Faire reconnaître son épuisement professionnel : le parcours du combattant…

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, n’est pas considéré comme une maladie professionnelle car il n’apparait pas dans le tableau officiel qui les répertories. En effet, la loi n°2015–994 du 17 août 2015 (loi Rebsamen) prévoit la reconnaissance des maladies psychiques, mais l’épuisement professionnelle n’en fait toujours pas partie. Pourtant, il peut être à l’origine de nombreux troubles et incapacités chez le salarié.

Toutefois, l’article L461–1 du Code de a sécurité sociale prévoit qu’il est possible de faire reconnaitre le burn-out en tant que maladie professionnelle auprès de la Caisse primaire d’assurance maladie si la personne touchée prouve que son travail habituel a provoqué la maladie et que cela l’empêche totalement ou partiellement de travailler (IPP/taux d’incapacité d’au moins 25%). Autrement dit, il faut prouver que la pathologie est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la personne demanderesse, et qu’elle ait entraîné une incapacité permanente à un taux fixé par décret (25%)

Pour faire une demande motivée de reconnaissance de maladie professionnelle, le salarié devra remettre un premier certificat médical attestant de la présence et des causes de la maladie, puis un second certificat permettant de constater la guérison ou la consolidation de l’état de santé.

L’organisme de la sécurité sociale transmet ensuite la demande au Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) qui décide s’il s’agit d’une maladie professionnelle ou non. Le salarié dispose d’un délai de 2 ans à partir du moment ou il constate le lien entre sa maladie et son emploi pour faire une demande de reconnaissance de la maladie professionnelle.

Ces démarches sont longues et épuisantes pour qui souffre d’un épuisement. Citons ainsi Corinne qui nous indiquait en ses termes “j’en ai parler à mon psy chologue qui m’a conseillé de laisser tomber, les démarches sont longues et épuisantes et je suis encore trop fragile” .

Nadia y a pensé aussi mais n’a rien fait car tellement épuisée…elle indique que “dans ces moments là on essaie aussi d’éviter tout ce qui nous rappelle pourquoi on en est là”.

Pauline y est arrivé : “en fait, j’ai été victime de harcelement moral de sa directrice. L’équipe aussi trinqué à cause de ses agissements. Cela s’est suivi de burn out. Je suis cadre dans une chaîne de magasin et je suis en arrêt depuis juillet 2017. En effet, j’étais devenu un robot des heures de travail sans fin…à en oublier de manger le midi. Et le soir je pouvais encore travailler chez moi car sur mon lieu de travail ce n’était pas possible.

Je n’arrêtais jamais de faire que du social et je n’arrivais même plus à faire mon métier de commerce, je rentrais chez moi avec le boulot encore en tête et je mettais de côté ma famille…bref j’en ai eu marre lorsque mon corps était en souffrance tremblante, perte de mémoire, de confiance, mal partout, aucune empathie… Etc… Mon médecin m’a alors dit “Stop”, on arrête les dégâts. Tu te mets en arrêt. Il m’a fait une déclaration de reconnaissance de maladie professionnelle (c’était long et pénible car il faut expliquer toute votre histoire lors du dossier CPAM et chercher des preuves comme le témoignage de vos collègues que j’ai eu d’ailleurs et les rdv médical, etc). Aujourd”hui je suis reconnue reconnu maladie professionnelles avec une rétroactivité sur juillet 2017. Je suis encore a l’arrêt et j’essaie de me reconstruire, de profiter de ma famille de retrouver les choses simples de la vie

Pour conclure, si le burn-out ne rentre pas dans le tableau “classique” des maladies professionnelles, il faut essayer de passer par le système de reconnaissances des maladies professionnelles “hors-tableau” et prouver que l’on remplit bien les conditions cumulatives exposées plus haut.

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Marina Bourgeois

Marina Bourgeois

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