Sevran Beaudottes

Cette épouvantable station qui ne dure qu’une minute, mais qui s’imprègne au fond de nos pensées ; son néon déprimant luit. Comme si l’on s’était aperçu d’une lumière trop forte, et que l’on ferme soudainement les yeux après… elle demeure.

Le carrelage de couleur jaune, tellement pâle, on doit fixer le regard dessus pour la distinguer ; et pourtant, il ne se décolore jamais totalement. Comme si le soleil qui a décidé de quitter le jour traînait à perpétuité, teintant la terre d’une couleur qui ne change plus de ton… elle demeure.

Une fille au bord du quai, qui tient son téléphone dans la main, la musique ne sort plus de ses écouteurs ; elle attend un fantôme de signal de réseau, afin de pouvoir mobiliser ses jambes. Comme si la 3G s’était dissipée dans le labyrinthe des tunnels du RER, égarant un chiffre à chaque virage, jusqu’à ce qu’il n’en reste nullement… elle demeure.

Sevran Beaudottes n’existe plus ; elle s’est évaporée peu à peu avec les trains qui l’emmenaient à l’aéroport. Comme si chaque lettre prenait un avion différant, atterrissant dans tous les coins du monde. Mais sur un vieux plan de la RATP, et sur un chemin perdu entre Paris et Roissy, toujours, elle demeure.