Plagiat et fast-fashion: La mauvaise expérience de Zoé, jeune designer.

C’est bien connu, les grandes marques de fast fashion, sont prêtes à tout pour réduire leurs coûts de production (travailleurs surexploités, mauvaise condition de travail, rémunérations dérisoires, droit du travail…). C’est pourquoi elles n’hésitent pas non plus à s’approprier les créations d’autrui. Evidemment, c’est toujours plus économique de voler les démarches créatives et artistiques des autres plutôt que de rémunérer ses propres designers.
Le plagiat?
« Le plagiat c’est s’approprier le travail original de quelqu’un d’autre sans mentionner les sources, laisser croire qu’on est l’auteur d’une œuvre qu’on a en fait empruntée à un autre. »
« Cette pratique dont le but est de rendre plus accessibles les pièces tendances vues sur des marques plus haut de gamme pose quand même une question sur le respect de la création originale. »
Rencontre avec Zoé (@zoevyart sur Instagram), jeune étudiante dans une école de design, qui a vue ses créations reproduites par des grandes marques de fast-fashion asiatique.
Interview :

Comment vous êtes-vous rendu compte que vos créations avaient été reproduites par des marques de fast-fashion asiatiques ?
Un matin, j’ai vu qu’une fille qui faisait de la customisation avait recopié un de mes travaux, je me suis donc plaint en story. Suite à ça une abonnée à réagit en disant « J’ai également vu une copie sur Romwe. Au début, je pensais que c’était une collaboration ». A ce moment-là, je découvre bien pire : une entreprise entière avait repris mon design pour le commercialiser.
Comment vous êtes-vous sentie par rapport à ça ?
Je me suis vraiment sentie impuissante. Je m’attendais à ce que ça m’arrive peut-être un jour, mais je ne m’attendais vraiment pas à ce que ça arrive maintenant. J’ai souvent été copié par des filles sur Instagram et ça m’agaçait, mais là, c’est une toute autre échelle. Je ne savais vraiment pas quoi faire. De plus, j’ai appris par la suite que la paire de chaussure n’était pas seulement vendue par Romwe, mais également par Shein, Aliexpress, Tao Bao, Ali Baba…. Ça avait pris beaucoup trop d’ampleur.
Comment avez-vous décidé de réagir ?
Je sais très bien que je ne suis encore personne et que je n’ai rien déposé, donc qu’à ce niveau-là la justice ne pouvait rien faire. Surtout qu’il s’agissait d’un gros groupe chinois qui n’ont aucune éthique, à qui ça ne dérange pas de voler le travail. Ils sont habitués à ça et savent très bien s’en sortir. Donc que je les contacte moi-même ou par le biais de la justice, rien n’aurait fonctionné. J’ai donc décidé de faire un gros « coup de gueule » médiatique sur Twitter et Instagram.


Ces démarches ont-elles été efficaces ?
Oui. J’ai eu des milliers de likes, de retweets, et de partages (notamment par le compte @diet_prada, célèbre page Instagram qui dénonce les dérives de l’industrie de la mode et qui comptabilise 1,6 millions d’abonnés) rendant l’affaire visible à plusieurs millions de personne. Dès le lendemain, Shein et Romwe m’ont contacté d’eux-mêmes, sans que je ne demande quoique ce soit et ont retiré les articles.

Zoé s’est donc sentie impuissante face à de telles grandes marques, et ces dernières le savent très bien.
« Les grands détaillants volent régulièrement le travail de créateurs indépendants qui connaissent peu les lois internationales sur le droit d’auteur, ne peuvent pas se payer des avocats, et parfois même ne s’en rendent pas compte. »
Grace à son “coup de gueule médiatique”, Zoé a obtenu gain de cause. Elle est très reconnaissante envers chaque personne ayant partagé ses posts, et encourage tous les artistes dans son cas à suivre son exemple et à ne pas rester passif !
