Une aimable invitation…

Je viens ici vous conter un week-end passé, de ceux qui nous bouleversent, nous transportent… Mais surtout, nous inspirent.

Après quelques heures de trajet, nous nous retrouvâmes en Charente un vendredi soir de fin août. Il faisait déjà nuit, les jours racourcissant à vue d’oeil. J’avais peine à distinguer ce qui m’entourait : il faut dire que rien ne m’était familier. Ni les lieux, ni les convives. Ce qui les unissait, tous : la musique. Ce qui m’amenait là, moi : une aimable invitation.

Après un dîner tardif à la lueur des lampions et accompagnés de papillons de nuit, nous traversions l’intérieur de la propriété pour prendre possession de nos chambres. Là, l’étonnement était grand. Et les mots faibles. Nous découvrions une noble maison de famille chargée d’histoire, de vie et de souvenirs. Des murs ornés de portraits et de tapisseries d’époque, des chambres décorées de meubles anciens jonchés de livres ayant vécu, des couloirs interminables le long desquels s’alignaient de mystérieuses portes, un parquet grinçant sous nos pieds. Alors, nous nous endormions impressionnés, curieux et pressés des jours à venir…

Le lendemain, au petit-déjeuner, une grande table en bois nous offrait un grand choix de confitures, miel, pain, café et thé... Ces lieux si particuliers, les discussions enjouées et les rires sincères venaient répandre dans cette cuisine une atmosphère bienheureuse et conviviale. Par la suite, des airs de musique appliqués rythmaient cette entière journée placée sous le soleil, et donnaient vie à cette si grande demeure. Le soir venu, bassons, flûte traversière et violoncelle s’accordaient pour offrir à l’église du village un agréable concert.

Le surlendemain, un soleil de plomb transperçait toujours les multiples fenêtres de la maison. Loin d’être assommés par cette chaleur, des envies de cuisine nous décidaient à confectionner nos propres pâtes à pains, à pizzas et gâteaux. Les idées et appétences de chacun fusaient ! Mais surtout, un four à bois permit aux cuistos d’un jour de voir leur chef d’oeuvre cuire sous leurs yeux, à l’ancienne… Des odeurs appétissantes emplirent alors les environs, et tous purent affirmer avec enthousiasme qu’ils dégustaient là les meilleurs mets de leur vie. Finalement, une balade et une baignade au lac ponctuaient notre séjour.

Aussi ordinaire ou insignifiant ce week-end puisse paraître, il était pourtant à mes yeux extraordinaire. L‘odeur du feu de bois, le son des instruments, le charme et l’histoire des lieux, la simplicité des convives et des occupations… J’ai pu percevoir tous ces détails, et en fassonner un véritable souvenir. Ainsi, l’aimable invitation qui m’avait été donnée m’a permis de vivre un moment authentique, déconnecté. De ceux que l’on qualifie d’exception. Et qui vous marquent à jamais.

Noémie, 30 août 2017.

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