Ce que je retiens après 1 an d’entrepreneuriat — Acte I

Après plusieurs mois intenses où tout s’est accéléré, je ressentais le besoin de faire une courte pause, inspirer un grand coup et faire le point sur cette aventure — encore au balbutiement.

Ces derniers mois sont passés à une vitesse hallucinante; je n’arrive même plus à me remémorer de manière précise tous les évènements qui se sont enchainés. Je commence ici une série d’articles, destinés à expliquer ce que cette expérience m’a apporté, en tant qu’entrepreneur bien sûr, mais également en tant qu’individu. Car l’entrepreneuriat ne se résume pas simplement au fait de “monter sa boite”. C’est quelque chose qui se vit pleinenement, et qui nous transforme.

J’espère que cette lecture vous aidera, de la même manière dont j’ai été aidé, à vous lancer dans ce projet ô combien enrichissant.

Acte I. Les autres et soi

Scène 1. Le mimétisme

On ne le dira jamais assez, se nourrir des expériences des autres est la principale source d’enseignement que l’on peut avoir lorsqu’on entreprend. Le parcours de chacun est semé d’embûches, et, parfois, le simple fait d’en être au courant permet de les éviter.

Raconter sa vie n’a jamais été aussi intéressant. Non, raconter son expérience n’est pas un délire narcissique ou alors le discours plein d’aigreur d’un entrepreneur raté. Chaque erreur ou réussite est un conseil précieux, pour soi, et pour les autres. Il existe des centaines de moyens différents pour obtenir ces aides, le plus souvent gratuitement. Medium est un vecteur, mais les rencontres, les conférences, les articles, les vidéos, les podcasts; tout cela tourne autour de nous. Il est primordial d’ouvrir les yeux et croquer à pleines dents dans cet amas d’informations.

Chaque parcours est différent, il ne suffit pas de reproduire à l’identique la réussite d’un autre, mais de s’en inspirer.

Vous trouverez toujours des problèmes auxquels d’autres personnes ne se sont jamais confrontées, alors gardez votre énergie pour ceux là, et éviter d’en perdre sur des erreurs dont vous connaissez l’existence.

Scène 2. Le mythe du réseau

Je ne soupçonnais pas qu’il était aussi simple de rencontrer autant de monde en si peu de temps. Le secret ? Les contacter. D’une nature timide, j’ai dû prendre sur moi pour faire le premier pas, puis le deuxième, puis le troisème. Certes, cela me demande encore des efforts de le faire, mais c’est maintenant rentré dans mes habitudes. Pourquoi ? D’une part parce que je m’y suis entrainé, mais surtout parce que ça a fonctionné. Comme pour tout effort, la confiance est primordiale.

J’ai pu ainsi rencontrer des gens qui me semblaient hors d’atteinte, tout simplement parce que j’avais un but, des questions à poser pour quelque chose de concret.

Jamais je ne les aurais contactés autrement. C’est une sensation incroyable, elle nous donne l’impression qu’aucune barrière n’existe plus. L’âge, le statut d’étudiant, le sentiment d’infériorité que j’avais, le manque de réseau, toutes ces limites que je me fixais moi-même ont disparu. Beaucoup de gens sont prêts à vous aider, si vous les contactez de la bonne manière. Surtout, c’est en rencontrant toutes ces personnes que l’on accumule encore plus de témoignages, retours d’expériences et conseils.

Scène 3. Le tri sélectif

En tant qu’entrepreneur, on se met souvent dans une posture d’écoute. On cherche toujours à recolter du feedback, des idées, des conseils, des problèmes du client. On est dans une perpetuelle remise en question, bien aidé par le regard des autres. En à peine 6 mois, vous aurez un nombre incalculable d’idées, de conseils pour votre projet. Vous aurez amassé des centaines conseils tous plus utiles les uns que les autres. Tous plus contradictoires les uns que les autres. Vous aurez l’impression d’être dans une sorte de machine à laver, où vous ne pouvez pas sortir la tête de l’eau. C’est la plus grande chance que vous aurez, mais c’est peut-être le plus difficile à gérer pour ne pas se perdre.

Mettons nous tout de suite d’accord : c’est tout simplement impossible de suivre tous ces conseils; et surtout inapproprié. Personne, à qui vous parlez de votre projet, ne peut le connaitre mieux que vous. Pourquoi ? Parce que c’est vous seul qui savez où vous souhaitez aller. Je ne dis pas là qu’il ne faut écouter personne, bien au contraire. Comme je l’ai dit auparavant, l’expérience des autres est la source la plus importante à laquelle vous avez accès. Mais elle est intarissable, il faut savoir la trier, ne pas tout prendre, ne pas tout jeter, ne garder que ce qu’il y a d’indispensable dans le but d’améliorer sa solution. Pour cela, j’ai ma propre façon de trier. Peut-être ne vous conviendra-t-elle pas, car il s’agit de quelque chose de personnel. Après plusieurs mois à tout écouter, tout noter pour ne rien rater, je me suis senti à bout, saturé de tous ces conseils et tout ces gens qui, de manière tout à fait bienveillante, me disaient ce qu’il fallaient faire.

J’ai alors compris qu’il y a avait deux sortes de conseils ; ceux qui donnent une solution et ceux qui amènent à réfléchir à une solution.

Seule la deuxième sorte est intéressante. Le verbe falloir est à bannir de votre langage. Quelle légitimé a t’on à se mettre dans une posture omnisciente sur un projet qui n’est pas le nôtre ? Il n’y a aucun interêt là dedans. Au contraire, lorsqu’une personne est compétente dans un domaine dans lequel nous ne le sommes pas, ou moins — ce qui est mon cas dans bien des domaines — elle est capable de nous amener à nous poser des questions, les fameuses bonnes questions. Lorsque je rencontre quelqu’un à qui je vais parler de mon projet, mon but n’est plus d‘obtenir des réponses, mais de partir avec des questions, des pistes de réfléxion. C’est grâce à ces conseils que nous pouvons avancer.

Ne laissez personne prendre les décisions à votre place, mais écoutez toutes les personnes qui vous feront avancer par un raisonnement commun.

Si vous avez aimé l’article, tapez dans les mains !

Vous pouvez me suivre sur Twitter , et suivre le projet que je porte sur Medium et Twitter