Brisons nos chaînes : libérons-nous de l’emprise du juge suprême !

Nicolas Toussaint
Jul 30, 2017 · 5 min read

“Les oiseaux nés en cage pensent que voler est une maladie.” A. Jodorowski

Nous n’avons aucun libre-arbitre. Je n’en ai pas, tu n’en as pas, vous n’en avez pas une once. Vous objecterez que je ne suis personne pour prétendre cela, que vous avez des opinions réelles, des convictions fortes. Cette seule phrase suffira à exacerber le flot de pensées remuant dans votre esprit, tenu de main de maître par votre juge suprême.

“Qu’est-ce qu’il raconte celui-là ? Il est perché !”

Vous saisissez maintenant ? J’entends par juge suprême cette petite voix qui nous susurre à longueur de journée à l’oreille, qui spolie notre réalité, réprime la moindre de nos émotions et juge sévèrement tout ce qui bouge, nous compris. Toute notre vie est articulée par ce juge, nous sommes gouvernés par lui et avons perdu trace de notre authenticité profonde.

Il est temps de changer de paradigme, de reléguer au second plan cette voix insidieuse, de ne plus croire aux mensonges qu’elle professe dans l’intention de se libérer de nos chaînes mentales et de tendre à un idéal d’amour et de respect.

La machine infernale

La tâche n’est pas aisée car le juge règne en despote dans nos esprits. Depuis notre tendre enfance et la perte de cette authenticité, nous sommes réduits à emprunter des routes préconstruites, à suivre des ordres imaginaires créés par la société, les écoles et nos proches. Nous avons appris qu’il n’y avait qu’une seule et unique voie possible et qu’il fallait s’y tenir ; nous avons appris à mater toute tentative d’expression de notre moi profond, à refouler nos émotions par peur de s’éloigner de la “norme” ; nous avons appris qu’il fallait être le meilleur coûte que coûte, que la compétition prévalait, que l’échec était interdit. Chaque tentative visant à s’éloigner des ordres imaginaires ancestraux imposés ne pouvait qu’échouer, la pression extérieure considérable, le juge suprême déjà bien installé.

La bête grossissait, prenait irrémédiablement le contrôle. Nous plaçant dans un brouillard mental sans nom et mettant sur un piédestal les émotions néfastes telles que la haine, la jalousie et l’intolérance. Le résultat est que nous passons nos journées à médire sur autrui, à nous plaindre de notre condition, à poursuivre une absurde quête de perfection.

Ces pensées se sont insérées subrepticement dans nos esprits et nous les croyons immuables :

« Je ne pourrai jamais faire ça, ce n’est pas dans mes compétences. »

« Pourquoi suis-je le seul à endurer ces difficultés ? La vie est injuste avec moi. »

« J’aimerais tant avoir plus que ce que je n’ai déjà. »

Du fait de cet accablement proféré dogmatiquement par notre juge, nous prétendons être en société en portant des masques puissants, nous ne sommes plus nous-mêmes mais le reflet de ce que les autres veulent qu’on soient. Le temps est venu de prendre conscience des mensonges inhérents à ces pensées, de s’émanciper de la peur d’être pleinement soi. Nous avons le pouvoir de les ignorer afin de ne plus être possédés par elles, le pouvoir de les remplacer par des palliatifs comme l’amour, la gratitude et le respect qui nous mèneront vers notre véritable essence. Toutes ses émotions sont en nous depuis toujours, nous en sommes remplis, elles sont simplement devenues bancales, noyées dans un océan opaque de pensées négatives où règne le juge suprême.

Chaque être humain est unique, par conséquent parfait. En tant qu’individu absolu, nous avons le pouvoir de recréer notre propre réalité de la façon qui nous plaît, de s’affranchir de nos inhibitions, de briser nos chaînes mentales pour enfin atteindre la sérénité ! Le juge continuera à nous parler mais libre à nous de ne plus l’écouter.

Les quatre accords toltèques

Pour nous aider à dissiper ces brouillards mentaux et réussir à atteindre une certaine forme d’épanouissement personnel, Don Miguel Ruiz dans son livre Les quatre accords toltèques, s’appuie sur la culture toltèque pour nous livrer quatre principes essentiels à suivre.

  • Le premier consiste à avoir une parole impeccable, avec nous-mêmes, avec autrui. Lorsque nous soignons notre parole et que nous l’utilisons pour encourager, complimenter, aimer sincèrement, nos vies s’en trouvent rapidement bouleversées. À quoi bon se laisser envahir par la frustration lorsqu’une personne ne partage pas notre point de vue ? Il vit dans sa propre réalité, nous vivons dans la nôtre. Acceptons que d’autres puissent avoir des opinions différentes et tentons d’apprendre d’elles.
  • Le second, de ne jamais faire d’un rien une affaire personnelle. Détachons-nous de cette fâcheuse manie de tout prendre pour nous, de suspecter sans cesse — nous ne sommes pas le centre du monde. S’il arrivait qu’on nous vilipende réellement, ce n’est pas notre problème mais seulement le reflet du profond mal-être du médisant. Pardonnons, ne perdons pas nos forces à nous focaliser sur des vétilles.
  • Le troisième poursuit dans cette lignée, il équivaut à cesser de faire de continuelles suppositions sur les situations, les personnes que nous rencontrons. Faire des suppositions sur les aspirations d’une personne nous éloignent de la vérité et fait émerger en nous des émotions nuisibles. Osons poser des questions pour dominer ces suppositions, ainsi, nous ne permettons plus au doute de nous consumer.
  • Le quatrième, qu’il faut toujours faire de notre mieux peu importe les circonstances. Si nous donnons le meilleur de nous quoi qu’il arrive, que peut nous reprocher le juge ? Cette attitude nous permettra d’éviter les regrets et d’attirer dans nos vies un courant intarissable d’émotions positives.

Votre juge se rebellera pendant la lecture de ce texte, soyez en sûr. Vous murmurant que ce ne sont que des conneries de bobo-droit-de-l’hommiste, qu’il est irréaliste de suivre des conseils aussi candides dans un monde comme le nôtre. Ce qui a changé : vous avez acquis le pouvoir de ne plus l’écouter au pied de la lettre, de remettre ses opinions en doute, de maîtriser son influence.

IL NE TIENT QU’À NOUS DE SE SORTIR LES DOIGTS, BRISER NOS CHAÎNES, SE LIBÉRER DU JUGE ET DEVENIR UNE SOURCE DE LUMIÈRE POUR L’HUMANITÉ.

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Stories that matter. Emotion first and foremost.

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