La voix de nos ancêtres

Nous étions si pressés.
Aujourd’hui,
Nous nous penchons sur ce qu’il nous reste de coeur
Et nous y voyons les ruines du silence et de la grâce.
Sommes-nous encore capables d’image,
De tendresse, et de courage
Dans le désespoir?
Que faisons-nous de tout cela?
Que pouvons-nous faire?
Frapper le sol.
Poser notre question, habiter notre réponse.
Et puis
La vivre -
Dans toute sa réalité.
Avec ou sans nos bras.
Avec ou sans le rire.
Avec ou sans nos dents.
Avec ou sans nos morts,
Et leurs cuisses
Rentrées sur nos épaules.
La réalité a sa propre histoire
Qui ne peu être lue ou entendue.
Seule et folle est la personne
Qui tente encore obscurément de vivre pour la tenir entre ses mains,
Pour la laisser filer à la manière de l’eau,
Ou de cette lumière étrange qui nous inonde lorsque
Le soleil ne se couche pas,
Mais éclaire encore un temps
La champ de notre ignorance.
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Nous étions si pressés.
Aujourd’hui,
Nous prenons le temps de regarder le Temps,
Le temps de lui demander:
“Et, toi,
Où vas-tu?
Et que fais tu de la somme de nos erreurs,
La somme de tous nos regrets?”
À être patient,
Nous entendons sa réponse,
Franche
Et
Sans détours:
“Tout ce que tu as fait est oublié.
Tout ce que tu es rend fier
Et heureux
Celui qui t’a
Un jour
Porté dans ses bras,
Et donné un nom.
Alors vis
vis
vis.”

Ce poème est pour Amel.


La peinture est d’Augustin Lesage.

Si elle a un titre, je n’ai pas réussi à le trouver.