Tribus Workplace : Piloter des communautés homogènes au-delà des entreprises

Ce n’est pas parce-qu’on n’est pas au bureau qu’on ne peut pas s’amuser avec Workplace !

🇫🇷 ➡️️ 🇬🇧 Workplace Tribes: Pilot homogeneous communities beyond companies

Jamais entendu parler de Workplace ? Retrouvez une présentation de l’outil dans l’article “CrossWorking, animer des réseaux d’employés inter-entreprise sur Workplace”. L’idée qui y est présentée d’annuaire de groupes inter-entreprise est en pause, comme expliqué dans la Protoletter FR#1.

Workplace, un “Facebook” délégué et désindividualisé

La toute première version de Facebook était ouverte uniquement aux étudiants d’Harvard, qui validaient leur appartenance à ce groupe en renseignant leur adresse email en @harvard.edu. Les fonctionnalités de communication proposées étaient basiques. Cette possibilité unique de se connecter avec les autres étudiants de son école a fait le succès du service. L’accès à la communauté était contrôlé de fait par l’autorité en charge d’activer les adresses email des étudiants.

Après le succès de The Social Network, découvrez bientôt The Social Network 2, Back to Community

En s’étendant hors des universités, Facebook s’est donné les moyens de devenir l’immense tissu relationnel digital que l’on connaît aujourd’hui. Mais il a fallu pour cela renforcer la protection des profils personnels et réduire la liberté d’action et d’accès à l’information qui pouvait exister dans une communauté sécurisée “à l’entrée”.

Le fonctionnement de Workplace constitue d’une certaine façon un retour aux sources communautaires, à la différence près que toutes les puissantes fonctionnalités de communication du Facebook d’aujourd’hui (Newsfeed, Messenger, Live Videos, etc.) y sont disponibles :

  • Workplace, un “Facebook” délégué : Un Workplace est mis en place par une autorité tierce (dans l’utilisation standard, l’employeur) qui gère l’admission des utilisateurs (dans l’utilisation standard, les employés). Cette autorité est responsable de la sécurité des échanges dans son Workplace. Les données qui y sont échangées lui appartiennent.
  • Workplace, un “Facebook” désindividualisé : L’utilisateur ne construit pas son réseau “d’amis” dans Workplace, puisque toute la communauté est son réseau. Il rejoint et crée des groupes pertinents pour ses activités et ses intérêts. La discussion collective est structurée collaborativement plutôt qu’organisée autour des individus.

Workplace pour d’autres communautés que les employés

La mécanique communautaire de Workplace pourrait s’avérer extrêmement utile et bénéfique pour d’autres “tribus” que les employés d’une organisation.

Ces tribus peuvent être homogénéisées par leur activité professionnelle, sans pour autant avoir d’employeur commun :

  • Les professions libérales et indépendantes
  • Les professionnels partageant un espace de travail
  • Les professionnels d’un secteur donné

On peut imaginer des tribus rapprochées par d’autres biais que leur univers professionnel :

  • Les habitants d’une municipalité
  • Les pratiquants d’un sport donné
  • Les diplômés d’une école donnée

Comment gérer un Workplace hors entreprise ?

Pour piloter efficacement un Workplace de “tribu”, il faut ajouter aux outils natifs de Workplace :

  • Une interface de demande d’accès permettant à chaque membre potentiel de “prouver” son appartenance à la tribu et de qualifier ses activités et intérêts. Exemple pour les habitants d’une municipalité : justificatif de domicile et activités pratiquées dans la municipalité
  • Une arborescence de groupes spécifiquement conçue pour optimiser la discussion collective, dans laquelle les membres acceptés seront automatiquement répartis en fonction de leur qualification. Exemple pour les habitants d’une municipalité : groupes d’habitants d’une rue, d’un immeuble, groupes par activité et intérêts, etc.

L’animation et la modération d’une “tribu” Workplace nécessitera probablement l’intervention de community managers, disposant de droits supplémentaires pour mesurer l’activité de la communauté et assurer la sécurité des échanges.

Cette utilisation atypique de Workplace n’est pas sans poser quelques questions. Nous espérons qu’elles pourront être résolues en discussion transparente avec Facebook :

  • Comment assurer une expérience fluide à un utilisateur appartenant à plusieurs Workplaces ?
  • Quel structure de coût serait associée à une tribu Workplace ? Une version gratuite de Workplace est en préparation. Est-ce que les fonctionnalités gratuites permettront ce fonctionnement ?
  • Certains textes de la plateforme pourraient-ils être adaptés pour cette utilisation (“collègue” n’est pas idéal dans toutes les configurations) ?

Vous avez une idée de communauté à connecter via un Workplace dédié ? Que vous soyez ou non représentant d’une “autorité” pouvant se qualifier de référent pour cette tribu (association, événement, marque, mairie, etc.), n’hésitez pas à nous contacter pour que nous intégrions votre cas à nos réflexions et expérimentations.

Prototypers explore les technologies prometteuses et les secteurs d’activité en transformation pour dénicher de nouvelles idées et leur offrir attention, travail et ressources.

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