Observer le monde

Que faire lorsque la réflexion prend le pas sur l’action ?

J’éprouve très souvent cette sensation étrange d’être en train d’observer la vie, perché sur mon nuage avec une vue imprenable sur tous ces êtres vivants qui s’agitent dans tous les sens. La plupart du temps, mon regard est bienveillant. Et puis parfois, il est beaucoup plus sombre.

Plus étrange encore, je m’observe souvent moi même, comme si j’avais ce besoin d’analyser tous mes faits et gestes pour mieux comprendre et avancer dans la vie. Comme un questionnement perpétuel pour tenter d’atteindre la sérénité absolue.

Vous voyez la fée Clochette qui flotte en vol stationnaire à côté de Peter Pan pour lui témoigner la plupart du temps son mécontentement ?

Je suis un peu comme Clochette, je vole moi aussi. Non pas au dessus de Peter, mais au dessus de moi-même, m’observant sans réellement comprendre qui je suis, ce que je fais et pourquoi je le fais. Je n’en suis quand même pas à me parler tout seul mais je vous l’accorde, c’est une sensation très perturbante.

Le signe d’un manque de confiance en moi ? Peut-être. Une envie de toujours bien faire ? Sans doute. Un désir de construire quelque chose en lien avec mes valeurs et ce que j’aime ? Certainement. Une passion pour les autres et ce qu’ils sont ? Totalement.

Problème : notre monde d’aujourd’hui laisse peu de place à ceux qui ont choisi d’être authentiques et qui ont décidé de faire les choses différemment.


Société du paraître

Notre société actuelle valorise ceux qui font, ceux qui sont sur le devant de la scène, ceux qui parlent beaucoup, ceux qui cultivent la performance et le font savoir au quotidien.

Royaume du “m’as-tu vu ?”. Merci Internet, merci les réseaux sociaux.

Les extravertis ont beaucoup plus de chance de réussir aujourd’hui que les introvertis. C’est bien dommage non ? Que faire alors avec ceux qui pensent, ceux qui prennent du recul, de la hauteur sur la vie et sur les relations, quelles soient personnelles ou professionnelles. Ceux qui ont choisi de ne pas suivre la mouvance pour s’épanouir de manière différente.

Anne-Laure Fréant en parle très bien dans son billet Créativité, intuition et introvertis : s’assumer dans un monde d’extravertis où elle évoque notamment une société dominée par le culte de la performance.

Extraits :

Il n’existe pas encore de “culte de la personnalité introvertie” où seraient valorisées l’introspection, la réflexion profonde, l’intuition, la créativité, l’imagination, l’écoute, l’empathie, l’authenticité, l’idéalisme, le goût pour la solitude et la capacité de prise de recul (…)
Ce contexte de compétition, motivant pour les extravertis, se révèle extrêmement anxiogène et contre-productif pour les introvertis qui préfèrent s’extraire des schémas traditionnels pour écouter leur intuition et rester fidèle à eux-mêmes (…)
Les introvertis ont beaucoup moins de facilités à composer avec leurs propres valeurs. Authentiques et souvent idéalistes, il leur est extrêmement pénible d’endosser un rôle social pour les besoins d’un emploi ou d’un projet entrepreneurial, même temporairement.
En conséquence, beaucoup passent à côté de leur talent, finissent par culpabiliser d’être “si différents” et souffrent d’une certaine forme d’isolement, voire de frustration. Pire encore, leur perspective unique et différente sur les choses ne profite à personne.

Serais-je donc moi aussi un introverti en puissance ? Je crois bien présenter quelques symptômes en tout cas…

Vivre avec son temps

Carrière, performance, productivité, profit, dépassement de soi… Où est l’humain dans tout ça ? Quelle valeur donne t-on aujourd’hui à l’humain dans un système qui pousse les jeunes à rechercher la performance et à devenir des leaders ?

Le digital permet des choses incroyables. Tout comme Raphaël Dupertuis, j’aime le digital. Grâce à lui le monde nous tend les bras, nous sommes tous connectés, tout est à notre disposition, c’est fabuleux, soit.

Mais maintenant, qu’est ce que l’on décide d’en faire de ce monde ? Nous avons tous les ingrédients pour faire quelque chose de bon, sauf que toutes les recettes ne se valent pas…

Les technologies ne cessent de se développer et nous offrent des possibilités toujours plus grandes. Des projets voient le jour et se multiplient dans tous les domaines. Des acteurs de tous bords nous exposent leur vision du futur pour un monde meilleur.

Doit-on pour autant laisser de côté ceux qui refusent de suivre le mouvement et qui choisissent plutôt de conserver leur authenticité et leur singularité en prenant une voie différente et moins empruntée ?

Doit-on laisser tomber nos valeurs humaines pour nous abandonner (et notre santé avec) à toutes ces entreprises qui ont pour seul but de faire du profit ?

Doit-on s’arrêter de réfléchir et questionner notre société sous prétexte que l’on doit vivre avec notre temps ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que vivre avec son temps ? Est-ce se plier aux désirs les plus fous de certains cerveaux qui ont choisi de donner une direction au monde sans demander l’avis de personne ?

Heureusement, j’ai l’impression de ne pas être le seul à prendre un peu de recul. Je pense bien sûr à Anne-Laure Fréant, Catherine Leduc, Raphaël Dupertuis, Marion Swar, Marie-Cécile Paccard ou encore Timothée Boussardon qui je crois portent tous une réflexion intelligente sur notre société actuelle. Lorsque je lis leurs histoires, je me dis qu’il y a encore de l’espoir.

Je vous invite d’ailleurs à lire l’excellent texte de Marie-Cécile, particulièrement bien documenté et qui je pense vous fera beaucoup réfléchir : Il est temps de repenser notre manière de travailler.

Authenticité

L’authenticité a un prix. Ce n’est pas le chemin le plus facile et il apporte souvent son lot de souffrances. Mais cette affirmation de soi n’est-elle pas le signe d’une force intérieure qui sera finalement récompensée sur le long terme ?

Je posais cette question au début de ce billet : Que faire lorsque la réflexion prend le pas sur l’action ?

Je cherche encore les réponses, mais je suis convaincu que même si elle peut constituer un frein pour notre intégration sociale, cette réflexion est indispensable, sinon nécessaire.

Il y a un temps pour faire, et un temps pour réfléchir. On dit que les expériences nous font grandir, ce temps de réflexion n’est-il pas aussi un temps qui nous forge et révèlera enfin le meilleur de nous-même ?

Il y a tellement à apprendre en observant ce qui nous entoure. Restons curieux et ouverts. Même si cela n’a rien d’un métier, cela finira bien par payer un jour, n’est-ce pas ?


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