Pascal Kotté
May 2 · 17 min read

Romuald Priol, ♻️🌱🚀#FullStackDeveloper #Performance #NumeriqueResponsable #GreenIt #… See more (Romuald Priol dit Carpano)

Je le republie ici, afin de faciliter des commentaires à la volée, et en espérant qu’il acceptera de nous y rejoindre, car ce type d’article est bien mieux approprié sur Medium (et faire un résumé sur LinkedIn…) Bravo ! (Pascal Kotté)

Romuald Priol dit Carpano

L’avenir du numérique est-il “responsable”​ ?

Nous vivons une époque exceptionnelle, aidée par une technologie toujours plus efficace. La place des services numériques n’est plus à démontrer : l’IA est bien plus performante pour effectuer des tâches spécifiques que n’importe qui. La Blockchain a permis de sécuriser nos transactions mieux que tout ce qui avait été mis en place jusqu’à présent. La réalité augmentée enrichit notre quotidien d’informations toujours plus pertinentes. La robotique s’est mise au service de tâches fastidieuses et du service médical : un médecin à Paris peut opérer une personne à l’autre bout du monde sans avoir à perdre le temps de se déplacer ! Le “Cloud” nous permet de stocker des Pétaoctets de logs, de statuts sociaux, de commentaires, d’informations. Tout cet ensemble de données est utilisé par le Big Data qui analyse toujours plus de données constituées de nos indicateurs vitaux, de nos faits, de nos gestes ; pour le bien de la science, ou le désir de conquêtes d’entreprises moins éthiques.

Nos données sont récupérées par le biais de nos téléphones, tablettes, ordinateurs et d’une multitude d’appareils connectés, toujours plus puissants, plus précis et plus diversifiés.

Nous sommes dans un monde ultra-connecté : l’arrivée des “smart-city” permettra aux voitures autonomes de changer notre quotidien, de réduire nos excès de vitesses, nos accidents, tout en nous rendant du temps. Nous ne serons plus obligés de conduire le véhicule, nous pourrons vaquer à des occupations beaucoup plus agréables.

La 5G aura des débit 100 fois supérieurs à ceux de la 4G et permettra de développer encore plus l’inter connectivité des villes.

Le web continue de grandir, chaque personne possède plusieurs pages personnelles ou professionnelles. Peut-être à travers un blog, un profil Twitter, une page Facebook. Même nos morts peuvent continuer d’exister après leur décès : leur vie digitale ne disparait pas systématiquement avec eux.

Nous possédons quasiment tous une ou plusieurs boites mail, nous communiquons via les différents réseaux sociaux, les systèmes de visioconférence : bien qu’éloigné physiquement, le numérique nous rapproche.

Nos habitudes et nos usages évoluent rapidement : hier, nous possédions un ordinateur qui durait plusieurs dizaines d’années, nous avions des VHS, des DVD, des Blu-ray, des livres, des jeux de sociétés, que nous nous prêtions. Nous étions plus patients, et devions attendre des heures, des jours avant d’accéder aux informations de l’autre bout du monde. Aujourd’hui, tout est rapide et à portée de clic.

Internet a soufflé ses 30 bougies cette année. Ce sont autant d’années de progrès, d’innovation et d’accélération pour le plus grand bien de l’humanité.

Enfin, c’est ce que l’on croit.

La face cachée du numérique.

Les services numériques sont utiles, ils ont leur place dans la société et nous aident au quotidien : ils nous font progresser, nous font gagner du temps, et nous permettent d’accomplir des tâches toujours plus diverses et variées. Remettre en question l’innovation technologique est un débat qui n’a aucun sens vu la quantité de progrès que nous avons accomplis ces dernières années.

Cependant, nous devons nous poser une question importante : “le numérique nous aide, mais le fait-il de la meilleure façon ?” Cette question revient à nous demander si nous avons réussi à concevoir un modèle qui prenne en compte non seulement l’immédiateté de nos besoins mais aussi la sécurité de nos données, nos limites planétaires, notre bien-être et celui du reste de la biodiversité.

La réponse est simple : Non.

Nous avons avec le numérique beaucoup de problèmes éthiques

Le tout-numérique remplace de nombreux procédés archaïques et fastidieux, alors qu’il y a encore 1 Français sur 5 qui ne possède pas Internet. Nous oublions bien trop facilement que les actions dématérialisées ne sont pas encore accessibles à tout le monde.

La dématérialisation de l’information a aussi changé nos habitudes ; Twitter, Facebook, et le Web contribuent à accélérer sa diffusion, et celle-ci est plus difficile à vérifier. Les “Fake News” polluent nos fils d’actualité : il devient compliqué de faire la part des choses, surtout lorsque des personnes influentes participent à la propagation de fausses informations.

La sécurité de nos transactions s’améliore, mais les techniques frauduleuses, de plus en plus élaborées, piègent de plus en plus de personnes, même parmi les professionnels de l’informatique. La population n’est pas suffisamment formée à utiliser Internet : elle pense bien trop souvent que le cadenas vert label du chiffrement sur Internet est un gage de sécurité, que Wikipédia est une source d’information de qualité, et que les “grandes entreprises” sont expertes en sécurisation de données. Lorsque l’on sait que la Fnac stockait il y a quelques années des données bancaires sans cryptage, que Grand Optical s’est fait coincer par la CNIL l’année dernière pour une affaire de transactions insuffisamment sécurisées et que Facebook fait actuellement la une pour avoir stocké les mots de passe de milliers d’utilisateurs en clair, on peut forcément se poser des questions sur la sécurité des données du web.

Le RGPD a réussi à changer des choses, on remarque qu’il y a un petit engouement pour la sécurisation de nos données. Mais s’il n’y avait pas de menace financière, est-ce que nos informations auraient fini par être “aussi bien” traitées ?

En parlant de données, peut-on trouver pertinent de faire confirmer à un utilisateur pressé d’utiliser nos services, l’exploitation de ses données ? Il acceptera comme d’habitudes sans lire les conditions générales, aussi bien rédigées soient-elles.

L’informatique éthique est un sujet vaste et intéressant : il y a beaucoup de choses à faire (former les utilisateurs, les développeurs, les entreprises…), de nombreuses questions à se poser, mais ça a le mérite de bouger un “tout petit” peu.

D’un point de vue éthique, le numérique est encore loin d’être responsable.

Comment est-ce que les services numériques polluent ?

C’est encore plus compliqué avec l’écologie : le numérique pollue et nous ne le voyons pas. Nous n’avons pas conscience que tous nos usages quotidiens ont des impacts sur le reste de la société, sur le climat, sur la planète.

C’est comme la voiture électrique, elle est jolie, elle réduit la pollution de nos villes, et semble être le parfait avenir de la voiture thermique. Cependant, lorsque l’on regarde un peu plus loin, que l’on trouve ce qu’elle consomme, ce qu’elle nous coûte, c’est une autre histoire : épuisement des ressources rares (antimoine, terres rares…), pollution extrême des villes, des villages, de la nature de pays moins développés, n’ayant pas les normes sanitaires et écologiques que nous avons en France ou en Europe. Disparition massive de la biodiversité : c’est une hécatombe, 40% de la faune à disparue en 40 ans, incluant plus de 83% des batraciens…. Mais vu que le désastre est ailleurs, que nous ne le voyons pas : il est plus facile de l’ignorer.

C’est identique avec le numérique : la moindre action que nous faisons à un impact immédiat et non visible sur la planète. Pour chaque SMS, chaque e-mail, chaque commentaire envoyé, chaque vidéo vue, chaque émission écoutée, chaque page web chargée, nous émettons dans l’atmosphère une dose d’équivalent CO2 qui grossit au fil du temps. Et c’est encore pire lors de la fabrication de tous ces appareils que nous achetons ou que nous remplaçons qui nous permettent d’accéder à ces services numériques…

Il y a quelques années, l’humanité était bridée par ses propres limites technologiques, nous ne pouvions stocker, analyser et transférer autant de données en aussi peu de temps.

En 1969, l’ordinateur de bord de la mission Apollo 11, a réussi l’exploit de faire un aller-retour sur la Lune. Il possédait simplement 72 Ko de stockage et 4 Ko de mémoire vive. Ce qui est environ le poids moyen d’un e-mail en 2019 (sans images) !

De tels exploits étaient possibles puisque nous étions bridés, il n’y avait pas d’autres moyens de parvenir à son objectif que d’optimiser le moindre octet.

La technologie et les différents périphériques étaient conçus pour durer. Un ordinateur avait une durée de vie d’une vingtaine d’années, et pouvait faire tourner des logiciels récents, vu que ceux-ci étaient conçus pour fonctionner sur des périphériques plus vieux et moins performants !

Aujourd’hui, les appareils ne coûtent plus une fortune : vous pouvez vous procurer un smartphone, une télévision, un ordinateur, une tablette, ou un autre objet connecté pour moins de 100€.

Le logiciel n’est plus conçu pour fonctionner sur de très vielle version matérielle, ce qui a pour conséquence de rendre le matériel obsolète bien plus rapidement, nous trouvons normal de devoir changer de périphérique au bout de quelques mois pour profiter de mises à jour : le logiciel s’est adapté à une version périphérique ; il ne prend plus en compte les plus anciennes versions (ancienne voulant désormais signifier quelques mois…). S’il vous faut une nouvelle fonctionnalité, il suffit “simplement” de racheter un nouvel appareil et de télécharger votre application mise à jour.

Il est frustrant de voir de très grandes entreprises en profiter pour nous faire consommer bien plus, au détriment de notre porte-monnaie et de la planète : Apple et Samsung se sont fait condamner en Italie pour obsolescence programmée (une plainte à été déposée en France contre Apple sur le même sujet) : Vous sentiez que votre téléphone commençait à ramer un peu ? que c’était un peu plus lent que d’habitude ? Vous aviez l’impression de perdre votre temps avec un appareil “trop vieux” ? C’est normal : rien de plus simple en développement informatique que de rendre votre appareil moins performant pour vous en faire acheter un nouveau, quitte à jeter l’ancien, qui aurait dû avoir devant lui de belles années de fonctionnement.

L’obsolescence programmée, est connue depuis de nombreuses années d’un point de vue matériel, de nombreux composants sont “créés” pour ne durer qu’un certain nombre d’années, elle existe dorénavant dans le secteur applicatif ; Le résultat est similaire, vu qu’au bout du compte, on jette nos anciens modèles, ou on croit les faire “recycler”. Mais comme tout bon déchet recyclable : il termine souvent dans un pays moins développé, qui ne traite pas nos déchets correctement, et détruisent leur propre biodiversité (espèces végétales, animales, et population humaine…)

Que vient faire le climat là-dedans ?

La majorité des personnes avec qui l’on discute de ces sujets n’a pas conscience de la réalité de la pollution engendrée par le numérique. Si vous questionnez n’importe quel individu, même professionnel, il vous expliquera généralement que la pollution numérique provient des centres de données, qui consomment une énergie gigantesque pour nous apporter et stocker toujours plus d’informations.

Il est vrai que nous avons de plus en plus de centres de données à travers le monde, et que ceux-ci consomment de l’énergie, ce n’est cependant pas là le principal problème de la pollution numérique : nos centres de données sont capables de supporter des températures très élevées, sans dégrader les matériels qui composent les serveurs, il n’est plus utile de “refroidir” les salles serveur à grand coup de climatisation, la déperdition énergétique est de plus en plus faible, et de nombreuses normes sont rentrées en vigueur, et continuent d’arriver pour cadrer leur consommation à l’international.

Nous arrivons à une période de “cloudification”, ou les serveurs ne sont plus réservés à l’usage d’une même société, la majorité des entreprises pensent à migrer leur infrastructure, afin de réduire les coûts, de supporter la charge grâce à la scalabilité permise par les infrastructures décentralisées, permettant de profiter, en plus, des services innovants qu’offrent les gros fournisseurs de solution « cloud ». La conséquence est bénéfique pour le climat : Au lieu de n’utiliser que 10% de la puissance de son serveur 90% du temps, de payer sa maintenance, son évolution, on partage désormais la puissance de son architecture avec d’autres, ce qui nous limite les émissions de GES. Encore faut-il que les entreprises jouent le jeu, et qu’elles ne fassent pas “grossir” leur application avec cet effet de puissance illimité.

Nous pouvons facilement limiter nos “Gaz à effet de serre” : si le matériel est partagé, il est mieux rentabilisé, et servira à beaucoup plus de monde, avant d’être changé ou remplacé, sur une durée équivalente.

La fabrication de nos différents matériels est le plus gros facteur de pollution numérique, Ce sont nos terminaux qui polluent le plus : Téléphone, tablette, ordinateur, télévision, enceinte connectée, montre connectée, et tout autre objet appartenant à l’IOT est une source de pollution : On extrait des ressources plus ou moins rares, qui n’existeront plus dans quelques dizaines d’années sur terre, pour créer des systèmes électroniques fusionnant de faibles doses de métaux , les rendant très peu recyclable, pour être assemblées dans des appareils destinés à n’être utilisés que quelques mois… avant d’être remplacés vu que le logiciel ne sera pas mis à jour au bout d’un certain temps, que les pièces de votre appareil ne seront pas remplaçables, ou coûteront plus chères que l’achat d’un appareil neuf.

La pollution liée aux services numériques correspond à un ensemble gigantesque d’étapes : la phase de fabrication des différents composants du numériques, qui consomment nos métaux rares, et l’eau utilisée pour l’extraction et l’assemblage … Le gras logiciel des différentes applications, qui surexploite les CPUs, la RAM, les écrans, et l’espace de stockage de nos appareils. L’énergie utilisée, qui, même en France, où elle est principalement décarbonée grâce au nucléaire, pollue l’intégralité du processus (extraction des ressources, recyclage de certains composants, charge de nos appareils…)

Le numérique a-t-il un avenir responsable ?

Les services numériques peuvent être un atout pour l’humanité, ils nous ont simplifié de nombreuses tâches, nous aident à gagner du temps, à réaliser des actions très complexes plus simplement. Cependant, l’utilisation que nous en faisons actuellement rend la question délicate. Nos loisirs font des services numériques un secteur de plus en plus énergivore et consommateur : la vidéo à un impact énorme : Youtube consomme 30% du trafic mondial, Netflix vient de passer la barre des 15%. Le monde du jeux-vidéo va récupérer sa part du gâteau avec l’arrivée des consoles 100% connectées que sont Google Stadia et Microsoft xCloud. Cette nouvelle génération de console devra non seulement « streamer » l’intégralité des jeux à l’utilisateur, mais gérer les parties “online” avec des milliers d’utilisateurs connectés.

Notre besoin de nouveautés matériels a sûrement le plus gros impact planétaire du numérique, et on doit se poser une question : est-ce la faute du consommateur, qui est poussé à la consommation, ou celle du constructeur, qui produit des appareils toujours plus esthétiques, beaucoup moins réparable, difficilement mis à jour après quelques mois, et bien plus énergivore ?

Il y a quelques années, Frandroid avait posté un sondage pour savoir quand est-ce que les utilisateurs changeaient de téléphone, la majorité indiquait le faire au bout de deux ans ! Et une partie des sondés ont même répondu changer de téléphone tous les ans, voire plusieurs fois par an !

De nombreux forfaits téléphoniques existent en vous promettant un nouvel appareil tous les 24 mois, ou moins… Et c’est un avantage vanté auprès des utilisateurs ! En effet, si c’est « offert », pourquoi se priver d’un téléphone dernier cri ? En poussant ainsi à la consommation, on favorise la surconsommation de nos ressources planétaires, on augmente les émissions de GES, on détruit des populations humaines, animales et végétales sans que les consommateurs en aient conscience …

Le modèle économique des sociétés nous fournissant des appareils numériques n’est pas du tout en adéquation avec un rééquilibrage de nos dépenses terrestres. Mais le fait de retarder leur changement ou de les faire réparer a un vrai impact sur nos émissions de GES.

La pollution applicative est bien réelle : les sites internet deviennent de plus en plus lourds, de plus en plus gras, et toujours plus énergivore ! Aujourd’hui, en moyenne, 75 requêtes sont envoyées à un serveur à chaque page que vous visitez, et ces pages auront un poids moyen de 1.8Mb.

Plus le temps passe, et plus le web s’alourdit ! Nos navigateurs sont pourtant bien plus puissants, et les langages informatiques sont censés être plus efficaces et optimisés.

Tout comme la vidéo, la blockchain est un des secteurs numériques les plus polluants : des nouveaux schémas de validation plus efficients apparaissent, de nouvelles crypto-monnaies ont pensé l’impact écologique du minage, mais ce n’est pas encore suffisant. Le Bitcoin (juste lui) consomme 0.24% de la production électrique mondiale, et émet environ 195.99 Kg d’équivalent CO2 par transaction.

De nombreuses personnes nous explique que l’énergie est « récupérée » pour chauffer des piscines ou des habitations, que ce n’est pas si grave que ça. Mais elles oublient que le coût planétaire en ressources et en énergie est extrêmement lourd, surtout pour ne « miner » que des Bitcoins, D’un point de vue écologique, avoir une éolienne qui produirait juste de l’énergie pour chauffer tout le village, en plus de l’alimenter électriquement, serait bien plus efficace.

L’IA aussi est énergivore. C’est ce qui a permis de créer de nouveaux types de composants bien plus efficaces pour l’ensemble du secteur. Les premières versions d’AlphaGo étaient ultra-énergivores, et consommaient pas loin de 40 000 watts, (il y avait 176 GPUs pour la faire fonctionner). Deepmind s’est penché sur le problème, et nous avons désormais une IA plus puissante, qui ne consomme que 4 TPUs (une sorte de CPU dédié à l’intelligence artificielle, pensé pour les “tensors”, qui est bien moins gourmand en énergie). Nous sommes passés d’un TDP (l’enveloppe thermique) de 40 000 watts à moins de 1 000 watts. C’est toujours gigantesque, mais tout cela s’améliore : Nvidia promet aussi des puissances de calculs sur GPU 1000 fois plus importantes dans la dizaine d’années qui arrive, sans augmenter la puissance requise pour les faire fonctionner.

La 5G arrive avec ces débits affolants, et permettra à tous nos appareils d’obtenir encore plus d’informations. Mais c’est surtout un énorme problème : même si la connexion avec les antennes est censée consommer moins d’énergie nos appareils devront avoir besoin de plus grosses batteries et de plus de puissance puisqu’ils devront analyser et envoyer une quantité gigantesque de données. La 5G possède aussi un degré de pénétration très faible ! Elle émettra sur des fréquences très élevées (entre 24,25–27,5 GHz), il sera très difficile de pénétrer à travers les bâtiments : il faudra donc encore plus d’antennes que ce que nous avons en 4G. (Ce qui consommera énormément de ressources rares, qui nous fera racheter des équipements dédiés à la transmission et à la réception de la 5G …). Cela rendra aussi obsolète la 4G, qui a des débits déjà exceptionnels. Au lieu de rentabiliser l’achat de tous nos équipements 4G, acheté il y a quelques années, et d’optimiser le traitement de nos informations, pour rendre la 4G encore plus puissante et faire durer nos appareils, nous allons dépenser des milliards pour profiter d’une technologie qui risque, sans que nous le voyions, de dévaster un peu plus notre monde. (Et je ne parle même pas de la surexposition électro-magnétique qui nous sera imposée).

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Des solutions existent pour prendre en considération l’impact écologique de nos services, de nos composants tout au long de leur cycle de vie. L’éco-conception, la conception numérique responsable, ou la low-tech ! Toutes ces notions seront bénéfiques à l’avenir du numérique et existent depuis plusieurs années ! Des associations et des entreprises commencent à en parler, mais peu d’entre elles, mettent ces concepts en place, vu qu’elles souhaitent déjà leur trouver un avantage commercial. Et qu’il y a toujours la peur de changer ces méthodes. Pourtant, le début d’une bonne transformation numérique commence par la prise en considération de l’environnement dans le cycle de vie de ses produits (même numériques).

Les écoles d’informatique n’en parlent pas beaucoup (Mais ça arrive : J’ai eu la chance d’en parler à Ynov LYON, en début d’année scolaire, à MédiaSchool Nice, lors de leur premier #climacte2019, qui était un très bel événement, et à Télécom-St-Etienne lors de leurs premières conférences sur `La face cachée du numérique`). C’est dommage que les étudiants qui sortent d’école pour intégrer le monde du travail ne connaissent que très peu ces notions. Je dois quand même reconnaitre que les étudiants ont généralement une motivation plus forte sur les principes de conception numérique, que leur ainés, codant depuis plusieurs années …

Le numérique est très difficile à maitriser : il évolue en permanence : de nouvelles possibilités, de nouveaux Framework, de nouvelles applications, de nouveaux langages apparaissent à chaque instant. Je pense qu’il est possible de rendre tout ça plus propre, plus éthique et écologique dans les années qui viennent. Beaucoup d’organismes et de personnes ont pointé du doigts les problématiques du web (Le site Greenit.fr existe depuis plus de 15 ans…), et leurs voix commencent juste à se faire entendre. Des projets se montent en partenariat avec l’ADEME (NégaOctet, RESET…) et de nombreuses sociétés commencent à se poser des questions sur l’implémentation de la conception numérique responsable au sein de leur solution. Des professionnels engagés lancent aussi des initiatives intéressantes (comme le “Manifeste écologique des professionnel·le·s de l’informatique”).

Même si tout commence à s’emboiter petit à petit, et que c’est très long, il est de notre rôle d’utilisateur d’agir beaucoup plus sobrement avec le numérique ! En redécouvrant les aspects plus matérialistes que nous avons oubliés. Réduire son impact est simple, nous pouvons le faire d’une multitude de façons : en prolongeant déjà la durée de vie de nos appareils numériques ! Supprimer l’équivalant d’un gigaoctet de mail réduit son empreinte écologique de 26g d’eq CO2, mais prolonger la durée de vie d’un smartphone de 5" de 2 à 4 ans vous en fera économiser 60Kg, et prolonger celle d’un ordinateur de 15" de 3 à 6 ans vous fera économiser l’équivalant de 250Kg d’eq CO2. Il est possible de réduire son emprise du numérique en redécouvrant simplement les plaisirs dématérialisés : le sport, les jeux de société, les restaurants autour de chez nous, les repas entre amis. En se gardant simplement du temps « déconnecté ».

En tant que développeurs, nous avons une responsabilité importante d’essayer de rendre notre code moins gras, plus performant, et d’expliquer les concepts et les avantages de la mise en place de la conception responsable sur les projets de nos entreprises. La bonne définition des fonctionnalités, la suppression du code et des fonctionnalités inutiles, ou peu utilisées, la mise à jour de ces dépendances, de ces langages, de ces libraires et frameworks, la mise à jour de son poste, et de ces outils en évitant de changer d’ordinateur trop souvent… Il y a une multitude de choses à faire, vous pouvez même en découvrir plus avec les certifications GreenIt et Opquast.

Et en tant qu’entreprise, la réduction de son impact écologique est primordiale ; entre les solutions qui vous coûterons moins chères, qui seront plus performantes et qui vous demanderons beaucoup moins de maintenance. Les nouveaux clients qui voudront travailler avec les entreprises plus éthiques. L’ambiance de travail de vos salariés fiers de faire partie d’une entreprise ayant compris les problématiques écologiques de notre monde. Vous y gagnerez à tous les niveaux : l’institut Américain Ethisphere prouve même depuis plusieurs années que les entreprises “éthiques” réussissent mieux que les autres à travers son classement annuel !

Vous l’aurez compris, pour que le web devienne plus responsable, on a tous un petit quelque chose à faire : il suffit “simplement” de s’y mettre ! Alors ? On commence quand ? :)

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Pascal Kotté

Written by

Réducteur de fractures numériques, éthicien digital, Suisse romande.

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