Comment intégrer les besoins des personnes accueillies au fonctionnement des structures sociales ?

Publié par Pierre Laburthe

Laurent Barbe, spécialiste en politique publique et questions sociales, exprime lors d’un entretien en juin 2017 son enthousiasme quant à l’évolution de l’accueil au sein des structures sociales « nous sommes loin d’un fonctionnement parfait mais l’évolution est fortement positive. Elle se retrouve dans les éléments de langage, on parlait avant de prise en charge c’est désormais de l’accompagnement social. »

Intégrer les personnes accueillies est devenu une obligation légale

La loi du 2 janvier 2002 (article D.311–5) du code de l’action sociale et des familles permet la représentation des usagers au niveau des établissements par le Conseil de la vie sociale (CVS). Si la présence au CVS permet d’émettre directement des propositions à la direction pour améliorer l’organisation des services, il est important d’interroger la réalité des pratiques pour faire évoluer positivement les méthodes mises en place.

Le 27 juin 2017 s’est tenue une conférence organisée par l’association Interlogement 93 « La personne accompagnée, actrice et citoyenne, pourquoi et comment ? » ouverte aux professionnels des secteurs médico-sociaux mais aussi au public de ces structures. Il s’agissait de réunir les différents acteurs des structures pour échanger, proposer et construire ensemble.

Les témoignages ont mis en avant l’efficacité de l’accompagnement par le retour à l’activité. Le retour volontaire à l’activité marque un désir du bénéficiaire d’être regardé autrement, d’acquérir un statut. Il permet également de nouer un lien nouveau avec son référent social, un lien « d’égal à égal ». La remobilisation du bénéficiaire est rendue possible par sa responsabilisation qui lui permet de (re)prendre confiance en ses capacités.

De l’exception à la généralisation ?

Toutefois, pour une partie de l’assemblée, ce parcours relève de l’exception : la participation des usagers est encore trop faible ou étouffée par les procédés hiérarchiques en place. L’association Dignité neutralise ce rapport de force. Créée par des sans-abris pour des sans-abris, Dignité propose des activités liées à l’estime de soi ou l’insertion et fonctionne indépendamment du soutien des pouvoirs publics ou des méthodes proposées par les travailleurs sociaux. « Des personnes en précarité ont décidé que plus jamais on ne déciderait pour eux et sans eux (…) c’est une histoire qui nous concerne, qui nous fait participer volontairement et non pas contraints par la législation comme le sont les CVS » explique son président Sébastien Fruitieaux.

Le lien référent social et l’usager

Enfin les opinions convergent quant à l’utilisation de nouveaux éléments langages qui redéfiniraient le lien référent social — usager de la structure : de la prise en charge à l’accompagnement aujourd’hui, de l’accompagnement à l’association demain.

Pour réinventer la structure sociale de demain, certains usagers, encouragés par leurs référents sociaux, deviennent eux-mêmes animateurs de communauté et font vivre les structures qui les accueillent. Une association de talents plutôt qu’une collection d’individus, et si c’était ça le bon fonctionnement ?

Originally published at blog.reconnect.fr.

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