Le Lièvre et la Tortue: la Fable Neuroscientifique

Notre mode de réflexion est composé de deux systèmes:

  • le Système 1 de pensée rapide (celui qu’on utilise pour échapper à un ours dans la forêt),
  • le Système 2 de pensée lente (celui que l’on exploite pour mettre en place le nouveau modèle stratégique de notre entreprise).
La représentation (très) simplifiée des zones cérébrales correspondant au Système 1 et Système 2

A quoi sert ce Système 1?

Le premier système existe pour de bonnes raisons car si on traitait toutes les informations avec le Système 2, on serait incapables de vivre normalement. Outre les comportements innés, on se sert également du système 1 pour les comportements appris puis automatisés : conduire une voiture, faire du vélo, lire un texte, faire un calcul simple, s’orienter sur Google Maps, calculer une moyenne dans Excel etc.

Le Système 1 nous protège et nous maintient en vie, mais il fait souvent des erreurs. Il traite l’information par les voies rapides (amygdale — cortex cingulaire antérieur — hippocampe) et cherche la correspondance entre les stimuli du moment et les patterns similaires qui existent dans notre mémoire.

Grâce à la digitalisation et la multiplication des outils numériques, on confie de plus en plus de tâches au Système 1. Des tâches qui, hier encore, étaient assurées par le Système 2 (pensez aux magnifiques fonctionnalités de Google Spreadsheets qui vous facilitent la vie).

Vous l’aurez compris, le Système 1 ne vous permettra pas de vous développer car il est résistant au changement, averse au risques, paresseux intellectuellement, vulnérable aux biais cognitifs, aime la facilité etc. Il est souvent satisfaisant, mais rarement optimal.

Et le système 2?

Ce deuxième système correspond aux voies cérébrales phylogénétiquement plus récentes, il remplit une fonction adaptative chez l’homme et c’est ce même système qui nous permettra de nous développer, de nous adapter, d’innover ou encore de nous améliorer.

Avant que la conduite ne devienne un réflexe (Géré par le Système 1) chez le jeune conducteur, il doit d’abord utiliser son Système 2 pour apprendre, se concentrer, coordonner ses pieds, ses mains, son regard etc.

Le Système 2 nous permet d’avancer, de nous adapter et d’innover. Il traite l’information par les voies dites lentes (le cortex préfrontal — les fonctions exécutives) et nous sert par exemple pour planifier le futur, analyser les données complexes, développer une stratégie ou encore pour assurer la régulation émotionnelle. Ce deuxième système utilise davantage la réflexion et le raisonnement et demande donc énormément d’effort de notre part.

Ce mode de pensée demande beaucoup d’attention et d’effort, mais en contrepartie, il permet d’évoluer, d’oser, de risquer et de sortir de sa zone de confort.

Coûteuse et peu fréquente, la pensée du Système 2 dépend des ressources attentionnelles.

Lorsqu’on réalise par exemple une conference call stratégique avec un client qui parle très mal notre langue, les chances de réussite chutent. Sensible au stress et au manque d’attention, le Système 2 va très rapidement s’éteindre en cédant la tâche au Système 1.

Les hormones de stress court-circuitent les zones cérébrales responsables de la pensée lente (Système 2)

Comment l’appliquer au management?

Par défaut, les humains ont peur du changement. Le Système 1, qui est fait pour nous maintenir en vie, perçoit tout changement comme un danger et d’une manière inconsciente, toutes les 5 secondes, le cerveau cherche les sources du danger autour de nous.

Plaçons-nous un instant dans un environnement business incertain (période de fusion-acquisition, moment de licenciements, etc.), ce contexte crée une ambiance remplie de stress et de peur. Les leaders doivent comprendre que le sentiment du danger est contagieux : si les équipes ressentent la peur, cela se propage comme la peste.

Court-circuitées par les hormones du stress (cortisol), les aires cérébrales correspondant au Système 2 cèdent toutes les tâches à l’intuition du Système 1 et ainsi les cerveaux des employés stagnent, ne produisent plus de nouveaux cellules (neurones) et de liaisons.

Cela étant dit, si vous menez une transformation au sein de votre entreprise, nous vous conseillons de réduire au maximum le niveau de stress et d’anxiété dans votre collectif en orientant le focus sur les aspects positifs du changement et en adoptant une posture bienveillante. Cette stratégie peut améliorer la capacité du cerveau à adapter sa réponse au changement en le percevant comme une opportunité plutôt qu’un danger.

Pour en savoir plus, vous pouvez toujours prendre contact avec le Groupe SBT, concepteur de solutions pour accompagner, accélérer et booster l’épanouissement des individus dans les organisations.


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