Cap vers l’Ouest

Dans quatre nouveaux pays


C’est sous le soleil brûlant de Roumanie que nous commençons la route pour la Hongrie. Après une heure de marche pour rejoindre un bon emplacement de stop et 2h30 d’attente, une voiture nous prend. Nous sommes accablés par la chaleur et un peu énervés de commencer la journée ainsi. Nous arrivons à rejoindre Debrecen en Hongrie puis là, le stop semble trop compliqué car nous sommes sur une grande 4 voies et personne ne semble nous voir. Le train est une solution plus raisonnable pour rejoindre Cserépfalu, où Zsuzsanna nous acceuillera.

Retrouvailles hongroises

Peut-être vous rappelez vous de notre séjour passé en Norvège à la Blue House en Workaway. Nous y étions restés deux semaines en compagnie de nos hôtes et de trois autres volontaires, dont Zsuzsanna. Et cette fois, nous nous retrouvons chez elle, en Hongrie pour quelques jours. Toujours le sourire aux lèvres et positive à 300%, Zsuzsanna est une personne humainement très riche en plus d’être une hôte formidable.

On dit qu’on rencontre toujours quelqu’un deux fois. C’était vrai pour cette fois, même si on espère que ça ne s’arrêtera pas là.

Nous avons séjourné chez elle durant 3 jours et passé des soirées à se raconter mutellement tout ce qu’il s’était passé après notre première rencontre. Elle nous a montré son univers et bien sûr, nous n’avons pas oublié de découvrir la culture hongroise !

Bon appétit !

Malgré que nous n’ayons passé que trois jours en Hongrie, on en sait beaucoup sur sa culture et son histoire. Il faut dire qu’on avait une locale qui connait les bonnes choses avec nous, ça aide. Niveau nourriture, on a tout de suite été mis dans le bain dès le premier soir avec une bonne goulash : cette soupe épicée de viande et de légumes arrosée de paprika est excellente. Faite par une chef pour voyageurs affamés. Tous les hongrois sont fans de paprika et en mettent partout et sous toutes ses formes : légume, poudre, crème…et il faut donc préparer son estomac en conséquence. Nous avons également essayé les lángos, appelée la pizza hongroise : une pâte frite qu’on recouvre avec ce que l’on aime. On a essayé ail, sel, fromage, et même des sucrés à la confiture d’abricot.

Notre guide nous a fait voyager dans sa région et nous avons visité de ce fait les villages environnants : Eger, Mezőkövesd, Cserépfalu… avec l’oreille attentive qui écoutait les conseils de Zsuzsanna sur les moindres petits détails de chaque rue, bâtiment ou statue. L’histoire de la Hongrie a été récemment très mouvementée. Lors de l’après-guerre en 1918, la Hongrie a perdu deux tiers de son territoire qu’elle possédait avec l’Autriche. C’est donc une période difficile pour la Hongrie qui voit ses terres récupérées par la Roumanie, la Tchécoslovaquie et la Croatie actuelle. Ces pertes entraîneront ensuite la chute des communistes au pouvoir. Bref un cours d’histoire bien instructif entre deux trajets en voiture.

Le voyage en train de Debrecen à Eger traverse les fameuses pleines de Hongrie appellées ici Puszta. De vastes étendues d’herbe jaunie à perte de vue se découvrent de chaque côté du wagon. Ce sont les plus grandes steppes que l’on peut voir en Europe. Elles sont l’habitat idéal des troupeaux de mouton Racka aux longues cornes torsadées et aussi celui des boeux gris de Hongrie. Ces deux animaux sont issus de races locale très anciennes adaptées au climat rude qui règne dans ces prairies car la température est brûlante en été (on confirme) mais aussi glaciale en hiver.

Au coeur de cette région coule la rivière Tisza qui serpente le pays sur près de 1000km avant de rejoindre le Danube. Nous avons fait un tour en bateau sur un des lacs alimentés par cette rivière. Cette réverve apporte un attrait pour l’éco-tourisme car elle est le refuge de nombreux oiseaux d’eau comme le pélican blanc. Le gouvernement a créé un parc dédié à la faune et la flore locale pouvant être mêlées dans ces lieux afin de sensibiliser le public à la protection de ce mileu fragile.

Balade en bateau sur le lac Tizsa

Quand on remonte vers le nord du pays, les premiers reliefs du massif des Carpates se dessinent. Nous en avons profité avec Zsuzsi pour grimper sur quelques sommets, près de son village. La vue que l’on peut admirer est splendide : les grandes forêts vertes et fraîches du nord contrastent belle et bien avec les steppes arides du sud. Notre amie nous a expliqué que cette région est connue et réputée pour son vin. Effectivement, de nombreuses vignes courent sur les côteaux profitant du soleil et du sol caractéristique de la région. Des anciennes caves troglodytes et rivières creusées dans le calcaire sont visibles un peu partout et Zsuzsanna nous en a montré quelques unes. Celà nous rappelle un peu la maison car près de Blois dans la vallée de la Loire, on trouve un bon nombre de ces caves et maisons troglodytes creusées dans la roche blanche.

C’est notre dernier jour avec Zsuzsanna et il nous faut continuer la route vers le nord en Slovaquie. Notre amie nous propose de nous rapprocher jusqu’a la frontière slovaque avant de nous dire au revoir. On se sert dans les bras et on espère pouvoir se retrouver une prochaine fois, pourquoi pas en France.

De la Slovaquie à la République Tchèque

Le stop recommence pour nous à la frontière des deux pays à l’ombre d’un arbre, pour esquiver le soleil brûlant.

Notre séjour en Slovaquie a seulement duré deux nuits et 3 jours, dont deux dans les transports ! Notre pied-à-terre était un camping à Zvolen, une ville située en plein milieu du pays. Depuis la frontière, trois voitures se sont arrêtées pour nous emmener à notre destination après un peu d’attente et une météo très chaude puisque c’était durant les quelques jours caniculaires (surtout en France). Arrivés à Zvolen, nous marchons jusqu’au camping ou nous resterons le lendemain toute la journée : il fait trop chaud pour aller faire un tour et malheureusement, il n’y a pas d’endroits pour se baigner. On en profite pour se relaxer, boire des bières à 1€50 au bar du camping et écrire.

Après un jour plein sur place, nous partons en direction de Brno. Le trajet est assez long et nous décidons de laisser le stop pour une autre fois. C’est donc en train jusqu’à Bratislava que nous faisons la première étape. Nous avons trois heures d’attente avant notre bus pour la Tchéquie et nous en profitons pour faire un tour dans le centre-ville, se ballader, manger et boire un bout en écoutant les musiciens se préparer pour la Fête de la Musique. Nous sommes le 21 juin et même en Slovaquie, les mélomanes sont de sortie. Nous rencontrons d’ailleurs un retraité français installé à Bratislava avec qui nous discutons et refaisons le monde. La ville est vraiment agréable avec son centre-ville très animé et le Danube qui coule en son long : on regrette de ne pas y avoir fait un réel stop.

Fête de la Musique à Bratislava

Nous reprenons le bus en milieu d’après-midi pour Brno, en République Tchèque où nous sommes accueillis dans la collocation de Roberta, d’ailleurs slovaque ! Grande ville étudiante, nous sortons le soir pour y découvrir quelques pubs et boire les bières que notre hôte nous suggère. Nous sommes quand même dans le pays où la bière est moins chère que l’eau (et ça n’est pas un mythe) ! Face à la très forte chaleur, une solution : se baigner. Il y a un lac non loin de la ville et nous prenons la voiture pour nous y rendre et nous jeter dedans. Quand tu voyages sur la route avec ton sac à dos et que ton hygiène n’est pas à son top niveau, avoir la possibilité de nager un peu fait vraiment du bien.

Encore une bière ou deux le soir et nous rentrons de nuit pour rejoindre l’appartement de Roberta. Le lendemain, nous partons dès le matin pour tendre le pouce et trouver quelqu’un pour nous emmener à Prague. Par chance, après 45 minutes, un médecin tchèque super sympa nous a pris : et en bonus, il parlait un très bon français et nous a donné tous les bons plans pour visiter la capitale ! Durant le trajet, notre chauffeur a également pris d’autres auto-stoppeurs qui partaient en direction de Barcelone. Un beau mélange des cultures dans cette voiture.

A peine arrivés dans la ville et nos affaires déposées, nous allons la visiter. Prague est très réputée touristiquement et mérite d’être vue. Effectivement, entre les divers ponts très jolis, la célèbre maison des danseurs, les grandes places avec les vieilles fortifications, le tout surplombé par le château de la ville, il y avait de quoi faire. Nous nous perdons comme à notre habitude dans les rues, un bon moyen de découvrir les petits endroits cachés.

Nous étions à Prague du 23 au 26 juin. Et cela concordait exactement avec les dates de l’Eurobasket féminin qui se déroulait… à Prague ! La France étant toujours en lice, nous avons fait un tour dans l’O2 Arena pour aller soutenir les filles en demi-finale contre la Grèce et en finale contre l’Espagne. Dans le stade, un peu vide certes (comparé aux compétitions masculines), règne une ambiance de folie et les supporters des bleues sont bien présents ! Même si la finale n’a pas été remportée, les bleues ont malgré tout ramené à la maison la médaille d’argent, bien méritée. On ne s’attendait pas à cette activité mais on s’est régalés surtout pour la finale contre nos adversaires de toujours au basket : les espagnols.

Pour résumer notre séjour à Prague : une belle et plaisante ville, du sport et avec une hôte Airbnb très sympa qui nous a même préparé quelques bières 🍺 au frais avant d’arriver (elle a mérité ses 5 étoiles). En deux jours c’était difficile de tout visiter étant donné que la ville regorge d’endroits magnifiques et ça mérite d’y revenir.

Découverte de Salzburg et du Tyrol

Il est temps de quitter la ville de Prague et de partir en direction de l’Autriche, nouvelle destination : Salzburg. Nous avons fait le choix du bus pour ce trajet pour assurer le coup car il prend environ 4h30 en voiture et il nous faut passer en Allemagne pour se rendre en Autriche. Notre expérience avec l’Allemagne et le stop reste quelque peu amère. Il est 23h30, il fait nuit quand nous arrivons à notre destination autrichienne. Heureusement, durant notre trajet en bus, nous avons été conseillé par Olga, une Autrichienne d’environ 75 ans qui connait les bonnes adresses pour manger et boire à Salzburg et qui nous a indiqué la route à prendre pour retrouver la rue de notre couchsurfer.

C’est David qui nous accueille pour 3 nuits, il est étudiant infirmier dans un hôpital psychatrique et travaille sur le lien entre l’effet de la clownerie sur le moral et l’état de santé des patients. Nous avons aussi visité la partie production agricole et horticole de l’hôpital. L’équipe soignante se sert de cet outil avec les patients pour produire une partie des légumes pour la cantine et également pour fleurir le site. Salzburg est une ville magnifique, enclavée entre les falaises rocheuses et les montagnes, en plus d’être réputée pour sa vielle-ville conservée, son chateau érigé en haut d’une coline et ses nombreuses églises. Nous avons appris par la suite qu’il s’agissait de la ville de naissance de Mozart. David nous a emmenés découvrir la brasserie Augustinerbräu, qui produit sa propre bière en ville et qui la sert à boire directement en chope dans les mêmes bâtiments. En tout cas très bonne bière et pas trop chère. Nous nous sommes baladés sur les hauteurs de la ville, qui offre un point de vue maginifique sur la cité et les montagnes environnantes, à faire aussi le soir quand les rues sont illuminées, c’est vraiment sympa.

Nous partons en stop maintenant direction Innsbruck. Et c’est d’un coup de maître que nous stoppons notre première voiture après même pas 5 minutes d’attente et qui allait directement là bas. C’est la deuxième ville autrichienne pour nous, encore aux pied des montagnes. Johannes et ses colocataires nous ont accueillis comme des rois. De la fenêtre de la cuisine nous pouvions apercevoir les montagnes qui nous attiraient comme des aimants. Le lendemain nous nous préparons pour une journée de rando dans les hauteurs. Après plusieurs heures de montée, nous arrivons à un point de vue qui domine la ville et toute la vallée. Nous continuons jusqu’a atteindre un restaurant-refuge à 1483m d’altitude. Sur le chemin nous croisons des vaches aux cloches typiques des montagnes puis des orchidées et lis Martagon qui poussent au bord du chemin. Puis nous redescendons chassés par la pluie, le vent et l’orage. L’Autriche restera une belle découverte pour nous, remplie de rencontres et de paysages fabuleux.

Nous partons de l’Autriche au matin pour nous diriger vers l’Italie. Nous testons ironiquement une autre manière de tendre le pousse façon italienne. Cela marchera t’il ? Eh bien en tout cas, c’est Hendrick, un Allemand, au volant d’une belle Mercedes des années 70 jaune, qui nous emmènera jusqu’a Vérone. La route est longue mais la traversée des Alpes nous réserve de beaux panoramas. Nous savons que nous approchons de l’Italie quand nous entendons les premiers chants des cigales. Le reste est à venir…

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Quentin Bellanger’s story.