7 jours en Israël — Palestine
Une semaine de voyage au Proche-Orient
Introduction
Le Moyen-Orient me tentait depuis des années. J’aime le tourisme de vestiges, la peinture orientaliste et les histoires d’archéologie. Un territoire à la croisée de trois continents, et majoritairement en Asie ne peut être qu’intéressant ! En allant pour raisons personnelles un weekend en République Tchèque mi-aout, nous avions un choix de destinations plutôt originales au départ de Prague pour la semaine à venir. J’ai tout de suite pensé à Istanbul, mais nous avions un peu peur des attentats. Les Balkans ? Nous voulions un voyage un peu plus unique… Un vol pour Tel Aviv ? Banco !
Organisation
Le choix d’Israël pour une semaine en aout a beaucoup de sens. Il y fait beau absolument tous les jours, nous avions un peu peur du soleil même, et le pays est vraiment petit (plus petit que la Bretagne, 26 000 km² avec la Palestine, 20 000 km² sans), ce qui le rend navigable sur un court séjour. Le désert occupe déjà 60% de sa superficie. J’ajoute que la température est un peu dure à vivre aux abords de la mer Morte, de Massada et de Acre sur la côte à cause de l’humidité et du sel; par contre, Jérusalem, ville à 550 mètres d’altitude, est très agréable, si bien qu’il faut même des pantalons et un petit pull le soir. Nous décidons de commencer par une ville du Nord, pour voir la mer et un peu de pays, avant de redescendre vers Jérusalem pour les immanquables culturels et la Judée. La ville du Nord choisie est Acre (ou Saint Jean d’Acre, ou Akko, selon les préférences), pour son patrimoine historique. Nous ne passons pas à Tel Aviv, n’étant pas de grands teffeurs. Nous louons une voiture à l’aéroport pour aller dans le Nord. Voilà le programme :
Jour 1 : arrivée à Ben Gourion, prise de la voiture, arrivée à notre logement à Acre.
Jour 2 : visite d’Acre
Jour 3 : remise de la voiture, arrivée à Jérusalem
Jour 4 : visite de Jérusalem
Jour 5 : visite de Jérusalem
Jour 6 : tour organisé vers la Judée : Massada, l’oasis d’En Gedi et la mer morte
Jour 7 : tour en Cisjordanie, à Bethléem et autour
Jour 8 : visite d’un musée à Jérusalem et départ

Ce programme est assez lâche pour se permettre de prendre son temps, se reposer, se lever un peu tard (sauf les jours 5, 6 et 8).
Un dernier mot, sur la nourriture : on mange vraiment bien en Israël, c’est la plupart du temps bon et aussi très copieux. Par contre, il faut être prêt à manger le plus souvent végétarien, car cela s’accommode bien des préceptes de la religion juive (casher). Ainsi, la plupart des restaurants sont même vegan friendly, et il faudra spécialement chercher si vous voulez de la viande (ce qui est tout à fait trouvable). On trouve de délicieux poissons, comme à Acre (restaurant Doniana), mais par exemple un restaurant italien sans porc, c’est un peu moyen pour les pizzas et les pâtes ! Enfin, niveau prix, c’est un pays cher. Un hôtel équipé du strict minimum et une chambre de 10m² valent 77€, les repas sont comme en France, à quoi il faut ajouter systématiquement le service de 12%… J’ajoute que l’offre hôtelière est plutôt déficiente : j’ai trouvé les hôtels presque rares, et chers. Air BNB est une solution, comme nous à Acre, mais il faudra également s’apprêter à bien ouvrir le porte monnaie.
Jour 1 — Arrivée à Ben Gourion le soir, prise de la voiture et route jusqu’à Acre (Akko).
Jour 2 — Acre
Acre est une ville très ancienne (3500 ans au moins) qui a été le port principal des croisés, pendant les croisades, jusqu’à être la dernière tête de pont tenue par les latins 1291. A ce titre, elle présente de très beaux vestiges médiévaux mais aussi ottomans. La ville est petite et une journée suffit (pas moins) pour en faire le tour, d’autant qu’elle est vraiment intéressantes avec ses vieilles rues, parfois les unes au dessus des autres, et ses épais murs sur la mer. Par contre, il faut savoir que la ville est sale (peu touristique) et que les mauvaises odeurs sont parfois de la partie… En conséquence, la ville est aussi pleine de chats. Également, en été, c’est non seulement chaud mais aussi très humide. Il y a donc une forteresse, une mosquée, un hammam, des caravansérails, un tunnel creusé par les templiers, et en périphérie un jardin magnifique.












Jour 3 — D’Acre à Jérusalem
Malgré le trajet en voiture du Nord au Sud, nous trouvons le temps de visiter les splendides jardins Bahaï, un peu en dehors d’Acre. Il s’agit de jardins entourant le mausolée de Bahá’u’lláh, fondateur perse de la religion Bahaï au 19ème siècle. Il a été exilée à Acre en 1868, avant d’y mourir en 1892. Cette religion est abrahamique (elle vient de l’Islam) et monothéiste, proclamant l’unité spirituelle de l’humanité : toute les religions ne sont l’expression que d’une seule et même foi, et l’âme est la même pour tous, sans distinction de race, de sexe, d’ethnie ni de classe. Aujourd’hui, la religion Bahaï compte 5 millions de fidèles à travers le monde









Sur la route, nous croisons des convois de chars montés sur des camions ! De quoi nous rappeler que nous sommes bien en Israël, comme les nombreuses personnes armées (militaires mais aussi des gens qui avaient l’air de civils, il faudra nous expliquer pourquoi ?) croisées à Jérusalem le montrent aussi. Cependant, nous ne nous sommes jamais senti menacés : ni en Israël, ni à Jérusalem Est ou Ouest, ni en Cisjordanie. J’ajoute pour dire que le pays est littéralement truffé de gens parlant français, j’avais rarement vu ça : des touristes, des pèlerins, des juifs français, et même des militaires en service… C’est toujours drôle de s’adresser à eux en anglais sur le bus à prendre et de les voir discourir entre eux en français. Ce n’est donc pas le pays pour critiquer les gens à voix haute en pensant qu’ils ne nous comprennent pas !
Ensuite, nous avons le temps de passer au musée d’Israël, à Jérusalem, l’institution culturelle la plus importante du pays. Cet établissement fait une nocturne jusqu’à 21h le mardi, ce qui est bien pratique. Le musée d’Israël possède particulièrement les manuscrits de la mer morte et le codex d’Alep, les manuscrits de la Bible les plus anciens du monde. Il y a ensuite une belle section d’archéologie, de beaux arts, d’arts extra européens, d’ethnologie juive et d’art contemporain. Nous n’avons pas été attentif à tout, étant trop fatigués. Cependant, le musée n’est pas si grand et propose une jolie promenade, c’est donc hautement recommandable et faisable de tout voir.



Jour 4 — Jérusalem, la vieille ville
Nous commençons la découverte de la vieille ville de Jérusalem, le cœur de tout voyage en Israël pour beaucoup de voyageurs. Le programme est la Tour de David, musée d’histoire de la ville sis dans une belle forteresse ottomane riche en histoire, puis le mur des lamentations, et la visite de l’église du Saint Sépulcre, lieu le plus saint du christianisme. Pour meubler, nous avons également visiter l’église Sainte Anne.


En arrivant, la vue sur les remparts de Soliman le magnifique est extraordinaire. La tour de David est un musée que je recommande particulièrement. Il permet d’avoir une vue d’ensemble de l’histoire du territoire, ça remet bien en place les idées sur les histoires antiques et bibliques. C’est aussi un joli lieu avec une très belle vue sur la vieille ville.


Nous allons ensuite rendre hommage au mur des lamentations, ou plus exactement le mur de soutènement ouest de l’esplanade du temple de Jérusalem :’) Nous y réservons des billets pour aller visiter le lendemain soir les soubassements. C’est un vestige de l’époque d’Hérode. L’importance du mur occidental (il y a d’autres vestiges de l’esplanade mis au jour) est lié au fait qu’il était le plus proche du saint des saints.

Comme il nous restait du temps, nous allons marcher dans la ville et visitons l’église Sainte Anne, de style roman tardif. Belle acoustique, mais rien de fou pour un français héhé.



Ensuite, du gros lourd : l’église du saint Sépulcre. Du 11ème siècle puis rénové depuis, particulièrement au 19ème et en 2010, cette église est le cœur de la chrétienté. Sous un même toit ont été réunis le lieu de la mort de Jésus et le lieu de son ensevelissent (et donc, de sa résurrection). L’église est beaucoup plus grande que ce à quoi je m’attendais ! De nombreux cultes chrétiens y sont rassemblés, mais les orthodoxes ont l’air de tenir l’endroit. Il y a un peu de monde et guère d’expérience mystique, mais c’est toujours étonnant de voir des pèlerins lécher des objets considérés comme saints… D’ailleurs, pour la foule, il vaut mieux y aller le matin. C’est étonnamment tranquille. Globalement, lors de ce voyage, nous avons toujours été tranquilles. Ce doit être un des pays les moins touristiques que j’ai visité. Le clou de la visite est l’édicule sous la grande coupole et le tombeau de Jésus qu’il recouvre ; il est possible de faire la queue pour aller toucher la pierre. Différentes chapelles de différentes confessions chrétiennes et lieux saints sont placés autours (les syriaques, les catholiques, le Golgotha…).







Jour 5 — Jérusalem : Yad Vashem et visite des tunnels du Kotel
Au programme : l’esplanade des mosquées, le mémorial de la Shoah Yad Vashem, et la visite souterraine des soubassements du mur des lamentations.
Nous nous levons un peu tôt pour nous rendre à l’esplanade des mosquées. Nous allons alors le bonheur de voir les vieilles rues de Jérusalem quasiment vides, avant l’ouverture des souks, dans la lumière du matin. C’est vraiment quelque chose !


En effet, l’endroit n’est ouvert que du dimanche au jeudi de 7h30 à 11h, et derrière nous, la queue n’a fait que s’agrandir. Sur cette esplanade (l’ancienne esplanade du temple de Jérusalem construite par Hérode, donc, et détruite par les romains) se trouve la mosquée Al Aqsa, du VIIème — XIIIème siècle, mais principalement le dôme du rocher, 3ème lieu saint de l’Islam. Mahomet y est monté au ciel. La visite se résume à en faire le tour et à se promener sur cette tranquille esplanade. Le dôme du rocher est le plus ancien monument de l’Islam, et il est d’ailleurs très beau. Il s’élève à l’emplacement de l’ancien temple de Jérusalem.




Après une petite sieste, nous allons visiter le mémorial de la Shoah, Yad Vashem. Il est sur le mont Herzl, un peu à l’écart de Jérusalem, sur un campus arboré. Il reprend l’histoire dans un sens thématico-chronologique, depuis les origines de l’antisémitisme chrétien puis du 19ème siècle, la montée du nazisme, les lois raciales de Nuremberg, les ghettos, les camps. C’est assez complet dans ce sens, et j’ai bien aimé le fait qu’il y ait cette typologie de beaucoup de ghettos et de camps, avec chacun une salle réservée. Pour faire un peu le grincheux, j’aurai aimé un peu plus de détails sur les mécanisme de la déportation, et les différentes communautés juives peut être, ainsi que plus de documentation sur les conséquences de ce drame. D’ailleurs, le musée le parle pas de l’Exodus il me semble ! Ceci dit, il est intéressant de voir de nombreux soldats (des jeunes en service militaire) visiter le lieu. Le campus est agréable, et le monument aux enfants tués est vraiment émouvant.


Pour terminer la journée, nous allons vers une visite originale : la visite des soubassements du temple de Jérusalem. Il s’agit de vestiges archéologiques enterrés, où nous marchons sur le pont construit par Hérode (73 av. J-C — 4 av. J-C) pour aller sur l’esplanade (dont plusieurs arches sont encore présentes, dans lesquelles on marche, ce qui est fou !!) ; nous suivons ensuite le bas du mur des lamentations sur une longue distance (bien plus que la partie au dessus du niveau du sol), ce qui permet de s’imaginer les dimensions du lieu de culte antique, avant de marcher au fond d’un aqueduc creusé dans la roche. Je conseille vraiment cette visite, c’est original et intéressant, avec un petit côté aventurier.


Jour 6 — Massada, En Gedi et la Mer Morte
Ce jour là, lever très tôt : à 2h30 du matin. Ça fait mal ! Mais, nous allons voir un peu de nature et prenons un tour organisé pour aller monter à la forteresse de Massada à pied et y admirer le lever du soleil. Il faut se rendre au point de rendez-vous, faire la route (1h30 entre Jérusalem et Massada, qui est à la jonction du désert du sud). Ensuite, il faut marcher sur la piste qui monte tout en haut du plateau. Massada est une forteresse aménagée par Hérode, et qui a été le lieu d’un siège (après la mort d’Hérode) en 72–73 lors de la grande révolte juive. L’endroit est célébré en Israël car les juifs zélotes qui tenaient l’endroit ont préférés se tuer que de se rendre au romain. Les ruines des palais d’Hérode et des époques postérieures (comme une église byzantine) valent vraiment le coup. Malheureusement, le timing du tour était un peu serrer pour en profiter. Mais l’attraction principale du jour était la montée à pied, et le spectacle du lever du soleil. C’est vraiment magnifique, le soleil se levant au dessus de la mer morte et colorant les roches du désert. La marche d’approche n’est pas extrêmement difficile, de l’ordre de 400 mètres de dénivelé. Après 8h, donc après le lever du soleil, un téléphérique démarre pour éviter une ascension sous le soleil. Un grand moment d’un voyage en Israël.





Après, notre tour nous amène pour un peu plus de marche : la réserve naturelle d’En Gedi. L’endroit est connu pour son oasis, son ruisseau et cascades dans les désert, et sa faune. La promenade, parfois étonnamment aventureuse, est plaisante. Nous avons pu voir des bouquetins.




Enfin, nous allons nous reposer au bord de la mer morte. C’est rigolo de se sentir flotter, mais le sel pique en fait beaucoup et donne une consistance un peu huileuse à la mer ! Il est alors plus sympathique d’aller à la piscine… Le mer morte est unique car ses rives sont le point émergé le plus bas du globe (-430m), et, conséquence de l’évaporation et de la perte de niveau, l’eau y est 10 fois plus salée que l’océan mondial.

Jour 7 — Journée en Cisjordanie, Bethléem et ses alentours
Pour la journée suivante, après une looongue sieste de 4h30 et une bonne nuit de sommeil, nous allons vadrouiller en Cisjordanie, pays des Palestiniens. Nous allons à Bethléem voir la basilique de la Nativité. Enfin, être dedans. Car l’édifice est dans une grande campagne de restauration, alors nous n’avons pu voir d’intéressant dedans que les mosaïques d’origine à travers une trappe. C’est vraiment fou d’être dans une basilique Constantinienne d’origine, l’une des plus vieille églises du monde, à l’endroit d’où est parti la tradition de Noël et la naissance du Christ ! A ce propos, c’est un peu la cohue pour aller à l’endroit où serait né Jésus…
Dans une église accolée, l’église saint Catherine, église 19ème siècle bien propre, se trouvent accessibles des grottes intéressantes. Plusieurs sont dédiées à des patriciennes romaines, mais l’une d’elle serait celle où Saint Jérôme a écrit la Vulgate, durant 30 ans. Le type à la base de toutes les versions chrétiennes de la Bible actuelles, ou presque ! Pour quelqu’un qui aime les livres, l’antiquité tardive, les religions ou le moyen âge, c’est vraiment à voir. Un peu comme les manuscrits de la mer morte.




Ensuite, nous prenons un taxi pour aller voir une (autre) forteresse du roi Hérode : le Hérodion. Hérode était un roi bâtisseur, surnommé le Grand. On lui doit également la ville de Césarée. L’Hérodion se présente comme une colline creusée de l’intérieur, un petit volcan. Dans le “cratère” se trouve le petit palais, d’où il est possible d’aller dans des galeries qui ont servies à la résistance juive contre les romains lors de révoltes. On a de ce palais original une très belle vue sur la Palestine, le désert de Judée et la mer morte. On remarque ainsi de nombreuses colonies (ou implantations) israéliennes sur des élévations.




Enfin, nous nous faisons déposer au pied de la barrière de séparation israélienne. En guise de barrière, c’est plutôt un nouveau mur de Berlin, de 8 mètres de hauts avec miradors, barbelés et checkpoints. Il a été élevé à partir de 2002 et serpente entre Israël et Palestine. Nous prenons alors le bus pour Jérusalem du côté israélien.


Jour 8 — Musée d’archéologie Rockefeller et départ
Enfin, pour le dernier jour, nous choisissons d’aller dans un musée peu fréquenté avant de partir pour l’aéroport : le musée d’archéologie Rockefeller. Ce musée a été construit par les britanniques en 1938 pour abriter toutes les trouvailles archéologiques du mandat. Et en effet, le bâtiment est très beau et exhale un merveilleux parfum vintage, d’archéologie et universitaire. Les collections et la muséographie n’ont pas bougés depuis presque 80 ans, ça sent bon le vieux, et la bibliothèque est un monument de calme, hors du temps.








C’est là dessus que s’achève notre périple dans ce pays plein d’histoire. Je vous dis à très vite, pour un autre voyage.

