Ce que disent les étoiles

Je cherche ce qui me tient encore en vie,
Ce par quoi je continue de vivre.
Je cherche beaucoup, et sincèrement, parce que ces derniers temps ont été durs et éprouvants.
Je cherche ce qui me tient encore en vie -
Et je pourrai ajouter que je suis sans espoir.
Sans espoir de voir encore la pierre parler à l’aube
Ou
Le ruisseau se lever, tout à coup,
Et interrompre sa sieste pour apprendre à la rive le goût de l’eau.
Être sans espoir,
Est-ce que cela signifie tendre l’oreille ?
Est-ce que cela signifie que, demain encore,
Je prêterai mes yeux aux étoiles pour qu’elles puissent nous regarder,
Et ne rien condamner de tout ce qu’elles verront de nous ?
Je les envie.
C’est cela le plus dur.
Je me dis :
Qu’est-ce qu’elles doivent être heureuses,
Et bien,
là-bas,
Réconciliées avec la nuit et les astres.
Je me dis qu’elles sont en bonne santé et que tout va pour le mieux,
Là-bas,
Dans le ciel,
Dans le noir,
Et que là-bas, en fait,
C’est peut-être un peu comme ici.
J’aimerais aussi qu’elles me prêtent main-forte
Pour que tout soit à nouveau merveilleux, encore un instant.
Ou bien qu’elles me prêtent main-forte
Pour que je puisse me souvenir que tout est merveilleux, à chaque instant.
Et indestructible.
Après cela,
Oui,
Je crois que je pourrai tout laisser tomber.
Je crois que je pourrai à nouveau me dire
Que je suis seul -
Et que c’est vraiment bien ainsi.

La peinture est de Phil Guston.

Le titre est Ross Feld.