Le drame de l’amour heureux

Il y a longtemps que je pense que les mots ne viennent plus. Ils restent coincés dès que je souhaite les mettre sur papier. Ils ont comme moins de sens, moins d’intensité. Ils dérivent. Le drame littéraire dans lequel je me complaisais — toujours avec délice — se perd à mesure que l’amour naît. 7 mois, presque 8 sans le cœur qui vacille. Parfois, j’ai l’impression qu’il faudrait qu’il me quitte pour retrouver mes mots. Ceux qui me consolent — oh toujours — de tous mes maux. Est-ce que l’on en parle du drame de l’amour qui va bien ? Je voudrais que l’on se sépare juste pour réaliser le bonheur d’être chaque jour avec lui. Je voudrais que nos chemins s’éloignent pour me rappeler intensément de notre histoire, pour raconter l’histoire, enfin, de notre parfait amour, de notre amour parfait, mon amour. Mais aussi… peut-être que les mots ne viennent pas parce que — nous raconter — c’est aussi le raconter ? Peut-être que je l’aime trop pour ça. Que je suis trop pudique, cette fois. Peut-être que j’arrivais à écrire — avant — parce que l’histoire était finie, parce que mes souvenirs m’appartenaient. Parce que j’étais seule et libre. Les questions sur l’absence des mots se bousculent — tandis qu’il rentre- j’entends les clés dans la serrure. Pour la première fois de ma vie, l’amour est heureux. C’est peut-être ça. Les mots qui ne viennent pas.

La prochaine fois, je vous raconterai comment on passe de s’aimer soi à aimer l’autre.

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A bientôt.