l’artiste est quelqu’un qui n’a pas pu achever sa socialisation sans non plus l’avoir raté, et dont l’œuvre est ce qui lui a fallu faire pour l’achever, d’un effort conscient. c’était une affaire de vie ou mort. la personne du commun est quelqu’un qui a bien achevé sa socialisation et dont l’esprit n’a donc besoin que de la reproduire, sans avoir à faire un effort conscient de création. quand une telle personne se met à faire de l’art elle ne fait qu’exprimer sa socialisation spontanée. ce n’est plus une affaire de vie ou mort mais d’une vie bien établie qui se perpétue d’elle même. le premier cas est celui d’un mutilé qui doit se faire une prothèse avec ce qu’il trouve sur son chemin, le deuxième cas est celui de quelqu’un qui prend une photo de son corps.

il y a bien des mutilés qui ont été si abîmés que ce qui leur est resté ne leur a pas suffit pour achever un effort créatif pour se forger une prothèse, il ne leur a suffit que pour contempler consciemment sa dégradation progressive jusqu’au moment où cette conscience s’est évanouie. mais certains de ces derniers, à défaut de pouvoir se faire une prothèse par eux mêmes, cherchent à mutiler d’autres gens pour se greffer les membres qui leur manquent, et puis sa première action, une fois les greffes ont été assimilées, tant bien que mal, par leur corps, est d’enterrer les restes de ceux qu’ils ont utilisé pour se compléter. parfois ceux-ci s’échappent et deviennent à son tour des artistes -d’un certain type- ou seulement laissent un témoignage; parfois ils crèvent sans rien laisser.

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