Blog, projets, initiatives, j’abandonne tout.

Source : emlii.com

Lorsque l’évidence de la création de SELF-ish s’est imposée à nous, le premier sentiment éprouvé a été une joie immense. J’étais heureuse d’avoir enfin trouvé le moyen de partager l’expérience et les connaissances en termes de qualité de vie accumulées au cours de la dernière année écoulée.

J’étais heureuse de partager la joie de vivre qui m’était inconnue il y a encore quelques mois, et que j’ai créée et modelée à ma sauce. Je n’avais pas prévu de m’ouvrir au point de parler des moments difficiles, des moments de doutes, des moments ou le pessimisme surpasse l’optimisme. Pourtant je ne peux taire le côté obscur.

J’ai envie de tout abandonner.

Aujourd’hui est l’un de ces jours. L’un de ces jours où je me dis que je ne vais pas y arriver, et où effectivement, je n’y arrive pas. Je suis passionnée par le fait de bloguer, par tout ce que j’apprends grâce à mon blog, par tous ces gens que je rencontre tant dans le monde virtuel que réel. Jusqu’à il y a 12 heures encore, j’étais plus qu’enthousiasmée par les trois gros projets qui se préparent. Je reste émervéillée par le chemin parcouru grâce à mon blog et tout ce que j’ai appris et entrepris en seulement 9 mois.

Mais là, tout de suite, tout ce dont j’ai envie c’est d’éteindre mon téléphone (sur lequel les notifications ne cessent de pleuvoir), d’éteindre la lumière, de me lover dans mon lit et de pleurer.

Ces larmes ne seront pas des larmes de tristesse et de désepoir, mais des larmes de frayeur.

J’ai peur aujourd’hui plus que jamais.

Je n’ai jamais été de ceux qui sont sur le devant de la scène. À l’école, de la maternelle au master, j’ai toujours été assise au dernier banc, tout au fond de la classe. Je n’ai jamais été de ces élèves courageux et brillants qui levaient la main et répondaient fièrement aux questions. Je perdais mes mots une fois interrogée, que je sache la réponse ou pas (la première option était pourtant la plus fréquente).

J’ai peur de continuer de bloguer.

Tout simplement parce que bloguer apporte une certaine notoriété. On est connu pour ses idées, on commence a être pris pour référence, les gens posent des questions et attendent des réponses cohérentes et satisfaisantes qu’on a pas toujours sur les sujets qu’on aborde. Mon domaine n’est pas le plus simple : la participation citoyenne. Il n’est pas très exploré, et il y a un an encore j’aurai ri au nez de toute personne qui m’aurait dit que j’allais non seulement ouvrir un blog, mais qu’en plus, il porterait sur des questions politiques et sociales.

J’ai peur de continuer de bloguer parce que j’ai peur de décevoir, de donner la mauvaise réponse, de publier un mauvais billet, de ne pas en savoir assez… Et j’ai peur de la responsabilité grandissante qui m’incombe aujourd’hui, celle d’informer, et de bien informer.

J’ai peur d’écrire pour SELF-ish

Comme je le dis souvent, écrire c’est s’exposer. Ecrire c’est exposer ses idées et les livrer aux critiques parfois cinglantes, humiliantes et blessantes. J’en fais l’expérience très fréquemment. J’ai rédigé de nombreux textes pour cette publication (3) et je les ai tous effacés. Écrire ses idées c’est les exposer aux critiques, écrire sur soi c’est se livrer en pâture aux gens qui n’attendent que ça.

Je veux partager, mais j’ai peur de ne pouvoir supporter les mots blessants sur ma personne. Ca semble totalement masochiste mais, à bien y réfléchir, le simple fait de vivre aux côtés d’autres humains est déjà en soi masochiste. Mais ça ce sera le sujet d’un autre billet si ma peur ne me pousse pas à tout abandonner.

J’ai peur de décevoir.

Lorsque j’ai été approchée par chacun des initiateurs des trois projets dont j’ai parlé précédemment, mon coeur a manqué un battement. Pourquoi moi ? Y arriverai-je ? Suis-je en mesure de le faire ? Je ne suis qu’une personne qui griffone des mots sur une plateforme, rien de plus.

Ces projets sont plus que ce dont j’aurais pu rêver. Ils sont un tournant pour ma “carrière” de blogueuse. J’ai plus que jamais envie d’y participer, surtout que je collaborerai avec des gens pour qui j’ai la plus grande admiration, des gens dont je bave littéralement devant le travail, des personnes d’autorité, connues et reconnues dans leur domaine. Et si je n’y arrivais pas ? Et si je merdais ? J’ai peur de décevoir ces gens qui me font confiance au point de mettre entre mes mains l’avenir de projets.

J’ai peur, mais coucher ces mots sur cette page toute blanche me fait aimer cette frayeur.

Jon Westenberg a avoué dans l’une de ses publications sur Medium avoir peur de ne pas être à la hauteur chaque fois qu’il avait affaire à un projet, quelle que soit son envergure (je ne peux fournir le lien, il ne date pas d’hier et ce monsieur publie tous les jours que Dieu fait. Je ne peux le retrouver). Myleik Teele a avoué il y a quelques jours sur son snapchat qu’elle doutait d’elle même. Franchesca Ramsey et Francheska ont toutes les deux déclaré souffrir du syndrome de l’imposteur dans un épisode du podcast The Friend Zone. Après avoir publié plus de 17 livres et reçu tous les prix imaginables, Maya Angelou souffrait encore du syndrome de l’imposteur, qui, au final, ne l’a jamais quitté.

Ces figures qui sont pour moi des modèles connaissent les mêmes doutes. Leurs réalisations ne peuvent être mesurées tellement elles sont grandes, mais elles ont l’impression parfois de ne pas y être arrivées ou de ne pas pouvoir y arriver. Non pas que mes doutes et cette immense frayeur soient validés par leurs doutes. Le fait de savoir qu’elles passent par ces phases elles-aussi me fait comprendre que c’est humain.

J’ai envie de tout abandonner, et je le ferai aujourd’hui.

Aujourd’hui j’abandonne, mais seulement aujourd’hui. Aujourd’hui je me donne le droit de ne pas me forcer et de nager dans mes doutes, parce que j’en ai besoin. Les nier me desservirait et desservirait les réalisations qui se profilent. La vie est comme l’alchimie : tout n’est qu’échange équivalent (oui, je suis une fan incontestable et incontestée de Full Metal Alchemist : Brotherhood). Je ne peux rien avoir si je ne sacrifie/donne rien en retour. Alors demain j’échangerai ma peur contre un pas en avant. Chaque jour que Dieu fait est un nouveau départ.

Hello, mon nom est Befoune, et je parle de tout ce qui a trait à la participation citoyenne dans mon pays le Cameroun (et ailleurs) sur la plateforme Elle Citoyenne. Mon ami Tchassa Kamga et moi avons créé la publication Self-Ish pour partager notre expérience dans les domaines du développement personnel, de la création de contenu et des relations entre les humains qui peuplent cette terre.