage et le plaisir du bien-manger ! Mais je n’ai pas pour autant abandonné mes premiers amours de l’enseignement. J’ai aujourd’hui la chance de pouvoir concilier ma foi dans l’enseignement, en continuant à donner des cours de soutien en tant que prof particulier, avec ma passion pour la cuisine dans mon activité de chef à domicile ! Je suis une slasheuse quoi ;)

ORSC : Peux-tu expliquer aux lecteurs d’Oser Rêver Sa Carrière quand et comment t’est venue l’envie de te lancer dans cette aventure culinaire ?

Avant de me lancer dans l’entrepreneuriat, la cuisine c’était pour moi une “passion loisir” : mijoter de bons petits plats était réservé aux week-ends, aux vacances et aux fêtes de famille. Et puis, cette opportunité professionnelle avortée fin 2013 m’a menée aux bureaux de Pôle Emploi… Cette trajectoire subie m’a donné l’occasion de transformer ce loisir en profession.

ORSC : Comment t’y es-tu prise concrètement pour changer de voie ?

Pôle Emploi m’a permis de créer ma microstructure avec le statut ACCRE*. Au début, j’avais peur de ne pas être à la hauteur, dans un domaine qui m’était inconnu professionnellement, surtout vis-à-vis de mes premiers clients. J’ai eu la chance d’être accompagnée par le site de référencement «La Belle Assiette», qui m’a fait passer un dîner test, réussi en mars 2014. J’ai alors compris que le chemin vers la gastronomie « extra-familiale » était tout à fait possible ;)

Je n’ai aucune formation officielle. Je suis complètement autodidacte, bercée par les mets de mon papa, fin gourmet, qui m’a enseigné les rudiments de la cuisine et surtout une philosophie du bien-manger avec des produits frais, de saison et de qualité. Depuis 2014, je me plais à ne jamais rester sur mes acquis, à apprendre, désapprendre et réapprendre. C’est un processus d’audace permanent, une remise en question constante afin de m’adapter aux exigences des clients. Mais cette liberté est exquise !

ORSC : As-tu dû lever des barrières psychologiques pour oser te lancer ?

J’aime particulièrement cette citation de Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

ORSC : On parle souvent de « montagnes russes émotionnelles » en matière de reconversion, qu’en penses-tu ?

J’oscille très fréquemment entre fierté d’accomplir et crainte d’échouer, et je m’efforce de digérer les revers en me remotivant constamment. Il faut être honnête : l’activité de chef est très fatigante, et je tente au maximum de fuir le découragement souvent provoqué par cette fatigue. L’hyperactivité et l’hyperconnexion sont aussi parfois lourdes à supporter.

ORSC : Ton plus grand bonheur/ta plus grande joie dans cette nouvelle vie professionnelle ?

Les défis les plus fous que je relève, non sans absorber une dose de stress, mais aussi l’extension exponentielle de mon réseau, et surtout l’épanouissement de construire ma vie selon mes choix.

ORSC : As-tu rencontré des obstacles particuliers lorsque tu t’es lancée ? Globalement, qu’est-ce qui est le plus difficile dans ton nouveau métier ?

Le plus dur, c’est le doute d’avoir fait le bon choix, pour mon avenir et celui de ma famille. L’administration kafkaïenne de l’URSSAF, l’insécurité financière, et les critiques des mauvaises langues font aussi partie des obstacles. Et à côté de cela, les mots me manquent pour remercier tous ceux qui m’apportent un soutien inconditionnel dans cette dynamique professionnelle rigoureuse. Du coup, je ferme mes oreilles aux esprits étriqués et négatifs ;)

ORSC : Comment imagines-tu la suite ?

Mon seul vœu, c’est de pouvoir multiplier encore et encore les challenges et les rencontres qui me font avancer.

ORSC : Un conseil à donner aux personnes souhaitant se lancer dans l’entreprenariat ?

L’entrepreneuriat est un pas que l’on franchit quand on est animé d’une vive passion ; notre quête de liberté est jalonnée d’obstacles mais, au bout du chemin, il y a une énorme fierté d’avoir accompli quelque chose qui a du sens. Ne doutez pas de votre talent, restez cohérent avec votre volonté, et conservez un regard ambitieux sur votre démarche professionnelle. Je vous souhaite de vous épanouir comme j’ai pu le vivre depuis bientôt 4 ans ; je vous souhaite de la stabilité, de la pérennité et des rencontres bienveillantes à n’en plus finir ! Et je terminerai par ces quelques mots de Paul Bocuse (forcément !) : « Les deux secrets d’un succès sont la qualité et la créativité ».

ORSC : Merci beaucoup Virginie pour cette interview !

Merci à vous de m’avoir offert cette tribune !

Retrouvez Virginie sur http://www.communic-passion.fr

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