La ventilation sans énergie, ça marche en hiver… et en été!

La ventilation des habitations est aujourd’hui majoritairement assurée par des appareils électriques, répondant au doux nom de VMC, d’extracteurs, de “double-flux” etc.

Ces ventilations, qu’elles soient localisées (extracteurs d’air dans chaque pièce) ou centralisées (un caisson d’aspiration unique et des gaines reliant les pièces), consomment en permanence une petite quantité d’énergie électrique. Certes les ventilateurs d’aujourd”hui sont très économes, et une ventilation double-flux, malgré sa consommation électrique continuelle, nous fait économiser de l’énergie sur le chauffage par rapport aux autres types de ventilation.

Mais on peut ventiler ou aérer nos pièces différemment, sans utilisation de l’énergie électrique, et sans installation compliquée.

La ventilation sans moteur

Allez! regardons tout de suite une petite vidéo d’une ventilation naturelle sans moteur:

https://vimeo.com/153883947

Ce que vous venez de voir est un simple conduit de cheminée non utilisé, dans une maison individuelle, et qui par tirage thermique fait monter l’air chaud (plus léger) de la pièce et le laisse s’échapper à l’air libre.

Ce processus est le même que dans une cheminée connectée à un poêle à bois: les fumées chaudes montent et s’échappent au dessus du toit. C’est ce qui crée également l’aspiration nécessaire pour l’entrée de l’air de combustion dans le poële.

Révolutionnaire? Non pas vraiment. Ce type de ventilation naturelle est connu depuis très longtemps. Il est abordé dans les ouvrages de génie climatique, mais on lui préfère la version moderne, électrique, pour pouvoir contrôler le débit d’air extrait.

Et au fait, pourquoi ventiler?

Sans vouloir reprendre ici l’importante littérature de la ventilation des habitations, on peut citer la raison initiale de la ventilation: il s’agit d’assainir l’air intérieur (que nous respirons) en le remplançant par de l’air extérieur.

Et pourquoi doit-on l’assainir? Et bien parce qu’il se charge de composés qui, en excès, ne sont pas bons pour notre santé et/ou pour le bâtiment. Par exemple, dans une pièce habitée par plusieurs personnes, le dioxyde de carbone que nous expirons voit sa concentration dans l’air augmenter. Ce CO2 en excès peut nous donner des maux de tête, des sensations de fatigue... Il en est de même pour la vapeur d’eau que nous expirons ou qui est générée en cuisine ou en salle de bain, qui se condense aux points froids de la maison (vitres, murs froids…) et qui engendre des risques de moisissures dangereuses pour les boiseries et pour les habitants.

On cite aussi comme substances à éliminer par ventilation tous les polluants intérieurs que nous avons amenés chez nous dans les meubles, les objets en plastiques, les moquettes etc. Ces produits de la vie moderne sont un peu les chevaux de Troie de la pollution de l’air intérieur, car les composés organiques volatiles, formaldéhydes et autres produits chimiques qu’ils contiennent se diffusent dans l’air et ne sont pas bien bons pour notre santé. Il faut alors ventiler plus pour assainir l’air ainsi pollué.

Peut-on se passer de la ventilation électrique?

Oui, mais il est alors nécessaire de prendre de bonnes habitudes en terme d’aération de son logement. C’est une démarche à contre-courant de la société du “pousse bouton”, car bien ventiler naturellement implique des actions régulières de la part de l’usager du bâtiment.

La première action serait déjà de bannir les meubles et objets pollués de notre intérieur: exit les meubles en mélaminé, les revêtements de mur ou de sol traités chimiquement, les peintures glycéro… On préférera les meubles en bois brut cirés (cire d’abeille), les peintures à l’eau sans COV, les enduits muraux à base de chaux ou d’argile etc. C’est bon pour l’air, et c’est souvent bon également pour l’environnement au moment de la fabrication.

Et pour ventiler en hiver, si l’on dispose d’un conduit de tirage naturel, on peut alors moduler son ouverture pour éviter que le débit d’air ne soit trop important. L’évaluation du bon débit n’est pas forcément évidente: une bouche d’extraction modulable avec un petit ventilateur permet de voir la vitesse de rotation (comme sur la vidéo) et d’apprécier avec l’habitude si cette ventilation est plus faible ou plus forte que l’aération qui nous convient. L’aération convenable peut aussi être appréciée grâce à un appareil de mesure du CO2 et de la vapeur d’eau dans l’air.

En hiver, il faut bien sûr éviter une trop forte ventilation pour se prémunir des augmentations des factures de chauffage.

En complément l’ouverture régulière des fenêtres est un moyen très efficace de ventiler un bâtiment. C’est même le moyen unique disponible en été, lorsqu’il fait plus chaud dehors que dedans, ce qui annule l’effet du tirage thermique (du moins le jour). On doit alors ouvrir les fenêtres en grand, de préférence des deux côtés du bâtiment pour créer un courant d’air.

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