Pourquoi je vote même si je vis à l’étranger.

(Crédit photo : Marc Lagneau)

C’est plus fort que moi je n’ai pas pu m’empêcher d’aller lire les nombreux commentaires sous les articles relatant la longue attente pour aller voter aux présidentielles françaises à Montréal.

Et une discussion m’a interpellé en particulier : pourquoi voter quand tu vis à l’étranger?

C’est vrai ça? T’es pas là , tu t’en fou, ça ne change rien pour toi les décisions qui seront prises, peu importe le candidat qui sera élu d’ailleurs.

NON!

Ça me touche même si je vis a l’étranger.

D’abord émotionnellement, parce que je suis française. Et que la France je l’aime, et je veux le meilleur pour mon pays.

Ensuite, rien ne dit que tu passeras toute ta vie en terre française, comme rien ne dit que je ne reviendrai jamais. Alors quoi, mon avis ne compterait pas, parce que j’ai vécu ailleurs pendant un temps (ou peut-être même tout le temps)?

En quoi, mon opinion serait-elle moins importante? Au contraire, vivre à l’étranger m’a apporté encore plus ouverture d’esprit, m’a permis de voir d’autres systèmes politiques, de pouvoir constater que ça peut fonctionner autrement, et que ça vaut le coup de croire au changement.

Et oui, les décisions prises me touchent même si je ne vis pas en France. L’état des relations internationales entre mon pays d’accueil et mon pays d’origine sont cruciales. De même qu’elles le sont pour n’importe quel pays que tu visites ou dans lequel tu souhaites vivre, que ce soit temporaire ou définitif. Il n’y a qu’à voir la situation de l’autre côté de la frontière depuis l’arrivée de Trump pour le comprendre.

Par ailleurs, les français à l’étranger sont touchés par un certain nombre de mesures, comme l’accès à l’éducation hors frontières françaises ou la reconnaissance de leur droit de retraite par exemple.

On se rend d’autant plus compte de la valeur du droit de vote lorsqu’on ne l’a pas. Je ne suis pas citoyenne du pays où je réside, je n’ai aucun moyen de faire valoir ma voix ici au Canada. J’ai alors encore plus pris conscience de l’importance de faire bon usage de ce droit, fièrement acquis. Ce n’est pas juste un droit, ce ne devrait pas juste être une liberté qu’on utilise si le cœur nous en dit. C’est un devoir. Surtout quand il s’agit d’élire la personne qui va nous gouverner pour les cinq prochaines années. RIEN DE MOINS.


Samedi à Montréal, nous étions plusieurs dizaines de milliers à voter. Ça m’a fait chaud au cœur de voir cet élan de mobilisation. Je suis fière de mes compatriotes français qui n’ont pas reculé devant les heures d’attente qui les attendaient et qui se sont motivés pour que les choses bougent pour notre pays.

(Crédit photo : Instagram lamauditefrancaise)

Les Français habitant aux Etats-Unis et au Canada représentent 14,6% de la communauté française dans le monde. Et nous sommes entre 2 et 2,5 millions de Français résident à l’étranger d’après le Quai d’Orsay. (Source : diplomatie.gouv.fr)

Alors oui, chaque vote compte, même a l’étranger!

Le 7 mai prochain, chaque bulletin sera important. Pour ma part, je ne cacherai pas mon opinion : il faut faire barrage au Front National! Malheureusement le vote blanc n’a aucun poids décisionnel, pas plus que l’abstention. Peu importe qu’on supporte Macron ou non, voter blanc, c’est comme baisser les bras. Voter blanc, ça n’a aucune valeur législative.

Voter blanc, c’est comme manifester son mécontentement en pissant dans un violon.

Voter blanc, c’est ne rien faire et c’est laisser plus de chances au FN de passer au vote final. S’abstenir, c’est se voiler la face.

Dimanche, tous aux urnes!

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