Voyager pour 50€/mois c’est possible, même dans un pays riche

Tout le monde a vécu ou vivra dans sa vie une période sans revenus financiers. Paradoxalement, c’est dans ces moments là que l’on a le plus de temps pour voyager. Alors comment concilier finances maigres et envie de s’évader ? Quelques conseils tirés de mon expérience personnelle.


J’ai récemment voyagé aux Etats-Unis dans le Midwest pendant trois mois. L’objectif de ce voyage était de rencontrer des Américains, de découvrir le coeur d’une Amérique méconnue et de pratiquer mon anglais.

Ayant démissionné en 2016, dépenser peu était pour moi une préoccupation importante.

J’ai réussi le challenge d’optimiser au maximum mes dépenses et cet article a pour but de partager mon expérience et les bons plans que j’y ai découvert pour ceux qui voudraient voyager à petit prix comme moi. Attention, ces conseils sont adaptés pour ceux qui ont le temps de voyager, pas ceux qui ont posé deux semaines de congés de leur entreprise et veulent voir le maximum de sites touristiques en un minimum de temps. Non. Ici, c’est un tourisme lent, au contact de la population et pas toujours de tout repos ou au confort d’un hôtel quatre étoiles. On ne peut pas tout avoir.

Cela dit, certains tuyaux peuvent servir à tout le monde.

Le transport

Puisque mon article aidera en particulier ceux qui vont en Amérique du Nord (mais pas que), prendre l’avion sera incontournable (oui, j’ai regardé les bateaux et en plus d’être longs, ils sont hors de prix, 3 à 5 fois plus cher que l’avion…).

Pour trouver le meilleur prix de billet d’avion, les comparateurs sont indispensables. Que ce soit Alibabuy, Skyscanner ou Kayak, ils sont tous efficaces pour trouver la compagnie la plus attractive et se faire une idée sur les compagnies les moins chères d’une part et les dates les plus avantageuses d’autre part. Un billet aller-retour à 500€ environ pour l’Amérique du Nord est facile à atteindre.

Pour ceux qui ont un smartphone, l’application Hopper permet aussi d’être alerté des variations de prix dans l’année et de programmer des alertes quand les prix baissent brusquement sur une destination en particulier. Ce sont des outils bien pratiques que je recommande.

Pour l’Amérique du Nord, une fois sur place, le bus offre le meilleur rapport qualité/prix de loin. Pour quelques dollars, vous avez le WIFI et les gares de bus se trouvent dans les centre-ville. Ils desservent aussi des villes de petite taille. Aux Etats-Unis, les deux principales compagnies sont Megabus et Greyhound. Le train en revanche est hors de prix. Encore une fois, choisissez de vous déplacer aux dates où les prix sont bas et non l’inverse.

Une fois dans une grande ville, si vous voulez vraiment éviter les transports en commun (gros coup de fatigue ou horaire nocturne), sur place vous trouverez Uber et Lyft en quantités. Contrairement à la France, des personnes lambda avec leur voiture personnelle peuvent encore faire le taxi pour vous. A la première inscription ou parfois quand vous recherchez votre trajet via google maps, vous pouvez bénéficier de réductions permettant de réduire drastiquement le prix de votre première course.

Si l’envie vous vient de louer une voiture, sachez que les prix varient beaucoup selon la période bien sûr, mais aussi la ville. Si vous vous lancez dans un road trip, n’hésitez pas à vous rendre en bus dans la ville qui vous offrira le meilleur deal. C’est ce que j’ai fait en choisissant Indianapolis. Rappelez-vous également que retourner la voiture dans une autre agence que celle où vous l’avez prise vous coûtera beaucoup plus cher.

Le logement

Après le billet d’avion, le logement est le principal poste de dépense quand on voyage habituellement. Mais quand on a le temps et qu’on souhaite rencontrer la population locale, rien de tel que de pratiquer le woofing. Autrement dit, en français, d’être hébergé et nourri par un individu ou une famille en échange de 3 à 5 heures de travail par jour. Les offres sont variées : au pair, travail agricole, construction, bricolages, aide au quotidien, il y en a pour tous les goûts.

Pour trouver son bonheur, les sites Workaway et Helpx offrent pléthore d’offres partout dans le monde.

Personnellement, aux Etats-Unis, j’ai expérimenté tour à tour pendant quinze jours chacun : le travail dans une ferme urbaine à Détroit, dans une ferme rurale dans l’Ohio et dans un Bed & Breakfast dans le Dakota du Sud. Ce sont des opportunités uniques de tisser de vraies relations avec ses hôtes et permet de ne dépenser aucun euro au quotidien, tout en gardant du temps libre. Et on y apprend même à faire des nouvelles choses (comme faire du sirop d’érable).

Si l’envie vous prend de reprendre la route et de visiter du pays en parcourant des kilomètres, alors le couchsurfing est fait pour vous. Une formidable communauté est prête à vous accueillir dans toutes les grandes villes, parfois même à la campagne, et organisent régulièrement des événements de rencontre autour de jeux par exemple. Grâce à ce site, j’ai gardé des contacts de tous les âges aux Etats-Unis, de 19 à 70 ans.

Enfin, si vraiment aucune des deux solutions précédentes n’a fonctionné, il vous reste l’hôtel. Dans mon cas, aux Etats-Unis, les applications type Booking me permettaient de repérer les hôtels les moins chers d’un secteur. Parfois le prix était moins élevé quand je m’adressais directement au guichet, d’autre fois, c’était en réservant par l’application que j’avais le meilleur tarif. Il n’y a pas de règles. Attention avec Hotels.com, qui prélève votre chambre réservée seulement 24h après le check-in à l’hôtel. Si vous ne faîtes pas attention, ce dernier peut vous facturer la chambre en double quand il vous prend l’empreinte de votre carte bancaire à votre arrivée. C’est ce qui m’est arrivé dans l’Illinois. A ce jour (4 mois plus tard), je n’ai toujours pas reçu de remboursement ni de hotels.com ni du motel en question pourtant contacté directement.

La clé est de se donner un large périmètre de recherche et de ne pas hésiter à sortir des centres des grandes villes pour trouver des tarifs abordables.

Nourriture

En tant que Français, bien se nourrir c’est souvent sacré. Je n’échappe pas à la règle et j’aime manger varié, équilibré, raffiné et sain. Mais quand on voyage, je crois qu’il faut savoir faire des concessions. Exceptionnellement, je rognais donc sur mon budget nourriture. Un plan que j’aimais bien répéter était de commander des MacDouble au Mcdo. A environ 1$ le sandwich, il offrait un des meilleurs rapports quantité/prix tout en étant correct au goût. L’avantage du Mcdo c’est qu’on ne se pose pas de questions. Aux US, il y en a partout. Quant aux boissons, fréquents sont les fast food aux Etats-Unis à proposer des boissons avec “free refill”, c’est à dire à volonté.

Le téléphone

Vous avez remarqué que certains bons plans ne sont accessibles que par une application et que quand bien même les réseaux WIFI sont disponibles en de nombreux endroits, avoir une connexion réseau est parfois très utile, surtout dans les terres peu peuplées. Or, nous avons la chance d’avoir en France un opérateur qui vous veut du bien. Free permet en effet depuis avril 2017 de profiter de son forfait comme en France depuis de nombreuses destinations comme les Etats-Unis ou le Canada. Vous pouvez appeler, envoyer des SMS en illimité et même bénéficier de votre connexion data (la limite d’utilisation mensuelle est très élevée à moins que vous ne consultiez Youtube tous les jours) pour à peine 20€/mois sans aucune démarche avant de partir.

Cela permet également de contacter ses hôtes américains très facilement sans que eux ne déboursent un centime pour vous. Ce n’est parfois pas du luxe pour se retrouver.

Les moyens de paiement

Enfin, pour éviter des frais bancaires exorbitants, notamment sur votre carte bancaire, je vous conseille l’application Revolut. Lancée par une jeune start-up britannique, cette appli vous propose une gestion ultra ergonomique de vos conversions d’argent entre de nombreuses devises d’un touché de doigt sur votre smartphone. Mieux, vous pouvez retirer jusqu’à 1000 € par mois à un distributeur sans payer aucun frais. En effet, vous commandez via l’appli une CB physique Mastercard gratuite que vous pouvez ensuite utiliser en paiement ou en retrait comme n’importe quelle carte bancaire que vous possédez déjà. Une économie de plusieurs dizaines d’euros pour les longs séjours comparé à une banque classique.

La philosophie

La clé d’un voyage à prix maîtrisé reste la flexibilité. Il faut aller là où c’est le moins cher, aux dates les moins chères. Parfois, ce sont donc l’attractivité des prix qui peuvent guider les destinations que l’on choisit. Mais après tout, pourquoi pas ? Cela permet d’éviter les destinations encombrées de touristes du monde entier et d’accéder à des endroits reculés plus authentiques, plus représentatifs du pays que l’on visite. Et les rencontres en sont d’autant plus qualitatives car les gens sont très étonnés de voir un touriste étranger dans leur trou. C’est ce qui m’est arrivé dans le Dakota du Nord. En voyageant de cette manière, vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur une curiosité locale ou un paysage vierge fabuleux. Quelque chose que personne d’autre n’aura vu quand vous rentrerez au pays. Cela vous fera des choses plus originales à raconter que “j’ai vu le Grand Canyon” ; “Ouais, moi aussi j’y suis déjà allé”

C’est une approche différente du tourisme habituel mais pas moins qualitative ou enrichissante d’après moi.

Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter en réponse à cet article ou sur Twitter.

PS : vous vous demandez peut-être pourquoi un tel titre ? 50€, cela peut correspondre à un mois composé de deux woofings de deux semaines dans deux villes différentes, plus 15€ de trajet en bus entre les deux, plus un ou deux repas extra, plus une journée ou deux de dépenses plaisir et de visite. C’est un montant largement atteignable tout en bénéficiant de deux jours de repos ou de visite par semaine et la moitié de ses journées de semaine.

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