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Crédit : Chloe Sharrock

Élina Dumont est comédienne, chroniqueuse, conférencière, consultante… Sous toutes ses casquettes, une seule et même cause : le « sans-abrisme ». Un combat qu’elle mène depuis plus de dix ans pour que plus personne ne vive ce qu’elle a elle-même vécu dans la rue.

Elle aime rappeler qu’elle a plus d’un demi-siècle. Élina Dumont, 53 ans, porte bien son titre de « Grande Gueule ». Celle qui a vécu quinze ans dans la rue milite aujourd’hui pour la cause du sans-abrisme et n’a pas le temps de prendre des pincettes.

Qu’il s’agisse de prendre la parole sur les réseaux sociaux ou le plateau de RMC pour parler de précarité dans l’émission « Les Grandes Gueules », devant des lycéennes et lycéens pour les sensibiliser sur les causes qui mènent à la rue ou des chefs d’entreprise qui n’imaginent pas une seconde qu’une ou un de leurs employés puisse dormir dans sa voiture… Élina Dumont n’arrête jamais. …


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À la mi-novembre, la militante féministe Anna Toumazoff a lancé un mouvement solidaire pour héberger les jeunes LGBTQIA+ chassés dehors pendant le confinement. Après #UberCestOver et #TouteNueDansLaRue, combats qui lui ont valu une large renommée sur la toile et dans les médias, la jeune activiste de 25 ans destine aujourd’hui son soutien à une « minorité oubliée » de la crise sanitaire.

Pour Anna Toumazoff, c’est d’abord un constat : « Le confinement a obligé de nombreux jeunes, à court de revenus, à réintégrer malgré-eux le cocon parental ». Ce retour aux sources est loin d’être une alternative réjouissante pour les jeunes en rupture familiale. Il ajoute à leur précarité une épreuve supplémentaire : celle de revenir à ce qu’ils ont fui des années plus tôt. …


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Crédit : Glen Carrie / Unplash

« Pendant le premier confinement, on a eu des tickets services mais là, plus rien. » Dans le centre d’accueil de jour pour familles et femmes enceintes ESI Famille géré par l’association Emmaüs, Nebia me confie sa détresse. Dans le creux de son bras se loge un tout petit bébé, deux mois à peine. La jeune mère, ses deux autres enfants, « six et dix ans », et son époux, originaires d’Algérie, sont hébergés dans un hôtel du 115, en Seine-et-Marne, depuis le mois de février dernier.

Quand je lui demande si ce second confinement est plus dur que le premier. Elle répond « oui », abattue, fatiguée. D’autres femmes, croisées dans ce même centre, me confieront ce même sentiment. …


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À Lille, les livreurs du mouvement #PourEux rassemblés sur la Grand Place.

Un concept simple : des citoyennes et citoyens préparent des paniers de courses, d’autres les livrent à vélo aux personnes sans-abris. #PourEux apparaît au printemps 2020, à l’aube d’un premier confinement qui va geler le pays tout entier et fragiliser davantage encore les personnes les plus démunies. L’initiative d’un groupe de potes lyonnais est devenue, huit mois plus tard, l’un des plus importants mouvements citoyen jamais connu en France.

#PourEux, c’est aujourd’hui 4000 coursiers et coursières bénévoles qui arpentent jour et nuit les grandes métropoles de l’hexagone, et déjà un total de 90.000 panier-repas délivrés. Cette ascension fulgurante va de paire avec l’augmentation de la pauvreté en France. « Les personnes sans-abris que nous croisons au quotidien dans les rues ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, mais la majorité d’entre eux vit à l’ombre, à l’écart de la société », explique l’un des fondateurs du mouvement. « C’est à ceux-là que nous devons consacrer le plus gros de nos efforts. On ne mesure pas encore l’ampleur du désastre de la pandémie. Les futurs sans-abris sont déjà nés, mais n’ont pas encore tout à fait conscience de leur précarité. Ceux-là n’arriveront sur le “tarmac” que d’ici un ou deux ans. …


Déjà une semaine de confinement. Tu as probablement trouvé ton rythme, acheté un ou deux sachets de farine pour tes envies de pâtisserie du week-end, et enfin commencé à t’attaquer à ta pile de livres dans ta bibliothèque. Aujourd’hui, je te propose de prendre du temps sur ton week-end pour penser à celles et ceux qui ont besoin de ton aide, d’un geste de solidarité et de ta générosité.

Les façons d’aider les personnes sans-abris pendant le confinement sont multiples et s’adaptent selon tes ressources. Chaque individu peut agir à son échelle. Voici quelques idées pour prendre part au mouvement.

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Crédit photo : United Nations COVID-19 Response

1. Proposer ton aide pour marauder dans ton quartier.

Les associations qui proposent des maraudes sont nombreuses et permettent d’apporter aux plus démunies de la nourriture mais aussi des produits de première nécessité et un peu de chaleur humaine.


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© Chloé Sharrock / Sans A_

Initiatrice du mouvement Réchauffons Nos SDF, aujourd’hui constitué en association, et autrice de la pétition « Des centres d’hébergement pour les femmes SDF », Sarah Frikh, ancienne enquêtrice et négociatrice dans une grande radio nationale, mobilise aujourd’hui plus de 400.000 personnes autour d’une même cause : la mise à l’abri de femmes et d’enfants vivant dans la rue.

Que se passe-t-il quand plus de 400.000 personnes unissent leurs forces et leurs ressources pour sortir des femmes de la rue ? Sarah Frikh le sait, les choses peuvent aller très vite. Une fois un profil identifié et vérifié, elle lance une alerte à sa communauté et une journée peut suffire pour lui trouver un toit temporaire et lui faire livrer vêtements et nourriture. Le processus est déjà bien rôdé et a permis à une centaine de femmes de dormir à l’abri ou de bénéficier de produits de première nécessité. « Encore hier, nous avons apporté à une maman qui vit dans la rue des vêtements pour son nourrisson. …


Un jour de juin, je marchais dans la rue, quand un homme m’a abordé frontalement pour me vendre un CD. J’ai décliné son offre. Quelques mètres plus loin, un autre m’a approché timidement pour solliciter mon aide. Je lui ai donné le fond de pièces jaunes qui trainait dans mon porte-monnaies, j’ai discuté avec lui, et j’ai fini par revenir le voir le lendemain pour lui apporter un sac de sport rempli de ce dont il avait besoin.

Des vêtements, une paire de chaussures, une serviette et du gel douche, un coupe-ongles et l’ adresses et horaires d’ouverture des Bain-Douche le plus proche. Je ne l’ai plus jamais revu mais je repense souvent à lui — Marty — quand je passe devant l’endroit où il m’a abordée, et je me demande souvent pourquoi je l’ai écouté et aidé lui, et pas l’autre. …


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Clémence et Romy ont accueilli des personnes sans-domicile dans leur logement pendant le premier confinement. Alors qu’une partie de la population fuit de nouveau la ville pour se mettre au vert, pourquoi ne pas l’encourager à laisser leurs clés à celles et ceux qui n’ont pas de toit où se confiner ?

« Les seules personnes que j’avais à mes côtés pendant le premier confinement, c’était cette maman et son enfant de trois ans. Elle et il sont devenus ma famille temporaire et les liens persistent encore aujourd’hui. …

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