GIEC, le 6ème rapport IPCC 2021

Un regard lucide sur les conséquences des activités humaines

Pascal Kotté
Aug 11 · 11 min read

Je vous ai fait la traduction en français du résumé de 2 pages.

AR6, pas nécessairement digeste! (Mais ils ont fait de gros progrès)

Bon alors en fait, nous n’avons que le 6ème rapport du groupe 1… Seulement 3949 pages… Et il y a 3 groupes, les 2 autres rapports sortiront en 2022.

Le GIEC, ou IPCC, c’est quoi?

Un groupe d’experts internationaux créé par l’ONU, qui depuis 1988, factualise l’impact planétaire humain, sur le climat de la Terre. Ce groupe travaille et rapporte aux gouvernements l’état de la situation tous les ans, ou deux fois par an. Un rapport public est rédigé. Cette année 2021 sort le 6ème rapport IPCC.

Trois groupes de travail

  1. Groupe I: Système climatique
  2. Groupe II: Impacts socio-économiques et naturels
  3. Groupe III: Solutions
  4. Une équipe spéciale, qui n’est pas vue comme un groupe de travail, assure les inventaires nationaux et un guide méthodologique pour “mesurer”…
2 minutes pour comprendre les rapports et leurs compilations, en anglais

Les rapports

La partie française (à cette date) est limitée aux contenus de 2013/2014, du 5ème rapport (AR5)

Le dernier rapport est donc en anglais. Il comprend:

Voici celle qui “annonce” le rapport 2021, sous-titrée en français:

Pas très pédagogique…
Version allégée, et version complète, un outil destiné aux data scientist, journalistes scientifiques, ou curieux compétents…
Le régional fact sheet de l’Europe https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/factsheets/IPCC_AR6_WGI_Regional_Fact_Sheet_Europe.pdf

Si vous souhaitez vous impliquer un peu plus, et en Suisse romande, nous rejoindre chez http://TheShifters.ch ou avec la Fresque du Climat… Mais surtout, rejoindre et faire connaitre Time For The Planet.

6ème rapport WG1: 9 août 2021

Pour le groupe 1, situation climatique et évolutions prévisibles

Résumé du résumé, en 2 pages

Principales déclarations du résumé à l’intention des décideurs politiques

9 août 2021 (sous réserve de l’édition finale)

A. L’état actuel du climat

  1. Il est incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres. Des changements rapides et généralisés se sont produits dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et la biosphère.
  2. L’ampleur des changements récents et actuel dans l’ensemble du système climatique sont sans précédent depuis plusieurs siècles voire plusieurs milliers d’années.
  3. Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du globe. Les changements observés tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et en particulier ceux d’origine humaine, se sont renforcés depuis le cinquième rapport d’évaluation (AR5).
  4. L’amélioration de la connaissance des processus climatiques, des données paléoclimatiques et de la réponse du système climatique à un forçage radiatif croissant a permis d’améliorer la compréhension de la situation et permet d’estimer au mieux la sensibilité du climat d’équilibre à 3°C, avec une marge de manœuvre plus étroite par rapport au rapport précédent (AR5).

Futurs climatiques possibles

  1. La température à la surface du globe continuera d’augmenter au moins jusqu’au milieu du siècle quel que soit le scénario d’émissions considéré.
    Le réchauffement planétaire de 1,5°C et de 2°C sera dépassé au cours du 21e siècle, à moins de réduire considérablement les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies.
  2. De nombreux changements dans le système climatique s’amplifient en relation directe avec le réchauffement global. Il s’agit notamment de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des extrêmes de chaleur, des vagues de chaleur marines, de fortes précipitations, de sécheresses agricoles et écologiques dans certaines régions, et plus de cyclones tropicaux intenses, avec une forte réduction de la glace de mer arctique, de la couverture neigeuse et du pergélisol.
  3. La poursuite du réchauffement climatique devrait encore intensifier le cycle mondial de l’eau, notamment sa variabilité, les précipitations de la mousson mondiale et la gravité des événements humides et secs.
  4. Dans les scénarios d’augmentation des émissions de CO2, les puits de carbone océaniques et terrestres devraient être moins efficaces pour ralentir l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.
  5. De nombreux changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires, en particulier les changements dans les océans, les calottes glaciaires et le niveau mondial des mers.

Informations climatiques pour l’évaluation des risques et l’adaptation régionale

  1. Les facteurs naturels et la variabilité interne moduleront les changements causés par l’homme, surtout à l’échelle régionale et à court terme avec peu d’effet sur le réchauffement global centennal. Ces modulations sont importantes à prendre en compte dans la planification de l’ensemble des changements possibles.
  2. Avec la poursuite du réchauffement climatique, on prévoit que chaque région connaîtra de plus en plus de changements simultanés et multiples. Les changements seraient plus répandus à une température de 2°C par rapport à un réchauffement de 1,5°C et encore plus répandus et/ou prononcés pour des températures plus élevées.
  3. Des résultats considérés peu probables, tels que l’effondrement de la calotte glaciaire, les changements brusques de la circulation océanique et certains événements extrêmes de réchauffement nettement plus important que les prévisions, ne peuvent être exclus et font partie de l’évaluation des risques.

Limiter les changements climatiques futurs

  1. Du point de vue de la science physique, limiter le réchauffement climatique d’origine humaine à un niveau spécifique exige de limiter les émissions cumulatives de CO2, pour atteindre un niveau d’émissions de zéro et de réduire drastiquement les autres gaz à effet de serre. Des réductions fortes, rapides et soutenues des émissions de CH4 (Méthane) limiteraient également l’effet de réchauffement, mais aussi la pollution par les aérosols ce qui améliorerait la qualité de l’air.
  2. Les scénarios avec des émissions de gaz à effet de serre (GES) faibles ou très faibles (SSP1–1.9 et SSP1-2.6) ont des effets perceptibles sur les concentrations de gaz à effet de serre et d’aérosols, ainsi que sur la qualité de l’air, par rapport aux scénarios à fortes et très fortes émissions de GES
    (SSP3–7.0 ou SSP5–8.5). Dans le cadre de ces scénarios contrastés, des différences perceptibles dans les tendances de la température à la surface du globe commenceraient à se démarquer de la variabilité naturelle dans un délai d’environ 20 ans, et à plus long terme pour de nombreux autres facteurs d’impact climatique (probabilité élevée).

Original an anglais:

Executive summary de 42 pages

Copie du résumé: 2021–08–11

Headline Statements from the Summary for Policymakers 9 August 2021 (subject to final copy-editing)

A. The Current State of the Climate

  1. It is unequivocal that human influence has warmed the atmosphere, ocean and land. Widespread and rapid changes in the atmosphere, ocean, cryosphere and biosphere have occurred.
  2. The scale of recent changes across the climate system as a whole and the present state of many aspects of the climate system are unprecedented over many centuries to many thousands of years.
  3. Human-induced climate change is already affecting many weather and climate extremes in every region across the globe. Evidence of observed changes in extremes such as heatwaves, heavy precipitation, droughts, and tropical cyclones, and, in particular, their attribution to human influence, has strengthened since the Fifth Assessment Report (AR5).
  4. Improved knowledge of climate processes, paleoclimate evidence and the response of the climate system to increasing radiative forcing gives a best estimate of equilibrium climate sensitivity of 3°C, with a narrower range compared to AR5.

Possible Climate Futures

  1. Global surface temperature will continue to increase until at least the mid-century under all emissions scenarios considered. Global warming of 1.5°C and 2°C will be exceeded during the 21st century unless deep reductions in carbon dioxide (CO2) and other greenhouse gas emissions occur in the coming decades.
  2. Many changes in the climate system become larger in direct relation to increasing global warming. They include increases in the frequency and intensity of hot extremes, marine heatwaves, and heavy precipitation, agricultural and ecological droughts in some regions, and proportion of intense tropical cyclones, as well as reductions in Arctic sea ice, snow cover and permafrost.
  3. Continued global warming is projected to further intensify the global water cycle, including its variability, global monsoon precipitation and the severity of wet and dry events.
  4. Under scenarios with increasing CO2 emissions, the ocean and land carbon sinks are projected to be less effective at slowing the accumulation of CO2 in the atmosphere.
  5. Many changes due to past and future greenhouse gas emissions are irreversible for centuries to millennia, especially changes in the ocean, ice sheets and global sea level.

Climate Information for Risk Assessment and Regional Adaptation

  1. Natural drivers and internal variability will modulate human-caused changes, especially at regional scales and in the near term, with little effect on centennial global warming. These modulations are important to consider in planning for the full range of possible changes.
  2. With further global warming, every region is projected to increasingly experience concurrent and multiple changes in climatic impact-drivers. Changes in several climatic impact-drivers would be more widespread at 2°C compared to 1.5°C global warming and even more widespread and/or pronounced for higher warming levels.
  3. Low-likelihood outcomes, such as ice sheet collapse, abrupt ocean circulation changes, some compound extreme events and warming substantially larger than the assessed very likely range of future warming cannot be ruled out and are part of risk assessment.

Limiting Future Climate Change

  1. From a physical science perspective, limiting human-induced global warming to a specific level requires limiting cumulative CO2 emissions, reaching at least net zero CO2 emissions, along with strong reductions in other greenhouse gas emissions. Strong, rapid and sustained reductions in CH4 emissions would also limit the warming effect resulting from declining aerosol pollution and would improve air quality.
  2. Scenarios with low or very low greenhouse gas (GHG) emissions (SSP1–1.9 and SSP1- 2.6) lead within years to discernible effects on greenhouse gas and aerosol concentrations, and air quality, relative to high and very high GHG emissions scenarios (SSP3–7.0 or SSP5–8.5). Under these contrasting scenarios, discernible differences in trends of global surface temperature would begin to emerge from natural variability within around 20 years, and over longer time periods for many other climatic impact-drivers (high confidence).

Voir aussi

Avec remerciements à François Pichard, Pascal Seeger pour ses partages,et à “Bon pote” aussi:

Traduction française du résumé décideur (42 pages)

Merci Claude Schaerer

Et merci à “on sait pas qui” car c’est volontairement un travail anonyme… (??)

Synthèse et analyse par The Shift Project

11 pages en français

Synthèse et analyse du nouveau rapport du GIEC

12 Août 2021

CNRS

Plateforme wallonne pour le GIEC

Lettre n°21 — Édition spéciale — Août 2021

Après les terribles inondations qui ont frappé la Wallonie et l’Allemagne, et alors que des incendies détruisent des milliers d’hectares de forêt dans le Sud de l’Europe, en Sibérie et en Amérique du Nord, il nous a semblé utile de publier cette édition spéciale dès la parution du nouveau rapport du GIEC. Elle donne un aperçu du Résumé pour les décideurs du rapport, sous la forme de ses 14 messages clés. Cet automne, une Lettre plus substantielle sera consacrée à ce nouveau rapport de près de 4000 pages, mais vous disposez ainsi déjà de l’essentiel, en français (la traduction officielle paraîtra dans plusieurs mois).

https://plateforme-wallonne-giec.be/Lettre21.pdf

LeMonde: Le rapport du GIEC en 18 graphiques

Plus précis. Plus alarmant. Plus fiable. Plus pédagogique. Le groupe-1 du GIEC vient de publier son rapport dans le cadre de la préparation du 6ème rapport de ce Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le premier fut publié en 1990. Il servit de base scientifique à l’élaboration de la Convention Climat de l’ONU, signée à Rio de Janeiro en 1992.

(extrait) 5. Le budget carbone de l’Humanité — Alors que l’Humanité a émis 2 560 milliards de CO2 depuis 1750, il faudrait n’en émettre que 500 de plus pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Pour le limiter à 2°C, 1150 milliards de tonnes. Ces objectifs supposent de ne pas utiliser la majeure partie des énergies fossiles disponibles en sous-sol. Et donc des transformations technologiques, économiques, sociales, culturelles et politiques majeures.

ICCInet.org: Cryosphere Capsules Special Edition

En anglais:

En français

  • Perte des calottes glaciaires et SLR plus rapide et potentiellement extrême sous les émissions les plus élevées
  • Les glaciers et la neige diminuent clairement dans le monde
  • Perte nette de banquise dans l’Arctique
  • (Polaire) Acidification, réchauffement et perte d’oxygène des océans
  • Dégel et émissions du pergélisol
  • Avantages des réductions d’émissions

Et il nous donne la liste des scénarios IPCC (GIEC) mis à jour, pour décoder les articles et références aux “SSP1, SSP2, SSP3, SSP5…”

GEO: 6 choses à retenir du rapport 2021 du Giec sur la crise climatique

  1. L’évaluation scientifique la plus complète pour les décideurs politiques
  2. L’impact de l’homme sur le changement climatique est “sans équivoque”
  3. Les événements extrêmes ? Favorisés aussi par l’homme
  4. Toutes les régions du monde sont concernées
  5. Gare aux points de bascule
  6. Tout n’est pas (complètement) perdu

Analyse de l’Atécopole sur le rapport spécial 2019

Le GIEC a publié le 8 août 2019 un Rapport Spécial sur « le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre (GES) dans les écosystèmes terrestres »[1].

Biodiversité et changement climatique : entre discours du spécialiste et discours vulgarisé

Biodiversity and climate change: in between scientific discourse and popular science writings

Frédéric Parrenin et Élodie Vargas

France inter

Le réveilleur

Dommage, il parle du 5ème rapport… On attend la suite sur le 6ème.

Brut

28mn ARTE

France Inter

A regarder en basse résolution…

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Révolutionnaires de LA Transition (LaTransition.ch), et acteurs EnTransition

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Un inter-collectifs d'acteurs et d'actions pour des transformations sociétales majeures, y compris avec des petits projets mineurs et locaux ! Ce n'est pas l'écologie notre moteur, mais l'avenir de nos enfants, et de leurs enfants… Suisse romande, et pas que…

Pascal Kotté

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Réducteur de fractures numériques, éthicien digital, Suisse romande.

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