
L’essentiel dans la vie ce n’est pas tant de conquérir que de bien lutter
Dans deux heures, je revois ma psy après une longue pause estivale.
Comment lui dire que je n’ai rien fait d’autre que de me vautrer dans l’hédonisme le plus complet pendant tout l’été?
Dois-je m’en excuser ? Chercher à le justifier ?
Cette petite voix intérieure, à laquelle je ne sais toujours pas si je dois faire confiance ou si elle n’est que la manifestation d’automatismes de flagellation tout à fait intégrés, me dit qu’il est temps d’arrêter et de me remettre au boulot mais l’inertie qui m’habite est puissante. Très puissante.
Où est passée l’énergie que j’avais pour déplacer des montagnes avant notre rupture? Partie avec lui ?
Depuis quelques mois, je ne vis plus que pour mes sens.
Pour le reste, je suis totalement apathique.
J’ai renoué avec le sport: marche, natation, vélo, tout ce qui me faisait du bien et que je négligeais lorsque j’étais en couple. Je ne peux pas dire que je mange fondamentalement mieux mais je mange moins, c’est toujours cela de pris, donc ça plus le sport font que je me sens mieux dans mon corps. Ma confiance en moi retrouvée, je plais, je fais des rencontres, je vis une relation qui m’épanouis au niveau sensoriel du moins.
Après être retombée dans les bras de J.(ce qui m’a occasionné quelques jours de désarroi profond), j’ai redressé la barre et lui ai demandé de vraiment sortir de ma vie pour que je puisse ne pas rester bloquée dans une illusion d’un passé révolu qui ne renaitra jamais de ses cendres.
J’ai beaucoup passé de temps avec mes amis, je me suis sentie profondément heureuse de les voir à peu près équilibrés et épanouis dans leur vie.
Hors de mon quotidien, ou bien la nuit dans ma ville, je me suis sentie vivante, pleine d’appétit, d’énergie pour tout ce qui se présentait à moi.
Mais tout ce temps, j’ai vécu comme une cigale, ne voulant surtout pas regarder plus loin que l‘instant même. Fuite en avant. Refusant de penser que, certes, je n’avais pas sombré avec la fin de mon couple, mais que mon avenir professionnel était sérieusement remis en question par cette rupture vu mon inaptitude à reprendre les rennes de mon activité.
En 4 mois, je n’ai RIEN fait. Pas un mail, pas un coup de fil, rien. J’ai bien sûr une autre activité source de revenus qui me permet de bien vivre en attendant que ma boîte décolle mais celle-ci prendra bientôt fin et ça ne m’inquiétait en apparence pas plus que ça, tout occupée que j’étais à papillonner et à me rassurer sur mon charme toujours intact.
Dois-je me blâmer ou est-ce que j’ai juste fait du mieux que j’ai pu ? Avais-je juste besoin de m’étourdir pour ne plus penser ? Etait-ce mon mode de survie pour ne pas me noyer dans ma peine? Ou suis-je cette éternelle idiote qui ne vit que pour les plaisirs de l’amour et qui tant qu’elle n’est pas satisfaite à ce niveau, ne peut consacrer son énergie à un autre domaine ? Qui pourtant m’assurerait au moins cette stabilité qui me manque tant pour souffler un peu.
Je ne veux pas retomber dans cette haine de soi que j’ai tant connue. Ni dans l’auto-apitoiement. J’avais besoin de vivre cela mais maintenant il me revient de décider si j’attends de me prendre le mur ou si je me retrousse les manches. Il est parfois difficile d’être constructif sans se juger sans pitié.
On sait que si l’on ne change rien dans notre comportement, l’on sera toujours en présence des mêmes effets et pourtant, les automatismes ont la vie dure et on replonge encore et encore dans ce qui nous a déjà perdus tant de fois.
Pas si rationnels.
Encore une fois, je sais qu’il y a un problème dans l’approche mais je n’ai pas vraiment de solution.
En voyant les offres d’emploi relatives à mon expérience, une furieuse envie de me jeter par la fenête s’empara de moi. Je n’ai ni envie de jouer au ping-pong avec mes collègues, ni qu’on me “challenge” en permanence, et encore moins d’être forcée à boire avec eux le vendredi soir.
Je me suis forcée à envoyer deux mails aujourd’hui. Et cela fait 4 jours que j’ai repris les salutations au soleil.
C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

